Coup de tonnerre dans le ciel bleu azur de Toulouse !

Ainsi donc le fameux premier sondage concernant les municipales de Toulouse et dont toute la classe politique et au-delà bruissait a été présenté par Objectifs news dans son numéro de Mars avril 2013.

Bien avant même sa publication, ce sondage alimentait toutes les rumeurs et souvent les plus folles  : le député UMP JL Moudenc (ancien maire de Toulouse) allait capitaliser sur le mécontentement supposé des Toulousains… la députée européenne UDI Christine De Veyrac allait créer l’événement au centre de l’échiquier politique toulousain aidée en cela par son appartenance au mouvement nouvellement créé par Jean-Louis Borloo… EELV allait enfin démontrer sa capacité à fédérer autour d’un soutien critique… le Front de Gauche avec à sa tête Jean Christophe Sellin pouvait surfer aussi sur le mécontentement des classes laborieuses et sur le score de Jean-Luc Mélenchon aux dernières présidentielles… bref Pierre Cohen l’actuel maire était estimé dans une mauvaise voire fâcheuse posture avant d’aborder le début des débuts de la campagne des municipales de 2014. Après tout n’avait-il été élu en 2008 avec près de 1 000 voix d’avance sur son adversaire JL Moudenc ???

Ce premier sondage, qui ne reste, soulignons-le, qu’un sondage, a pu rassurer les deux principaux adversaires supposés (P Cohen et JL Moudenc) puisqu’en effet les deux font finalement la loi dans chacun de leur camp respectif.

Avant d’aller plus loin néanmoins, attachons-nous à exprimer quelques réserves sur la forme : Ce sondage a été réalisé selon la méthode des quotas auprès de 1 033 personnes représentatifs des habitants de Toulouse. Qui dit habitant ne signifie pas obligatoirement électeurs, ni même votants. Le sondage ne présente donc pas de taux d’abstention futur. Or il est de coutume que le taux d’abstention soit plus important lors d’élections locales que lors d’élections à caractère national comme les présidentielles ou les législatives. L’erreur théorique sur de tels échantillons est d’environ 3%. Mais en pratique ce taux est plus élevé. En pratique, le taux d’erreur est donc probablement supérieur à 4%.(Cf mysciencework.com ce qu’il faut savoir des méthodes de sondage) Ce sondage a été effectué du 31 janvier au 4 février 2013 et donc n’a pas pu prendre en compte la déclaration de candidature de Christine De Veyrac du 4 février, ni le soutien apporté de Jean-Luc Lagleize MoDem. D’où la présence, certainement (?) de deux autres candidats centristes René Bouscatel et Jean-Luc Forget MoDem dans la liste soumise aux sondés. Enfin le candidat Jean Christophe Sellin semble représenter la totalité du Front de Gauche c’est-à-dire le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et le Parti Communiste de Pierre Laurent. Or le PC n’a toujours pas fait savoir à l’heure actuelle s’il partira avec le Parti de gauche ou avec le Parti Socialiste dès le premier tour.

 

Ce sondage se décompose en deux parties : la première concerne le taux de notoriété, le taux de bonne opinion parmi l’ensemble des Toulousains (ainsi que le taux de bonne opinion parmi les personnes connaissant les personnalités). Les scores du maire actuel Pierre Cohen apportent un démenti formel à toutes les rumeurs de mécontentement. Avec 90% de taux de notoriété et 59% de bonne opinion, il devance largement Jean-Luc Moudenc connu à 66% et apprécié à 39%. Même avec un correctif de 4 points, Pierre Cohen se situerait dans une fourchette de 90 à 92% de notoriété et de satisfaction de 57 à 61%. Pour Jean-Luc Moudenc les taux se situent entre 64 et 68% pour la notoriété et 37 et 41% de bonne opinion. Les taux de notoriété et bonne opinion de Pierre Cohen et de Jean-Luc Moudenc sont très éloignés de ceux de Gérard Onesta, René Bouscatel  et Christine De Veyrac et vont du simple au double. Ne parlons pas du candidat MoDem, de celui du Front De Gauche, de celui du Front National et de celle de Lutte Ouvrière !

