Thomas Simonian
Thomas
Simonian

3D : drôle, dynamique et décevant

«Le magasin des suicides» mercredi dernier, le nouveau Kirikou aujourd’hui. Pas de doute, la 3D rythme cette rentrée cinématographique. Et pas seulement ! Depuis Avatar en 2009, la déferlante trois dimensions a révolutionné – le temps de quelques déceptions – la perception des images, des sensations et, somme toute, des émotions, sur grand écran. Comme toute vague innovante, le concept attire les foules, surprend du plus petit au plus grand et amuse. Le film comme si on y était, grâce à une simple paire de lunettes. Simple mais magique ! Les acteurs semblent parfois si proches, que l’on pourrait s’y méprendre. Se retrouver, même virtuellement, dans la cuisine de Julia Roberts, ou dans les draps de Brad Pitt, le rêve d’une vie de cinéphile. Crouler sous une pluie de friandises Haribo, attraper naïvement la sucrerie virtuelle et se rendre compte de sa bêtise. Ne mentez pas, tout le monde l’a fait.

Pourtant, les mois passent, les jours s’égrainent et l’étincelle de la découverte n’est plus qu’incandescence. Comme la vie d’un couple monotone, la relation 3D / cinéphile s’estompe. De déceptions en incompréhensions, de 3D inutiles en 3D invisibles, trop c’est trop. Tout est en 3D. Tout ressort en 3D, comme un plat réchauffé. La trois dimensions devient le prétexte à toutes les folies, susceptibles de grignoter l’essence même des longs-métrages qu’elle porte. Des folies toujours justifiées par l’aspect économique, qui ne manque pas d’appâter les producteurs. Parce que, figurez-vous, une dimension de plus, ça s’achète. Quelques euros supplémentaires certes, plus un euro pour la fameuse paire de lunettes sans laquelle la magie est inopérante. Ouf ! Elles sont réutilisables. Reste à ne pas oublier de les apporter à la séance. Les plus étourdis ne s’y trompent plus, contraints de racheter une paire à chaque passage en caisse. Rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls, je connais le problème. Un monticule de lunettes noires poussiéreuses  s’accumule depuis des lustres dans un tiroir de mon armoire. Un tas de plastique qui a fait son temps, ça c’est 3D.

Ariane Riou


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