Yoann Rault-Wita
Yoann
Rault-Wita
Militant pour les valeurs de droite

Amnistie : le syndicalisme excuse-t-il la délinquance ?

Mercredi 27 février, le Sénat a adopté une proposition de loi communiste d’amnistie des délits et sanctions pour des faits, passibles de 5 ans d’emprisonnement, commis lors de mouvements sociaux. Adoptée de justesse (le texte a été voté par 174 voix contre 172), l’objectif de cette mascarade est d’annuler les condamnations pénales et les sanctions disciplinaires pour les atteintes aux biens commises entre le 1er janvier 2007 et le 1er février 2013 et passibles de cinq ans de prison au maximum. On ne parle pas là de «petites infractions». Les groupes PS, communiste, écologiste et une grande partie des sénateurs radicaux de gauche ont voté pour, tandis que l’UMP et les centristes, ont voté contre. Par définition, l’amnistie, prévue par l’article 133-9 du Code pénal, «consiste à effacer le caractère d’infraction de certains faits accomplis dans le passé en interdisant toute poursuite pénale, en interrompant l’exécution des peines et en effaçant les condamnations prononcées » Il faut dire que durant la campagne présidentielle, la CGT s’était prononcée clairement et sans ambiguïté pour François Hollande. Elle touche aujourd’hui le salaire de son engagement avec ce texte présenté par les sénateurs communistes, dont on connaît les liens historiques avec la CGT, qui va plus loin qu’aucun texte n’est jamais allé dans la culture de l’excuse. Rassurez-vous les faucheurs anti-OGM ne peuvent pas prétendre en bénéficier et les menaces contre les personnes dépositaires de l’autorité publique en ont été exclues. Il est donc moins grave de séquestrer son patron que de couper un pied de maïs. Nous n’avons visiblement pas tous la même échelle de violence… Il serait temps de rappeler à Monsieur Mélenchon que l’exercice de la liberté syndicale ou du droit de grève ne peuvent aller contre l’ordre républicain et le respect de la loi. Véritable chèque en blanc à la violence, ce texte met clairement les socialistes dans l’embarras. Le Ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’exprimant sur le sujet disait «Je reste sceptique sur le principe de l’amnistie. Je crois d’abord aux exigences du dialogue social, mûr, responsable dans une démocratie. C’est ça au fond qui permet de lutter contre les dérives, qui permet de lutter pour l’emploi [...]. La colère, la violence ne sont pas possibles dans une démocratie comme la nôtre. » La dérive laxiste est inquiétante. Depuis l’élection de François Hollande, la délinquance est repartie à la hausse tout comme les agressions contre les représentants des forces de l’ordre qui font tristement la une des journaux. Le signal fort que la gauche souhaite lancer aux délinquants est une honte puisque la vision des communistes et autres alliés de gauche est claire : la séquestration de dirigeants d’entreprise ou encore les dégradations de locaux publics ou privés ne sont pas si graves que ça… Un conflit social légitimerait donc la violence et le non-respect de la loi ? Quelle entreprise va venir entreprendre dans un pays où l’on peut dégrader les usines et séquestrer les dirigeants ? On ne peut clairement donner raison à ces personnes qui, au nom d’une illusoire défense des salariés, préfèrent menacer, séquestrer et casser que dialoguer.

Cette loi d’amnistie pour les syndicalistes montre que la politique de la gauche est plus motivée par ses intérêts clientélistes que par l’intérêt général. La présidente du MEDEF, Laurence Parisot, avait dénoncé cette proposition de loi, y voyant « un appel à encourager la destruction et le cassage » et un obstacle au dialogue social là où Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement parlait honteusement « d’un équilibre entre la légalité républicaine et en même temps le droit syndical ». Un équilibre entre la légalité et le droit syndical, vous avez bien lu…

Il est un silence assourdissant, inquiétant et irresponsable dans cette affaire : c’est celui de François Hollande. La gauche doit aujourd’hui prendre ses responsabilités ! Le rejet d’un tel projet de loi à  l’Assemblée nationale est une évidence dans l’intérêt général car le signal que cette proposition de loi donne aux entrepreneurs est particulièrement négatif. Après tout, cela importe peu à notre Ministre du redressement productif trop occupé à répondre à Monsieur Taylor. Comme l’a précisé la ministre de la Justice, Christiane Taubira, l’amnistie ne concernerait que «quelques dizaines de condamnations».

A quoi bon ternir l’image du dialogue social français, généraliser les salariés syndiqués qui se battent au quotidien pour améliorer ce dialogue pour une poignée de racailles qui considèrent que c’est par la force et la peur qu’ils se feront entendre ?

Yoann Rault-Wita

Militant pour les valeurs de la droite


2 COMMENTAIRES SUR Amnistie : le syndicalisme excuse-t-il la délinquance ?

  1. Marie-Anne Lavit dit :

    Les publications de ce jeune garçon sont toujours passionnantes.
    Merci à lui pour ces vérités que le pouvoir hollandais voudrait faire taire.
    Au plaisir de vous lire,
    Marie-Anne

  2. Yoann RAULT-WITA dit :

    Merci beaucoup Marie-Anne pour vos encouragements.

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