Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Ce qui surviendra, nul ne le sait   

Comme le journaliste du Monde, Nicolas Truong, le constate, « l’époque est à la colère, à la déprime et au chagrin. Et le discours dominant martèle la rengaine du déclin ». Et de nous rappeler l’escorte sinistre de la résignation : « l’impuissance politique, la désillusion économique, les états de violence permanents, l’économie sociale, l’inégalité endémique, les opérations de police mondialisées, le nihilisme et le djihadisme globalisé ». Alain Finkielkraut a raison de souligner que c’est « la fin de la fin de l’Histoire », allié de manière forte à l’historien du Moyen-âge Patrick Boucheron affirmant que « l’histoire doit faire droit aux futurs non advenus. » Et le professeur Boucheron de nous exhorter en nous fixant une ligne de conduite ainsi développée : « Tenter, braver, persister, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l’exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise ».

« L’Histoire est faite de ruptures heureuses ou malheureuses »

Nous voici un peu plus autrement armés pour affronter les défis de 2016. Leur énumération montre, une fois de plus que l’Histoire est faite de ruptures heureuses ou malheureuses : l’Europe face à la crise des migrants ; l’État islamique pourrait donner la priorité à un djihad global ; la fin du mandat du président Obama qui dispose d’un an pour parfaire son bilan ; les États-Unis locomotive de la croissance mondiale ; poursuite de la sortie de crise pour l’Allemagne qui consomme, l’Italie qui crée des emplois et l’économie française qui “reprendrait la main” ; la confirmation ou pas de la prédiction de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, prévoyant pour 2016 une croissance mondiale « décevante et inégale » ; Hollande dans le piège de la déchéance de nationalité, décrétant l’état d’urgence économique et social en faisant le pari qu’endosser les habits de protecteur de la nation. Cela lui évitera des primaires difficiles, d’autant plus qu’à force de pratiquer “l’art de la triangulation”, d’emprunter à ses adversaires leurs idées afin de neutraliser, peut conduire à “l’autostrangulation” ; enfin, le chômage dont la courbe pourrait s’inverser à partir de la mi-2016. Reste au moment où nous vous adressons le meilleur de nos vœux pour 2016 à adopter la philosophie du médiéviste Patrick Boucheron : « Ce qui surviendra, nul ne le sait ». Mais chacun comprend qu’il faudra, pour le percevoir et l’accueillir, être calme, divers et exagérément libre.

 

 

 


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