Marc Sztulman
Marc
Sztulman
Un Toulousain concerné

Alliance avec le FN : Quand la lâcheté rend subtil…

Quand j’entends l’expression « la vague bleu Marine », je ne peux m’empêcher d’y voir un clin d’œil à « la Vague » – le livre de Todd Strasser – qui annonce dès la première de couverture que « Cela commence par un jeu et finit en dictature. » Passé ce premier moment, j’y vois surtout une allégorie de la « Nouvelle Vague », mouvement qui modifia le cinéma français au milieu du siècle dernier. Et effectivement, dans la vague bleu marine, il est question d’être « à bout de souffle », de « mépris », de « petit soldat » et « d’Alphaville » pour reprendre des titres phares de ce courant artistique… Avec le Front National, la logique et la raison sont « A bout de souffle ». Pas parce que c’est un parti « dégueulasse » (la dernière réplique du film), mais bien parce que le Front national est une contradiction permanente ! Un parti Népotique (75 % des élus nationaux et européens appartiennent à la même famille) qui s’insurge contre les Privilèges ; une décennie Libérale, une autre Protectionniste ; un parti Europhobe financé par l’Indemnité de ses parlementaires européens ; prônant le respect de la Famille et de la Tradition quand la fille (Marine) ne cesse de déclarer que le père (Jean-Marie) a eu tort sur l’histoire, le racisme, l’immigration, tandis que la nièce (Marion Maréchal, aussi petite-fille) prend ses distances avec sa tante sur certains sujets de société… Il faut alors bien reconnaître au bleu marine un certain goût pour le paradoxe, qui peut aller jusqu’au mépris…Habitués au mépris du FN pour une certaine partie d’entre eux, les Français assistent aujourd’hui à une attitude récurrente de « Mépris » du FN vis-à-vis de ses propres militants. Quand Jean-Marie Le Pen fait une sortie raciste, antisémite ou négationniste, son parti fait front derrière lui. Quand il s’agit d’un « petit » militant de Neuville-en-Ferrain, par contre, le parti l’exclut sans faire de vagues. Qu’il y ait une logique électoraliste derrière ce « deux poids, deux mesures » ? C’est évident. Sans que cela n’émeuve personne de voir un parti exiger de ses cadres qu’ils ne soient, au risque de se renier eux-mêmes, que des petits soldats… Effectivement, le Front national est un parti de « Petit(s) soldat(s) » qui, obéissant aveuglément, ont été prêts à sacrifier Maurras, Drieu, la Rochelle, ou Céline… pour gagner Jean Roucas ! Le principal problème avec cette vague bleu marine, c’est qu’il n’y a toujours pas de générique de fin, et que la société qu’elle nous promet n’a rien à envier à la société lisse, uniforme et déshumanisée d’ « Alphaville ». Alors, face à l’inconsistance de nos (ir)responsables politiques, quand certains veulent voter ou prôner, au niveau national, pour des alliances avec la vague par crainte de son score électoral et au motif que Marine n’est pas Jean-Marie, je ne peux m’empêcher de penser à cet aphorisme de Cioran : La lâcheté rend subtil…

 

Journaliste politique de Radio Kol Aviv (101 fm)

@msztulman


4 COMMENTAIRES SUR Alliance avec le FN : Quand la lâcheté rend subtil…

  1. Jean-Michel Lattes dit :

    Bel article !

  2. colargol dit :

    Si en 1939 un “juif” m’expliquait que Hitler était un pis aller à Maurras on aurait dit rétrospectivement que c’était un con.

    En 2013, connaissant l’histoire, on peut dire que c’est un simple assassin visant les juifs.

    Assassin antisémite, pas terrible pour un juif et surtout une grande nouveauté des années 2000.

  3. Patrick Aubin dit :

    Marc,

    Le front national a été tout mais surement pas “libéral”. Dire que le FN est libéral, c’est faire prendre des vessies pour des lanternes. Le père président était poujadiste, la fille est socialiste. : ils ont toujours jouer sur la fibre nationaliste. Cela est une constante.

    Un nationaliste est le contraire d’un libéral. Celui qui a peur de l’autre n’est pas un libéral et celui qui joue sur les peurs d’une communauté quel qu’elle soit pour conquérir le pouvoir est un manipulateur : tous les dictateurs sont venus au pouvoir sur cette méthode. Il faut aussi se demander pourquoi tous ces dictateurs ont été antilibéraux !!! D’ailleurs à la présidentielle de l’année dernière, 14 candidats, pas un seul ne se réclamaient du libéralisme ! Ne nous étonnons pas de la dérive française dans le totalitarisme.

    Les libéraux, dont je suis fier d’en faire partie, ne représentent qu’une très faible proportion de la population. Faut-il ajouter “vrais” à libéraux, tant ce terme est galvaudé, ici par toi-même ? Les gens confondent beaucoup trop de choses. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

    • Sztulman Marc dit :

      Patrick,

      je ne voulais pas me mettre à dos les vrais libéraux, et effectivement le FN a eu une vision dévoyée du libéralisme.

      Cordialement,

      Marc

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