Rémi Vincent
Rémi
Vincent
Militant du Front de Gauche - élu de Colomiers

Alcatel-Lucent : l’industrie de pointe française toujours entre les griffes des vautours de la finance

La direction du groupe franco-américain Alcatel-Lucent, l’un des meilleurs au monde en matière de télécommunications, vient d’annoncer un énième plan de licenciements à l’échelle mondiale, qui concernerait 900 emplois en France, dont 110 à Colomiers.

 

Le gouvernement impuissant de Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer qu’il serait « particulièrement vigilant concernant ce plan social », tout en reconnaissant qu’il était nécessaire de mettre en place cette annonce d’une réorientation des objectifs en matière de recherche et développement (priorité à la technologie « 4G », à l’Internet à très haut débit et au « Cloud. »)

 

Il fut pourtant un temps où Alcatel était un fleuron de l’industrie française des télécommunications, producteur de milliers de brevets et de technologies de pointe, notamment celles liées au câblage sous-marin, constituant l’un de nos principaux outils de communication vers l’extérieur.

 

Les difficultés financières, réelles, dont souffre l’entreprise ont plusieurs origines.

 

La première, c’est l’Union européenne et sa politique de libre-échange dogmatique, inefficace et naïve. Ainsi, les traités et la commission interdisent toute forme de protectionnisme qui permettrait de réserver des marchés et contrats européens à des entreprises européennes : alors que les Etats-Unis par exemple autorisent l’inclusion d’une clause de localisation favorisant la passation de contrats avec des producteurs nationaux. Alcatel-Lucent fait donc partie des entreprises de pointe, aux ouvriers, techniciens supérieurs et ingénieurs qualifiés qui meurt de la politique libérale idiote de l’Union européenne. Les carnets de commande d’Alcatel-Lucent ont besoin de se remplir, et cela ne sera possible qu’avec une véritable politique industrielle protectionniste.

 

La seconde, qui est liée à la précédente mais qui aggrave encore davantage la bonne santé de cette industrie, tient dans les problèmes de trésorerie. En l’absence de pôle public d’investissement, le groupe est condamné à dépendre des vautours financiers pour se financer. Ainsi, Alcatel-Lucent dépend du groupe Goldman Sachs pour une grande partie de ses lignes de crédit. Le roi des vautours a pu ainsi à cette occasion obtenir pour ces crédits l’hypothèque des 29.000 brevets de l’entreprise, sans que le gouvernement de François Hollande ne dise mot, à l’époque. C’est pourtant le patrimoine de la nation qui est offert sur un plateau d’argent aux apatrides financiers !

 

La troisième, qui est elle aussi liée aux deux précédentes, est l’absence de direction stratégique dans le dossier, qui protégerait les intérêts économiques de la nation. Les principaux postes de direction de l’entreprise sont tenus par des nord-américains. Les « restructurations » successives se font au profit des USA depuis plusieurs années. Pourtant, à l’origine, le français Alcatel possédait 60% des capitaux du groupe, contre 40% pour l’américain Lucent ! C’est une faute grave qui repose sur les épaules du gouvernement de François Hollande, pourtant composé du soi-disant « grand démondialisateur » et industriel Arnaud Montebourg.

 

Il y a quelques mois déjà, Jean-Luc Mélenchon faisait des propositions sur son blog (ici : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/12/21/au-secours-ce-monde-est-fou/), à l’occasion de la mise en pâture des brevets d’Alcatel-Lucent :

 

-          La France doit rompre avec les traités européens qui ne protègent jamais les intérêts des pays membres, par l’absence de tout protectionnisme ;

-          La France et l’Union européenne doivent cesser ces politiques d’austérité qui contractent la demande intérieure et nuisent aux carnets de commande de nos entreprises ;

-          Un pôle public d’investissement doit permettre aux entreprises d’emprunter à taux réduits afin de ne pas se livrer aux intérêts des banques, qui sont opposés à l’intérêt général ;

-          La France doit entrer dans le capital d’Alcatel (nationalisation partielle) pour en reprendre le contrôle et la sauver de cette catastrophe ;

-          La nouvelle direction de l’entreprise devra continuer ses efforts de recherche et développement vers ces « technologies du futur » (liées principalement aux réseaux Internet : fibre optique, 4G, informatique dématérialisée…)

 

C’est par cette nouvelle politique industrielle que nous serons en capacité de préserver la qualité de nos entreprises de pointe, de recréer les milliers d’emplois détruits par le libre-échange et les privatisations et de frapper fort la finance !

