Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

Cher François, maintenant, il faut partir !

Cher François, On ne t’avait pas pris en traître. On te l’avait dit direct. Nous n’avons pas voté pour toi, nous avons voté pour virer l’extrême droite des dorures de l’Élysée. Ce n’est jamais bon une histoire qui commence comme ça. Et sur le coup, on s’en rend bien compte. Alors tu sais François, (oui je te tutoie, on a le droit de tutoyer le bon dieu et le père Noël, alors le président de la République, ça doit marcher pareil) je me moque du « livre » de ton ex. Le livre de Valérie, je pense que même les tables branlantes ne voudraient pas s’en servir comme cale. Le truc des « sans dents » c’est bon pour l’extrême droite, qui a d’ailleurs récupéré le phénomène pour l’élargir sur Facebook à des « groupes sans dents », qui luttent contre toi, Taubira, les homos et les étrangers. A aucun moment, tu ne les verras se battre pour de meilleures prises en charge des soins dentaires. L’extrême droite, c’est comme ça. Donc oui François, très franchement, faut partir. Il est tard, faut qu’on mette les tabourets sur le bar et qu’on passe la serpillière. Pas la peine de faire ça en grandes pompes. On prendra le temps de te trouver une place tranquille au Conseil constitutionnel ou à l’Académie Française. Un truc où tu pourras assumer pleinement d’être de droite sans que personne n’ait rien à redire. Et puis tu verras, Giscard a plein d’histoires de gonzesses, ça fait passer la journée. Oui François, il faut que tu partes, chaque minute que tu passes à l’Elysée rapproche l’ombre et la haine, rapproche les murmures et la peur. Chaque minute que tu passes à l’Elysée nous rappelle la traîtrise et ce que représente aujourd’hui le Parti dit Socialiste. Chaque minute que tu passes à l’Elysée nous rappelle que nous nous sommes fait rouler. Et un peuple qui se sent trompé, ce peuple, ici, maintenant, ne choisira pas la VIe République que promet la vraie gauche, une VIe République pas expliquée et encore moins désirée, une VIe République vendue aux côtés de Kerviel.

 

« Nous nous sommes fait rouler »

 

Nous ne sommes pas à une défaite près. Il est vrai. Le peuple ne choisira pas Kerviel. Non. Il choisira les mots crus et les coups. Il choisira la honte. La haine de soi, voilà ce qui conditionne aujourd’hui ceux qui souffrent. La haine d’être de ceux qui n’ont pas. Cette haine de soi et des autres qui emportera, ton pays, François, et le mien, et le nôtre dans une impasse. Et tu en seras responsable. Et coupable. Pleinement. Le 15 juillet 2012, je te disais ça François : « Le changement c’est maintenant ? Si le politique baisse encore une fois son froc devant la Finance, le changement sera brutal et radical. Le changement sera à la hauteur de nos illusions. » On y est. En pire.

Fin de la conversation


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