Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

C’était un Homme…

Robert Marcault est décédé la semaine dernière et si  je me permets de prendre part à la longue cohorte des hommages et des condoléances, ce n’est pas pour raconter son histoire, ce qu’il a fait tout au long de sa vie, avec son sourire inimitable, mais pour faire l’apologie de ses combats. Déporté à 15 ans, lui qui avait été libéré d’Auschwitz en 1945, n’en est jamais réellement sorti. Lui qui avait vu, entendu et ressenti dans son être la folie génocidaire de l’homme, ne pouvait se taire. Et il consacra sa vie à faire une chose simple : Parler. Robert, ce combattant infatigable de la mémoire, a raconté l’indicible, mis des mots sur ce que le langage ne pouvait décrire, a choisi de témoigner pour que les victimes du nazisme ne meurent pas, à cause de l’oubli, une seconde fois. Ce serviteur de la vérité et pourfendeur des relents nauséabonds de la bête immonde fut, au-delà d’un simple témoin, une source d’inspiration pour les personnes qu’il rencontrait. Nous avons tous une dette envers lui, celle d’avoir eu l’exemple d’un Homme qui  malgré toutes les épreuves qu’il avait vécues, et bien au-delà de ce que son histoire aurait pu justifier, conservait une foi intacte et admirable en l’Homme et en l’humanité. Aujourd’hui, alors que les survivants de l’enfer concentrationnaire disparaissent, leur combat est plus que jamais nécessaire, et leur mémoire vitale pour nos démocraties. La banalisation de l’extrême droite, qui ouvre la voie à la diffusion de discours négationnistes, n’est pas à sous-estimer. Que ce soit de la part de pseudos « humoristes » ou de filles à papa, la haine raciste, cette volonté d’exclure une partie- quelle qu’elle soit- de la communauté nationale, nous rappelle la triste nécessité de l’œuvre de Robert Marcault. Espérons qu’au-delà des survivants, nous serons à même de porter, à notre manière, son engagement. Car, comme il le disait lui-même : « Nous les survivants des camps d’extermination et de la mort lente, tenons la promesse faite : raconter l’indescriptible, montrer à l’humanité tout entière ce que des hommes ont fait à d’autres hommes. »

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101 fm)

@msztulman


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