 

Rémi Vincent  (Militant du Parti de gauche, membre du Front de gauche)

Découvrez son blog : www.remivincent.fr


UN COMMENTAIRE SUR Alcatel-Lucent : l’industrie de pointe française toujours entre les griffes des vautours de la finance

  1. Patrick AUBIN dit :

    Toujours le même délire, mais surtout la preuve que le FG et le FN ont des similitudes : une agressivité contre la prétendue union européenne qui pratiquerait le “dogme du libre échange”, avec un prétendu protectionnisme comme solution, donc avec un langage populiste. “Nous on sait mieux que les autres comment l’économie doit fonctionner” … Le problème, c’est que nous n’avons pas les membres du FG nous prouver qu’ils peuvent créer de l’emploi par eux-mêmes et donc qu’ils ont un modèle économique qui marche. Non la seule chose que l’on voit, c’est d’être vindicatif à l’égard des entrepreneurs. Les relents d’antisémitisme existent également avec toujours avec la citation de la banque Golman Sachs.

    Comme d’habitude, comme tous les systèmes collectivistes, il est exclusivement fait appel à de la dépense publique pour alimenter le fonctionnement économique. Mais qui croit encore cela depuis l’effondrement des systèmes collectivistes ? Faut-il vous envoyer faire un stage en Corée du Nord pour savoir où même la dictature de la commande d’état ?

    L’Europe n’est pas libérale : l’Europe est socialiste… Les dettes publiques ou les déficits publics ne sont pas une solution libérale. Une monnaie à monopole d’état n’est pas ce que le libéralisme réclame pour le fonctionnement de l’économie. Nous sommes dans un semblant de libre échange puisque les échanges sont soumis aux taxes d’état, et que l’europe intervient avec des appels d’offres et de la distribution de subventions, subventions qui sont issues de la spoliation fiscale et détournées de l’économie réelle. La France fait 57 % de dépenses publiques ! Nous sommes vraiment très loin d’une situation de libre échange… On ne peut guère mieux : toute la valeur ajoutée du PIB marchand passe par les mains de l’état et celui ci n’en a jamais assez !!!

    Non, ce qui ne va pas avec cette entreprise, c’est qu’elle n’a pas su s’adapter à l’évolution de ses marchés, en pensant pouvoir vivre de ses rentes. Il ne suffit pas de vivre avec le passé, mais aussi avec le futur, et cela nécessite de passer par des phases d’adaptation, phases pour lesquelles les structures bureaucratiques n’ont aucune notion car elles nécessitent de la souplesse dans la gestion des ressources humaines. Le marché du travail est beaucoup trop rigide en France. La Suisse a un code du travail qui peut se lire entre Paris et Genève et n’ont pas de SMIC. Les Suisses sont-ils des esclavagistes ? Ont-ils des salaires de misère ?

    Alcatel n’est pas le patrimoine de la nation, c’est une entreprise avec des actionnaires. Je ne vois pas en quoi les millions de personnes que sont les artisans, les commerçants, les professions libérales, les entrepreneurs d’autres entreprises devraient se sentir redevables envers cette entreprise. Que ses salariés et ses dirigeants s’adaptent comme tout les autres à leur environnement. Ils suffit pas de profiter des gains égoïstement quand cela va bien et demander la solidarité quand cela va mal.

    Votre rengaine sur les financiers ou les américains qui souhaitent piller l’entreprise ne tient pas : les financiers quand ils achètent une entreprise sont comme les salariés, n’ont vraiment pas envie de voir leur revenu ou capital décroître, et ce que ce soit sur du court terme ou du long terme. Ils veulent maintenir au moins leur capital tout autant qu’améliorer, et oui, les dividendes. Tout le monde, actionnnaires et salariés, surtout chez Alcatel, sont intéressés à ce que leur entreprise fonctionne bien.

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