Patrick Aubin
Patrick
Aubin
Le contrepoint libéral

Agriculteurs : les pépins avant les pastèques !

L’exaspération gagne l’ensemble du monde économique. Et ce n’est pas parce que certains arrêtent leur mouvement, que la marmite ne continue pas à bouillir. Le monde politique biaisant le débat, il apparait nécessaire d’éclairer sur les origines du malheur des agriculteurs. Quel bouc émissaire ? La grande surface ? L’intermédiaire ? Le consommateur ? Et si celui qui n’était pas pointé du doigt était le grand responsable des maux de chacun ?

La technique de condamnation des grandes surfaces consiste à utiliser le prix au kilo acheté à l’agriculteur (3,98€/Kg) et le prix affiché en grandes surfaces (14,50 €/kg). Un tel écart semble un argument imparable mais un peu facile. Il est comparé des choses qui ne sont pas comparables !

L’agriculteur vend une bête sur pied à des intermédiaires. Ces intermédiaires sont les artisans de la transformation en viande, que le consommateur trouvera sur l’étal de la grande surface. Or une bête de 740 kg donne environ 270 kg de viande commercialisable. Alors vient le temps comptable de la réelle comparaison entre ce que l’éleveur encaisse pour la bête (3,98 x 740 = 2945 €) et le chiffre d’affaires réalisé par la grande surface vendant la totalité au consommateur (14,5 x 270 = 3915 €).

Evitons à ce stade de confondre chiffre d’affaire, valeur ajoutée et (bénéfice ou perte). Comprenons que derrière ces chiffres, ce ne sont pas les acteurs économiques les gagnants mais … l’état ou plutôt, le système politique, qui n’a, nul besoin de s’en convaincre, aucune compétence technique ou économique pour apprécier les prix !

Faut-il faire un cours pour expliquer que sur les revenus complets de ces personnes, de l’agriculteur au consommateur, la part des prélèvements qu’impose le politique (cotisations sociales patronales et salariales, taxes et impôts) représente les 2/3 ? Oui il ne reste qu’un dernier tiers pour le tiers état qui ne peut pas décider du choix de ses assurances santé, chômage ou de l’organisation des retraites. Prenons conscience que le coût de la noblesse politique et du clergé administratif est l’arrêt de mort de la Société. Ceux-ci  se protègent derrière des statuts arbitraires et illégitimes au détriment des honnêtes gens qui échangent librement leurs produits.

Oui le coût exagéré de l’état est bien intégré dans les prix de vente de l’éleveur. Ce n’est pas la viande qui est chère. C’est le social collectif, qui prouve régulièrement son utopie financière, et entraine des augmentations excessives des prix. Pour rester compétitifs, les producteurs, intermédiaires et grandes surfaces se serrent la ceinture. Il n’y a que les indemnités des politiques et les traitements des fonctionnaires qui ne cessent d’augmenter sans contrainte, juste pour nous dire qu’ils s’occupent, pardon, qu’ils travaillent pour notre bonheur ! Et oui le bonheur c’est l’inflation législative et fiscale. Mais cette occupation politico-administrative ne crée pas de richesses, elle en consomme beaucoup !

A l’image de l’ancien régime, le système étatique, pour satisfaire ses lubies, appauvrit le marché de la viande en faussant les prix : les éleveurs ne vivent plus de leurs productions, les intermédiaires se regroupent pour faire face aux centrales d’achats qui ont la pression des consommateurs dont les revenus s’homogénéisent … à la baisse. Oui, la France est bien devenu une république socialiste qui, si l’intelligence et la liberté des hommes ne reprennent pas le dessus, finira dans la violence … comme toujours avec l’idéologie égalitaire !


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