Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Cadeau ? Quel cadeau ?

 

Souvent, nous lisons ou entendons que telle mesure serait de la part du gouvernement “un cadeau fait aux patrons“. Une telle affirmation relève d’une vision idéologique du fonctionnement de l’économie, hors de toute réalité. La définition d’un cadeau est claire : « une chose qu’on offre à quelqu’un pour lui faire plaisir ». Un cadeau résulte du sentiment envers autrui et ne provient ni du droit ni d’une contrainte. Offrir, c’est certes donner, mais quelque chose qu’on possède en toute légitimité. Mais le politicien abuse encore de son pouvoir pour laisser croire qu’il fait un cadeau alors que la chose ne lui appartient pas. L’argent donné prétendument en cadeau aux chefs d’entreprises ne sort pas d’un chapeau. Ne vient-il pas à l’esprit de ces idéologues que si l’État dispose de cet argent, c’est qu’il l’a pris quelque part ? N’oublions pas que l’État n’acquiert pas l’argent par échange consenti, il spolie les gens honnêtes. Malgré la loi, l’argent n’arrive pas légitimement à l’État. Légalité ne fait pas légitimité. Il n’y là rien de naturel. Pour preuve, connaissez-vous un individu versant volontairement plus que ce que l’État lui réclame ?

« De ce vol fiscal naît d’ailleurs la corruption »

« Imposer » et « taxer » sont des termes qui sont loin d’être anodins : ce sont des actions coercitives et arbitraires. Le citoyen signe-t-il un contrat social avec l’État ? Non, aucun habitant sur le territoire France n’a engagé sa volonté pour se faire piller toujours plus par les représentants politiques. Et qui sait en détails ce que l’État lui extorque ? Il faut contribuer ? Soit, mais sans menace étatique, à quelle hauteur accepterions-nous une contribution commune et librement consentie ? En réalité, c’est celui qui se fait spolier qui fait le cadeau. Un cadeau forcé. De ce vol fiscal naît d’ailleurs la corruption. D’une main, l’État prend beaucoup aux entreprises sans leur accord. Il en redonne un peu de l’autre, via de prétendues aides ou subventions, une fois que les commis de l’État se sont grassement servis. Voir un cadeau dans un tel arbitraire fiscal est une belle fumisterie. Certains verront que l’État, avec cet argent, assure des services. Belle moralité : on vole, puis on pratique le recel. Facile d’imposer des services monopolistes sans moyen de comparaison, qui plus est des services constamment déficitaires. Comble de l’injustice, ceux qui tirent profit de ces services, affirment sournoisement que le citoyen n’est pas assez ponctionné. Il n’y a que le marché libre pour exprimer l’utilité d’un service. Aucun acte contraint n’est moral. Il n’y a donc pas de cadeau fait à des « patrons », mais un moindre mal fait aux entreprises. Seul un individu libre et légitimement propriétaire du bien peut décider d’en faire un cadeau.


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