Stéphane Baumont
Stéphane
Baumont
Le Politique Show

29 mai 1966 – 29 mai 2016

La France a la passion de l’Histoire et de la commémoration. Pour réussir cette dernière il faut une date, une volonté politique et un engouement populaire.

29 mai 1966 – 29 mai 2016 : 50 ans séparent de Gaulle, chef de l’État, de F. Hollande. Pour le premier, l’ombre de Pétain enveloppait la commémoration tout comme la polémique accusant de Gaulle de s’être rendu sans combattre. Pour le second, autre polémique avec l’annulation du concert de “Black M” à Verdun. Alors comme l’écrit Michel Lefebvre, « Verdun à la fois symbole de l’héroïsme des soldats et creusât des fractures françaises ». Mais le cycle mémorial aménage l’Histoire en étonnant la banalité éventuelle de la commémoration : 22 septembre 1984, à l’ossuaire de Douaumont, on passe du patriotisme flamboyant et combattant français à l’alliance franco-allemande autour de la construction européenne avec la spectaculaire poignée de main F. Mitterrand-Helmut Kohl donnant place à une forme d’exaltation de l’Europe où le « plus jamais ça » remplace peu à peu le communiqué de Pétain « On les aura ».

« Verdun reste une “passion française” cent ans après »

Néanmoins, Verdun reste une “passion française” cent ans après, même si pour les Britanniques, la Somme est “le cauchemar de 14-18″ au point de symboliser, à elle seule, la Grande Guerre outre-Manche. Verdun, pourtant non-événement pour l’Allemagne, mais suscitant un discours de la Chancelière Merkel, exercice d’autant plus difficile que « Verdun ne parle pas aux Allemands », selon l’historien G. Krumeich. Faut-il ici rappeler que le dernier combattant français de la Grande Guerre eut des obsèques nationales à 110 ans en 2008 alors que son “homologue” allemand, décédé 2 mois plus tôt est mort dans l’indifférence générale. N’oublions pas non plus qu’il fallut attendre 1979 pour qu’un écrivain allemand, Ernst Junger soit invité à Verdun pour présider les cérémonies. Il déclara alors : « Il faut que l’anniversaire de la bataille de Verdun cesse d’être une manifestation à caractère seulement national pour devenir un appel à la paix entre les nations ». Mais quelles conséquences ce temps de la commémoration peut-il avoir sur la quotidienneté des problématiques ? Peu, mais, au-delà des faits conjoncturels, l’amour des Français pour l’Histoire, celle qu’ils ont écrite hier et celle qu’ils écrivent aujourd’hui. Voilà venu le temps de la commémoration internationale, où les “touristes de mémoire” pourraient aider le président Hollande à inscrire son quinquennat dans l’Histoire, transformant la Ve République en République de la compassion et de l’émotion commémorative !

 

 


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