Ces crèches toulousaines font la chasse aux perturbateurs endocriniens

PREMIERS PAS – Produits d’hygiène, jeux, nourriture, les perturbateurs endocriniens se logent potentiellement dans de nombreux objets. À Toulouse, une dizaine de crèches essayent de protéger les bébés et le personnel. 

Perturbateurs endocriniens
©quinn dombrowski

On a beau faire le maximum pour protéger son enfant chez soi, difficile de contrôler à quelles substances il est exposé une fois confié à une crèche. Au-delà de la traque du bisphénol A dans les biberons et l’achat de couches répondant aux normes européennes, la mairie de Toulouse avoue ne pas donner de directives particulières aux crèches municipales.

D’autres ont décidé d’aller plus loin. C’est le cas des associations ‘’O comme 3 mômes’’ et ‘’l’Envol’’ dont les crèches ont reçu le 8 juin dernier le label Écolo Crèche. Celui-ci les encourage à diminuer l’impact environnemental et l’exposition des enfants et du personnel à des substances nocives.

« En réalité, nous nous intéressons depuis 2009-2010 à ces questions », explique Agnès Privat, directrice d’”O comme 3 mômes’’. « Lorsque le scandale du bisphénol A a éclaté, nous avons remplacé tous les biberons en plastique par du verre ». Depuis, la réflexion s’est poursuivie avec l’accompagnement de l’association Écolo Crèche. Au niveau de l’alimentation, les crèches ‘’O comme 3 mômes’’ privilégient ainsi le bio : les pommes, aliment de base des bébés, le sont systématiquement et, à la rentrée, les pommes de terre le seront aussi. « Les éducatrices fabriquent des jeux naturels, comme de la pâte à modeler à base de Maïzena et de liquide vaisselle bio, ou des jouets en matériaux de récupération en tissu ou en carton ».

Les détergents industriels ont aussi été abandonnés au profit de nettoyants faits maison. Les produits d’hygiène du bébé sont également fabriqués sur place, notamment le liniment utilisé pour nettoyer les fesses. « Avec le mobilier, c’est plus compliqué », concède Agnès Privat. « Nos financeurs demandent que la démarche ne coûte pas un centime supplémentaire. Nous souhaitons aller vers des meubles en bois non traité, mais cela se fera progressivement ».

« Le but est de réduire les risques d’exposition, dans le matériel, mais aussi dans les pratiques au quotidien », explique Claire Grolleau, fondatrice d’Écolo Crèche et toxicologue de formation. « Si des substances nocives sont présentes, on conseille d’aérer les locaux, de déballer les jouets neufs à l’extérieur, de poser une serviette en coton sur le plan de change… » À Toulouse, neuf crèches disposent de ce label.



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