Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Sur fond d’élection «fratricide» entre J-F Copé et F. Fillon à la tête de l’UMP (Le Monde de Lundi, titrant même «Chaos à l’UMP», après la folle nuit où les deux candidats à la tête du Parti se seraient auto-proclamés vainqueur sans connaître les résultats) démontrant, s’il en était besoin, l’excès auquel peut conduire une élection interne pour la tête du Parti, donc pour la candidature à la Présidentielle de 2017 (Le propre du quinquennat étant de ne pas donner du temps au temps et d’installer l’opinion publique dans de faux repères pour la conduite juste des politiques publiques). Cette situation à l’UMP profite à Nicolas Sarkozy dont la légitimité historique surpasse désormais celle des deux candidats, à François Hollande, qui voit son opposition se fissurer au moment où il rencontre de grandes difficultés ; à J-L Borloo dont l’UDI pourrait apparaître comme la Droite gouvernementale de substitution ; enfin à Marine Le Pen, qui rêve de récupérer électeurs, militants et élus de l’UMP déçus et désorientés ; au-delà du livre de Péan et Cohen sur J-M Le Pen (Le FN qui pesait moins de 1 % des voix avant l’arrivée de la gauche en 1981, affiche 14,38 % au premier tour de la Présidentielle de 1988 et 17,79 % en 2002), de l’accession de Xi Jinping à la tête du Parti Communiste Chinois, plus que le scandale conduisant le patron de la CIA, le général Petraeus à démissionner alors que les Républicains aimeraient bien instrumentaliser les détails de cette affaire pour la transformer en nouveau «Watergate», c’est la nouvelle opération israélienne contre la bande de Gaza baptisée «Pilier de défense», les manifestations contre l’implantation de l’aéroport de Notre-Dame des Landes et celles contre le «mariage pour tous», qui mobilisent acteurs et chroniqueurs.

Israël d’abord : les armes fournies par Teheran donnent de nouvelles responsabilités aux islamistes au pouvoir à Gaza en leur permettant de porter la guerre au cœur d’Israël ; ces armes ont en effet un potentiel de déstabilisation psychologique et politique bien réel et si l’un de ces missiles venait frapper mortellement des Israéliens à Jérusalem ou Tel Aviv, le conflit ne pourrait que s’envenimer avec des représailles israéliennes qu’il serait diplomatiquement (énième résolution de l’ONU) difficile d’arrêter, constituant à nouveau en pleine crise syrienne un embrasement du Proche-Orient au moment où Israël mobilise 75 000 réservistes. Les opposants à l’implantation de l’aéroport ensuite. L’ancien député-maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault est totalement identifié à son projet «d’AYRAULTPORT». C’est désormais le Premier ministre qui est en première ligne sur ce front, devenant plus que la Conférence de presse de François Hollande, le premier des fronts du moment : en chute dans les sondages (43 % de satisfaits et 55 % de mécontents), le rôle de «fusible» qu’il commence à jouer et l’unité des écologistes et de la gauche de la gauche contre lui, incarnation de cette volonté d’implantation aéroportuaire, risquant d’écorner voire de déchirer cette image de négociateur et d’homme de concertation qu’il tente de donner de lui-même depuis son installation – difficile – à Matignon. Sous le Maire de Nantes construisant sa ville sur le dialogue et la concertation devait percer le Premier ministre avec une «coproduction» écologiste et PS. Or, voilà que la division est là, portée au plus haut niveau, rassemblant tous les contestataires avec une mobilisation qui ne demande qu’à s’enflammer et à endosser sous le vert écologique les habits de l’insurrection. Auquel cas, le rétablissement de l’ordre républicain pourrait bien passer par la démission du Premier ministre même si, pour le moment, le message du Président Hollande aux manifestants est clair : «Je respecte le droit de manifestation mais, en même temps, il y a la force du droit et la primauté de la volonté non seulement de l’État, mais aussi des élus». Troisième moment fort de l’actualité : les manifestants contre le projet de loi sur le «mariage pour tous» avec deux chiffres dans toutes les têtes (100 000 en 1999 à Paris contre le PACS et 1 million en 1984 pour la défense de l’école privée). Les opposants à Paris étaient entre 70 000 et 200 000 en attendant le Rassemblement national du 13 Janvier. Manifestation pour une réforme concernant chacun dans ce qu’il a de plus intime : sa conception de l’amour, du couple, de la parentalité de la famille ; donc de ses convictions philosophiques, morales et religieuses. L’épiscopat et le Grand Rabbinat sont opposés parce que seraient menacés les fondements même de la vie et de la société ; le droit à l’enfant mettrait entre parenthèses les droits de l’enfant. Pour certains, cette réforme est «légitime, nécessaire et progressiste». Au législateur de le démontrer face aux manifestations mobilisatrices d’autant plus qu’on est en plein débat, c’est-à-dire sociétal et civilisationnel.

Stéphane Baumont


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