Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

Au pays des merveilles !

Au moment où le Président Hollande tutoie les plus basses eaux sondagiques de son début de quinquennat en battant tous les records depuis la naissance du baromètre de popularité, commence à se poser le problème de la légitimité du premier des acteurs politiques. Il n’est pas sain en effet que le Chef de l’État, surtout sous la V° République, connaisse une telle défiance, résultat certes d’une politique qui ne connaît pas de résultats suffisants mais aussi d’un pays en plein malaise, en pleine grogne (notamment fiscale) peut-être même revenu en 1787. On comprend mieux dès lors la position prise par Borloo demandant au président de la République de dissoudre l’Assemblée Nationale pour faire mieux coïncider couleur politique de la représentation nationale et réalité du pouvoir. Sommes-nous en train d’aller vers une nouvelle cohabitation – la première sous un quinquennat – qui, paradoxalement, mettrait le Président Hollande dans la meilleure des positions pour être réélu en 2017. Mais la dissolution pourrait aussi s’inscrire dans une France marquée par la fracture territoriale et les échecs rejetés de la tentative de mettre l’intelligence territoriale au service d’un nouvel aménagement du territoire. Le temps est au grondement, à la montée de tous les ras-le-bol, à la présence d’un « hypo-président » qui rêve tout haut à la IV° République alors que tous les mécontentements et contestations laissent à penser que la VI° République n’est pas loin. Il est, en effet, des changements de Constitution qui traduisent le malaise d’un pays. Le rêve debout d’une France apaisée, d’une hyper-présidence éradiquée, d’une monarchie républicaine éliminée ? Où est la croissance en Lorraine et en Bretagne ? Le Premier ministre a-t-il trouvé les solutions pour le développement économique des territoires périphériques. Comment venir en aide à la classe moyenne hantée par une angoisse du déclassement accentué par le matraquage fiscal ? Le temps est à la géopolitique (à la géographie politique) parce que « tout État fait la politique de sa géographie » (Napoléon Bonaparte). Pour le géographe Christophe Guilluy, « le pays est scindé en deux. Il y a d’un côté les métropoles qui réalisent 80% du PIB et de l’autre, le reste du pays, la France rurale des employés, des fragiles… Pour la première fois dans l’histoire, la majorité de cette classe moyenne basse, ces nouvelles catégories populaires (ouvriers, employés, retraités qui vivent avec le niveau du salaire médian, c’est-à-dire autour de 1500€) sont exclues des territoires actifs : elles n’ont plus de projet. » Il y a donc deux tentations pour 2014 : soit l’abstention traduisant la défiance envers les gouvernants, le Président et les édiles locaux, soit le vote populiste et de protestation qui fait grimper le FN tentant d’être présent partout et s’imposant dans les sondages en tout cas pour l’instant, comme « premier parti de France ». Reste aussi, à côté et contre la désespérance, l’espoir nourri par une grand chercheur traversant la France à la marche (le député Lassalle fait des émules), Axel Kahn qui considère que le modèle idéal pour relever la tête et « éprouver à nouveau la fierté de vivre en France » c’est « le Grand Sud-Ouest avec son articulation diversifiée, agriculture, tourisme, industrie ». Un territoire au pays des merveilles ?

 

Stéphane Baumont


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