Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Battu d’avance ?

 

Dans la prodigieuse écume des jours que charrie l’histoire quotidienne, il y a la découverte d’une tombe celte exceptionnelle dans l’Aube datant du Vème siècle avant J-C, avec sur le chaudron mis à jour, une tête de lionne facétieuse tirant la langue. ll y a aussi, trouvée en Éthiopie, une mâchoire africaine qui vieillit le genre humain de 400 000 ans, témoignant de la transition entre australopithèques et « Homo ». Au-delà de ces formes d’événements et dans le temps immédiat, l’État cherche la parade contre les survols illégaux de drones survolant Paris en pleine application du plan vigipirate. Le PS craint une défaite historique aux élections départementales dans trois semaines. Selon les scénarios les plus pessimistes, la gauche pourrait ne conserver que 15  des 61 départements qu’elle détient (selon un élu de gauche « l’élimination des candidats dans 1000 cantons est possible »). La gauche paie ainsi ses divisions, souffrant de la montée du FN, ainsi que de l’abstention massive annoncée et due notamment au nouveau mode de scrutin (binominal), du redécoupage des cantons (ressemblant souvent à de petites circonscriptions), de l’ignorance des compétences des futurs conseils départementaux, voire de l’appel au vote blanc de Jacques Attali contre le « FNUMPS ».

« La petite reprise qui s’annonce »

À la question de savoir qui est au courant de quoi, la réponse est claire : pour le moment, une majorité d’électeurs ne sont pas mobilisés par ignorance du scrutin, de son objet et même de son intérêt. Pourtant, le Premier ministre met les bouchées doubles (contrairement à Jean-Marc Ayrault qui avait voulu sauter l’étape « Municipales ») alors que le président Hollande mène une discrète campagne avec des mots d’ordre clairs et cinglants : « Quand on part battu d’avance à une élection, il est rare que les électeurs viennent vous sauver. Généralement, c’est même l’inverse qui se produit. Il faut se battre, battez-vous ». Et de prévoir une série de déplacements – moins militants que ceux du Premier ministre – sur des thèmes économiques à un moment où il y a un frémissement en matière d’emploi. En effet, « la reprise est là » a déclaré le président de la République. En réalité, la petite reprise qui s’annonce – 1% prévoit Bercy – est due à une convergence de nombreux facteurs externes : la division par deux des cours du pétrole, le recul de 15% de l’euro, la politique accommodante de la Banque Centrale Européenne, le redémarrage de la locomotive allemande et le énième report à 2017 du retour du déficit français sous la barre des 3% du PIB. Mais l’optimisme – de commande ? – du président tire raison et cause de cette embellie dans les indices internes positifs : restructuration des entreprise du CAC 40, reconstitution des marges des entreprises, profits supérieurs aux plus bas de 2009, redémarrage de la consommation, recul du nombre de demandeurs d’emploi. Faut-il y ajouter que la Chancelière Angela Merkel a estimé que « la France était en « bonne voie » dans ses réformes économiques » ? Face donc à la « bérézina » attendue par la rue de Solferino dès le 22 mars au soir, F. Hollande retourne sur le chantier de l’économie. Décidément, l’événement et le « souffle » du 11 Janvier appartiennent à l’Histoire. Ils pèseront de peu de poids dans la redoutable échéance de … départementales nationalisées !

 

 

 


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