Philippe Bapt
Philippe
Bapt
Quelque part au fond à gauche...

Brothers in larmes

Et oui je fais bien référence au vieux morceau de Dire Straits et au solo de guitare poignant de Marc Knopfler pour évoquer l’actualité. Depuis vendredi soir le solo tourne en continu dans ma tête. Je revenais de voir des amis, prêts à voir la seconde mi-temps du match France-Allemagne, quand j’ai appris que de drôles de faits se déroulaient aux abords du stade de France. Une fois l’écran allumé j’ai découvert l’horreur comme vous. Toutes ces attaques terroristes menées par des kamikazes. Le Bataclan pris pour cible et son public tiré comme des lapins. Les heures s’égrainant, le total des points d’attentats et donc de victimes s’amplifiaient. Les émissions spéciales sur toutes les chaînes me tenaient en haleine…et vers minuit et demi, le RAID est intervenu. C’est alors que l’immonde s’est rajouté à l’horreur. Plus d’une centaine de morts, ce seront 129 victimes à ce jour, trois cent cinquante blessés dont cent dans une urgence absolue.

Oui les larmes sont venues creuser un sillon sur mes joues toute la nuit. Le lendemain, le descriptif des victimes annonçait des jeunes de dix-sept nationalités. Des étudiants, des salariés, des vivants en fait. L’obscurantisme terroriste a fait parler sa haine et cracher bombes et kalachnikovs. Contrairement à janvier, point de cibles précises, mais la masse, les jeunes et moins jeunes qui respiraient cette joie de vivre propre au vendredi soir, qui se regroupaient par engouement pour le sport ou pour la communion le temps d’un concert.

Un deuil national était déclaré dans la nuit de vendredi à samedi. La retenue, la décence étaient de mises. Ne serait-ce que pour les familles ?

Et pourtant les chefs d’escadrilles étaient de sortie: G. Co**ard, L. Luca, Ph. de Villiers et même le régional de l’étape le compagnon de la chef L. Alliot ainsi que L. Wauquiez ou Y. Rioufol. Ils n’ont pas attendu le décompte même des cadavres, ont fait fi de l’extrême tristesse des familles en attente de nouvelles de leur fils, leur fille, leur frère, soeur, femme ou mari pour s’emparer des réseaux sociaux et déverser leur fieleuse bile et surfer ainsi sur la vague rouge sang.

J’ai eu honte. Ma France souffrait en son sein, et de vils politiques ou autres dits érudits essayaient de faire le buzz.

Après l’horreur était venu le temps de l’indécence. Je pleurais toujours.

Par chance mes proches et amis parisiens ne se trouvaient pas, ce vendredi 13 là, au mauvais endroit. Maigre consolation. Samedi puis dimanche après les discours du président de la République et des ténors de l’Assemblée nationale et du sénat, j’espérais. Mon espoir était de ressentir cette unité nationale. Moi qui aime tant les joutes politiques, je souhaitais naïvement, certes, que jusqu’à la fin de la période de deuil de trois jours, l’ensemble de nos représentants nationaux soient dignes. Les sénateurs le furent, certains députés LR ne purent réprimer leurs esprits reptiliens….Le respect, la grandeur de la fonction sont des valeurs qui leur sont étrangères non ?

Je ne parle même pas de ces élu(e)s soi-disant républicains qui n’ont de cesse d’essayer de salir Christiane Taubira, sur sa prétendue non-participation à la marseillaise lors du congrès de Versailles. J’ai honte de ma France démocratique quand elle se comporte ainsi.

Je n’arrive pas à être optimiste non plus à la lecture de nombreux mails sur les réseaux sociaux. Je suis français et suis fier de notre drapeau. J’ai donc aimé cet élan de solidarité virtuelle sur les réseaux sociaux. Malheureusement rapidement sont arrivés des messages de la fachosphère: allant du racisme pur anti musulman à la mise en cause d’Israël  derrière les attentats, quand il ne s’agit pas des francs-maçons. Bref le délire le plus total se propage.

Après donc avoir pleuré en pensant à toutes ces familles en deuil, aux forces de police, aux équipes de pompiers et médicales qui ont oeuvré pour toutes les victimes, je peine à retrouver bon esprit et sérénité.

Notre “douce France” doit le rester. Notre unité et notre art de vivre doivent perdurer. À nos représentants d’être enfin à la hauteur!

 


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.