Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Bouh… La vilaine austérité !

 

« Austérité » : mot fréquemment lâché par les pseudo-économistes pour signifier « réduction des dépenses publiques ». Il n’échappe à personne que les politiciens ont plus de dépenses que de recettes. Si, de tout temps, l’« État-c’est-moi » s’était assuré d’équilibrer « dépenses-recettes », on parlerait de « gestion ». Un faux débat s’est instauré entre les tenants d’une orthodoxie budgétaire, exigeant de dépenser dans une limite de déficit, et ceux qui refusent une telle limite. Étudions quelques paradoxes qui hantent ces deux parties opposées. Remarquons qu’aucune ne remet en cause les excès de la dépense. Il faut dire que les hommes de pouvoir, de droite ou de gauche, tout comme leurs extrêmes, ne sont pas libéraux. Et pour tous, il paraît que c’est le libéralisme qui pousse à l’austérité. Facile de trouver un bouc émissaire commun sans aucun pouvoir pour l’accuser de tous les maux de la société. L’irrationnel est au pouvoir : personne n’évoque la logique d’équilibre du budget. La dépense publique, avec ses corollaires, emplois publics et faux investissements, n’est pas une fatalité. Elle n’est que l’expression de l’étatisme sans limite. Les abuseurs de pouvoir ont intérêt à laisser penser que le déficit est la norme et qu’il se finance par endettement : « je promets mille merveilles, mais après moi le déluge, vos enfants rembourseront mes chimères ».

« Une telle pratique n’a rien de libéral »

Pour les comptes publics, le déficit public est équivalent au découvert pour un ménage. À l’inverse des ménages, les politiciens osent combler le déficit de fonctionnement par de la dette. Irresponsable, une telle pratique n’a rien de libéral. C’est du socialisme : les pertes sont mutualisées sans distinguo. Pire, on repousse à demain l’effort de gestion, donnant une illusion de facilité et de sécurité. Or l’endettement de l’État est en lui-même une catastrophe : si un couple rembourse le capital et les intérêts, l’État lui, abusant du système d’obligations, ne fait apparaître dans les comptes publics que les intérêts. Lorsque le prêt arrive à échéance, l’État, ne disposant pas du capital pour rembourser, contracte un nouvel emprunt obligataire. Là encore, rien de libéral dans cette pratique. Rien du fonctionnement des comptes publics des États actuels ne relève de près ou de loin du libéralisme, lequel suppose la responsabilité. La réponse des politiciens, pressés par leurs extrêmes, est d’augmenter la pression fiscale pour maintenir la dépense publique et ses promesses, et le progrès, qui ne vient jamais ! C’est une cascade d’irresponsabilités et d’irrationalités collectives qui mène au gouffre. Le libéralisme serait en effet plus austère : ne promettant rien à personne, il ferait juste son travail de respect de l’État de droit.

 


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