Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

Cette semaine on a gagné

Cette semaine on a gagné. Une victoire ça n’arrive pas souvent. On a gagné à Barcelone. C’est pas vraiment chez nous, mais on s’en fout. C’est notre victoire à nous aussi. Alors du coup, comme c’est pas trop loin Barcelone, et puis qu’on y va souvent pour prendre l’apéro et acheter des clopes, cette victoire elle nous donne un peu d’espoir. On se dit, pourquoi pas ici ? Pourquoi pas… Si les Barcelonais arrivent à se mettre en action pour faire gagner la vraie gauche, pourquoi nous, Toulousains, nous en serions incapables ? En plus aux dernières départementales on a fait 15% avec Alternative citoyenne. 15% ce n’est pas une victoire mais bon… C’est un début. 15% c’est montrer qu’un mouvement citoyen fait un meilleur score que l’habituelle logique de partis. Alors je ne suis pas d’accord sur tout, loin s’en faut (oui j’ai placé « loin s’en faut »). Je suis de gauche, communiste et pour moi il est inconcevable de m’assoir sur mon histoire politique, sur une pensée, pour la diluer dans un mouvement citoyen. Nos histoires politiques respectives, nos combats, notre ADN militant ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la logique électorale. Nous devons construire, lentement et ainsi permettre à toutes les composantes de gauche de s’exprimer et de se sentir pleinement représentées. Nous avons essayé pendant les départementales, oui, cela a été compliqué. Mais en six semaines de campagne nous sommes arrivés à nous comprendre. Encartés, non encartés, nous avons réussi à dialoguer et à construire. J’en parlais hier soir au bistrot avec une copine. On parlait du temps politique. La nécessité de faire les choses dans l’ordre, de prendre le temps de penser tout en restant dans l’action. Bon on a bu des coups aussi. Et puis on a sorti des blagues plus ou moins de bon goût. Mais entre deux blagues, et deux verres, et deux clopes, on pensait à Barcelone et on regardait la caméra d’Arsac juste au-dessus de nos godets. Et ça, je vous l’assure, ça donne envie de dire « nous pouvons ».

« Entre deux blagues, et deux verres, et deux clopes, on regardait la caméra d’Arsac juste au-dessus de nos godets. »

En parlant d’Arsac, de caméras et de Toulouse. La semaine dernière j’avais parlé de la venue de Robby Ménard et de ses copains cogneurs à Toulouse. Comme la mairie de Toulouse a trouvé cette conférence super intéressante et progressiste et pleine de sens, du coup ils ont invité la chef de la Manif pour tous au Capitole histoire de discuter du travail autour du vivre ensemble dans notre belle cité. Encore un beau message envoyé à la droite grossière et réactionnaire. Un message qui en dit long sur l’équipe en place actuellement à la mairie. Peut-être que de prochaines conférences ont été planifiées avec, je ne sais pas, imaginons, Soral pour parler de « l’ouverture sur le monde » ou Dieudonné pour disserter sur « Peut-on rire de tout ? Réflexion autour du politiquement correct. » Je trouve ça plutôt drôle et assez baigné d’ironie que ces gens aient les clés de la salle Barcelone. Un écho bizarre, une sorte de miroir déformant avec la belle cité catalane. Ils ont du vin à 14°, le soleil, une équipe de foot flamboyante et une mairie de gauche, (de gauche j’ai dit, vous m’avez compris), nous, on a du soleil, du jaune, Dominique Arribagé et Jean Luc Moudenc. Pour le foot, je pense que c’est mort, mais pour le reste si on s’organise…

 

 


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