Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

« C’est pas la gauche qui avait gagné ? »

Attendez là, un doute m’assaille. J’étais dans la rue aujourd’hui, pour protester contre les réductions d’effectifs dans la fonction publique, pour l’augmentation des traitements des fonctionnaires, pour la titularisation des précaires… Pourtant… mais attends, on n’avait pas gagné en mai dernier ?

 

Je me souviens, quand j’étais encore candidat du Front de gauche aux législatives, après l’élection présidentielle, je disais sincèrement qu’on avait gagné, qu’on avait battu Sarkozy, qu’on avait mis un coup à l’oligarchie financière… Je me serais trompé ?

 

Je ne m’attendais à rien de bien révolutionnaire…

 

Je ne m’attendais pas à l’augmentation des salaires, au revenu maximum, à la grande ambition de la planification écologique, à la sortie de l’Union européenne austéritaire. Non, ça je savais déjà qu’on ne l’aurait pas. Après tout, le Front de gauche n’a pas assez convaincu pour être au second tour, donc voilà.

 

Ah ça, pour être heureux de s’être débarrassés de la droite, on l’était ! Mais je ne pouvais pas m’empêcher tout de même de rêver de quelques avancées significatives en matière de partage des richesses et de lutte contre la finance.

 

… mais quand même

 

Je n’ai jamais connu la gauche au pouvoir, mis à part le gouvernement Jospin, mais j’étais bien jeune (j’avais 14 ans en 2002). Alors pour quelqu’un comme moi, engagé dans un parti politique depuis l’âge de 17 ans, dans des associations humanitaires ou de défense des droits de l’homme, dans un syndicat lycéen puis étudiant… connaître la gauche à la présidence de la République et à l’Assemblée, c’est pas rien.

 

Je me disais que les mesures qui ne coûtent pas grand-chose à l’État, au moins celles-là, pourraient être prises par le gouvernement actuel. Je pense à l’amnistie des syndicalistes condamnés sous la droite, l’établissement d’un salaire maximum dans toutes les entreprises, l’interdiction des licenciements boursiers…ça coûte rien !

 

C’est tout ce que l’on peut faire, vraiment ?

 

Je mesure donc aujourd’hui, quand je prends un peu de recul sur mon engagement militant et que je réalise que je suis encore dans la rue pour défendre des positions de gauche, que les changements dans la vie réelle des travailleurs et des précaires vont être minimes, si ce n’est inexistants. Bien sûr, cela aurait été pire avec un second mandat de la droite, et effrayant avec leurs rapprochements idéologiques avec l’extrême-droite. Donc on ne regrette rien de notre choix de voter François Hollande.

 

Non, la droite et la gauche, ce n’est pas la même chose, arrêtez de nous faire dire cela, camarades socialistes qui refusez la critique. C’est ce que m’a encore renvoyé à la figure Vincent Gibert, « jeune loup » du PS haut-garonnais. Acceptez que l’on juge vos actions, c’est vous qui êtes aux responsabilités.

 

Alors quand même, tout le monde entend parler de ces licenciements massifs dans des entreprises bénéficiaires et viables ? Tout le monde entend parler de la précarité causée par l’austérité ? Tout le monde le voit ça ? Et ceux qui ont encore un peu le sens de la souveraineté nationale et populaire, vous voyez bien ce que nous dictent l’Union européenne, le FMI et les agences de notation ?

 

Amis socialistes, camarades écologistes, c’est tout ce que la gauche peut faire ? Vraiment ?

 

 Rémi Vincent

Militant du  parti de Gauche


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