Nicolas Lafforgue
Nicolas
Lafforgue
Ma semaine précaire

« Bombarder ou attendre ? »

Et tous de donner leur avis. La guerre ou la paix. Bombarder ou attendre. Avec quels éléments ? Aucun. Secret défense. Et alors ? Pourquoi ne pas parler dans le vide ? Comme d’habitude. Pourquoi ne pas prendre cette posture qui permet de parler pour ne rien dire, et surtout son contraire selon que l’on est aux affaires ou dans l’opposition ? La guerre serait donc aujourd’hui pour la droite une erreur. En Libye pourtant, elle était justifiée. Quelle chance de pouvoir ranger fusils, grenades et Rafales sous les draps de sa vertu. Quelles chances de se retrouver aujourd’hui dans le camp des pacifistes les mains encore remplies du sang de l’opération Harmattan. Et de crier, de s’indigner devant ces socialistes va-t-en-guerre. Demander un vote à l’assemblée, cette assemblée encore hier ignorée et méprisée. D’ici à ce que l’on en appelle au peuple il n’y a qu’un pas. Qu’ils ne franchiront pas. Et la gauche, cette gauche radicale, révolutionnaire et internationaliste, cette gauche à laquelle j’appartiens et qui aujourd’hui prend la décision de s’opposer aux bombardements quand on gaze des civils. Et je comprends cette gauche, je la comprends mais je ne peux pas la suivre. Je ne peux pas me positionner. Je n’ai pas les éléments, je ne suis pas secret défense, je ne suis pas chef des armées. Nous avons voté pour laisser le choix des armes à des hommes et des femmes. Je leur laisse ce fardeau, ce choix qui sera d’envoyer de jeunes Français mourir pour aider le peuple syrien. Je leur laisse ce fardeau, ce choix qui sera d’envoyer notre armée de l’air bombarder et tuer le peuple syrien. Dans cette histoire il n’y aura aucun vainqueur. Peut-être quelques types qui auront su rester dignes. Et des poseurs, des imposteurs. « Vous vous rendez compte ? Ils m’ont tabassé !  Mais que voulez-vous qu’ils fassent nom de Dieu ? Vous ne saviez donc pas que ce sont des nazis ? Mais bon Dieu, vous ne saviez pas à qui nous avons affaire ? Ils m’énervent souvent ces éberlués. Peut-être parce que j’ai vu les avions italiens et allemands survoler les routes à basse altitude et mitrailler la foule bien tranquillement, sur les routes de mon pays. » Jorge Semprun, « Le grand voyage »

Nicolas Lafforgue (chanteur du groupe « Bruit qui court »)

Découvrez son blog : petitjournaldunmecdegauche.over-blog.com


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.