[Les solutions de la semaine] La politique autrement chez nos voisins européens

Pour aller plus loin, la rédaction est allée voir chez nos voisins européens. Dans des pays où des mouvements politiques portés par des citoyens enregistrent des succès électoraux ou ont provoqué les prémisses de changements politiques.

Par Delphine Tayac

En Islande, un historien-chef d’État

Les ateliers de la constituante en Islande ©Matito
Les ateliers de la constituante en Islande ©Matito

Il n’avait jamais exercé de mandat et pourtant Gudni Johannesson, candidat sans étiquette et historien de formation, est devenu président d’Islande en juin 2016. S’il a des prérogatives réduites, il veut néanmoins favoriser l’instauration de référendums d’initiative populaire. Il reprend ainsi une idée qui a émergé dès 2010, date à laquelle le pays a mis en place une assemblée constituante. 1000 citoyens ont été tirés au sort et 25 sont élus pour rédiger une nouvelle constitution. Les Islandais pouvaient quant à eux contribuer à la rédaction de propositions sur Internet. Le texte final a été adopté par référendum en 2012 avant d’être finalement bloqué au Parlement par l’opposition.

 

Des étoiles montantes en Italie

En sept ans, le mouvement Cinq étoiles est devenu la deuxième force politique du pays en Italie. Son credo : le rejet des partis politiques traditionnels et l’honnêteté de ses membres. L’élection de Virginia Raggi, avocate de 37 ans, à la tête de la mairie de Rome fait partie de ses victoires. Une première pour une femme, qui plus est inconnue du public. Cinque Stelle est inclassable car ses revendications oscillent entre positionnement à gauche et conservatisme. Son leader emblématique Beppe Grillo prône autant l’augmentation des salaires minimums que la lutte contre l’immigration clandestine et s’oppose à l’union entre couples homosexuels.

 

En Espagne, l’ascension de deux mouvements citoyens

©Catalunya si que es pot
Un meeting de Podemos ©Catalunya si que es pot

Podemos et Ciudadanos. Deux mouvements espagnols aux tendances politiques distinctes, l’un est de gauche radicale, l’autre de centre droit. Mais leur point commun est d’être tous deux issus de mouvements de la société civile : des Indignés pour le premier, d’un groupe catalan d’intellectuels, de professeurs d’université et d’autres citoyens pour le second. Les deux ont fait leur entrée au Parlement en décembre 2015, provoquant un blocage du Congrès des députés qui se retrouve alors sans majorité claire. Une nouvelle élection générale est donc organisée. Podemos perd entretemps un million de voix. Si Ciudadanos n’obtient pas non plus la majorité, il vient d’imposer à Mariano Rajoy, le leader du Partido Popular arrivé en tête, l’adoption d’un pacte instaurant, entre autre, la lutte contre la corruption en échange de son soutien à l’investiture.

 

En Grèce, Syriza a capitalisé sur la colère de la rue

À sa victoire en 2015, Syriza apparaît aux Européens comme un mouvement sorti de nulle part ou en tout cas différent des grandes formations traditionnelles. C’est en fait un conglomérat de formations écologistes et d’extrême gauche né en 2004. Syriza n’est pas à proprement parler issu d’un mouvement citoyen mais il a su capitaliser sur les manifestations d’occupation de la place Syntagma à Athènes, dès 2011. Son leader, et l’actuel premier ministre grec Alexis Tsipras, est par ailleurs rompu à la politique. Ingénieur civil dans le BTP, il a fait ses armes au sein des Jeunesses communistes avant de rejoindre Synaspismos, une formation d’extrême gauche désormais intégrée à Syriza.

 

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