Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Brexit or not Brexit

L’actualité éclate en fragments en touchant d’autant plus tout un chacun que la mort et la violence semblent acquérir droit de cité ; du couple de policiers assassiné dans les Yvelines à la députée travailliste elle aussi assassinée, des dérapages de certains supporters aux agressions de certains manifestants transformant la logique oppositionnelle en système insurrectionnel comme si l’entre-deux-guerres ne devait plus servir de référence aux politiques lors de leurs grands débats dont celui du Brexit. Ce dernier propose déjà une nouvelle lecture de l’Histoire en fonction des résultats du référendum britannique : pour Emmanuel Macron, « les Britanniques sont en train de tourner la page de leur propre vision de l’Europe » soulignant que « l’Europe a perdu sa capacité à se projeter dans le monde », obnubilée qu’elle était « par ses équilibres internes, politiques, économiques, au point de s’affaisser sur elle-même ». Le ministre de l’Économie pose les conditions de la France en cas de sortie du Royaume-Uni de l’Union, et plaide pour une « refondation progressiste de l’Europe », la clé étant de savoir « comment on construit un progressisme européen » avec des sociaux-démocrates et des partis du centre droit.

« L’Europe a perdu sa capacité à se projeter dans le monde »

Quant à l’historien Robert Tombs, il considère que « l’Europe ne peut se développer comme une démocratie multinationale », insistant sur le fait que les Britanniquesont été « un obstacle au renforcement de l’Union européenne », n’ayant jamais voulu le genre d’approfondissement souhaité par les Français, tout en souhaitant le rapide élargissement de l’Union. Comme si l’adhésion des Britanniques à l’Union européenne s’était « faite dès l’origine à reculons ».

Pour Pauline Schnapper, professeure de civilisation contemporaine, le Royaume-Uni pense ne pas avoir besoin du continent pour survivre : « Les eurosceptiques jouent sur l’idée que la Grande-Bretagne est assez forte pour rester en dehors de l’Union européenne. Ils affirment qu’elle disposerait de toute manière de tous ses circuits traditionnels ». L’écrivain Will Self souligne que D. Cameron s’est enfermé dans un piège : « Il a décidé ce référendum pour régler son conflit avec les europhobes de son propre parti ». Au moment où les bulletins de vote décideront de l’histoire, plusieurs inconnues marquent le scrutin : les conséquences de l’assassinat de la députée travailliste pro-européenne Jo Cox ; la nature du vote émis : réponse à la question posée ou réponse à celui qui la pose… On s’attend à 70/75% de participation, suscitant cette ultime question : quels sont les 10% à 15% supplémentaires ?

 

 


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