 

Sur ces points (Notoriété et bonne opinion) deux constats peuvent être tirés : d’une part que deux personnalités se détachent largement, l’une Pierre Cohen étant largement en tête devant Jean-Luc Moudenc, d’autre part que les autres candidats souffrent d’un manque réel de notoriété même si René Bouscatel se détache des six autres candidats. Un effet Stade Toulousain ?

 

Abordons maintenant le cœur de ce qui intéresse les lecteurs, et électeurs-trices de Toulouse : Au premier tour, le maire actuel est crédité de 37% d’intentions de vote (soit entre 35 et 39%), quelle que soit la configuration de la droite : liste unitaire UMP-UDI et deux listes centristes (Liste Forget MoDem et liste Bouscatel) ou deux listes UMP UDI et deux listes centristes (Liste Forget Modem et liste Bouscatel), et avec à gauche une liste EELV, une liste Front de gauche et une liste Lutte Ouvrière. Sans oublier une liste Front National.

 

Dans les deux cas, la liste UMP de Jean-Luc Moudenc est créditée d’au moins 32% des intentions de vote, donc se situe dans une fourchette 30/34%.

 

La liste UDI De Veyrac avec 3% (donc entre 1 et 5%) semble être la moins bien placée au centre droit, alors que la liste Bouscatel quelle que soit la configuration est à 6%. En ajoutant l’ensemble des listes du centre droit, ce dernier se situe entre 10 et 14% des intentions de vote. Enfin EELV conduite par Gérard Onesta est accrédité de 8% (entre 6 et 10%) et le Front de Gauche de 6% (entre 4 et 8%), le Front National de 4% (entre 2 et 6%).

 

Deux enseignements sont à tirer de ces intentions de vote au premier tour, confortant finalement les taux de notoriété et de bonne opinion : Les deux grandes listes PS-PRG et UMP raflent au moins 2/3 des intentions de vote, ce qui laisse finalement peu de marge de manœuvre, actuellement, aux autres partis comme EELV, le Front de Gauche, le Front National, exception faite d’une liste de centre droit qui pourrait affleurer les 15%.

 

Au deuxième tour, l’affrontement Pierre Cohen (rassemblant l’ensemble de la gauche PS-PRG-EELV-FdG) vs Jean-Luc Moudenc (UMP-UDI-MoDem) tournerait largement à l’avantage du premier puisque Pierre Cohen recueille 57% des intentions de vote contre 43% à Jean-Luc Moudenc.

 

Dès lors, forts de ce sondage, la question de plusieurs listes à droite, comme à gauche se pose en des termes similaires :

A droite, quel serait, au premier tour, l’intérêt de plusieurs listes UMP, UDI (cette dernière comprenant De Veyrac-Forget), liste Bouscatel, si ce n’est de rappeler la prééminence de l’UMP et la victoire aux dernières législatives de Jean-Luc Moudenc, sur cette terre qualifiée de centriste par Christine De Veyrac ?

Pour autant, le différentiel de 1 à 10 actuel entre Jean-Luc Moudenc et Christine De Veyrac ne plaide pas pour la présence de deux listes de droite au premier tour : liste UMP et liste UDI.

De même les scores EELV et FdG  (ensemble à 14%) sont moitié moindres que ceux de la liste P Cohen PS-PRG.

 

A gauche comme à droite, au vu de ce premier sondage (qui reste un sondage), les négociations avec les partis dominants s’annoncent particulièrement âpres, que ce soit au 1er ou au 2e tour.

 

 

Alors une ou plusieurs listes de gauche au premier tour ?

Alors une ou plusieurs listes de droite au premier tour ?

Quels risques pour quels résultats ?

 

 

Le grand enseignement est que contrairement à ce que beaucoup de monde croyait et véhiculait, Pierre Cohen ne souffre ni d’un déficit de notoriété ni de bonne opinion, ce qui le place largement en tête au 1er tour et encore plus devant son adversaire au 2ème tour.

 

Cela exprime donc que les Toulousains apprécient et soulignent l’action municipale, malgré les dénégations et dénigrements des divers groupes d’opposition de droite et malgré les affrontements Parti de Gauche et EELV avec le PS.

 

Pierre-Nicolas Bapt



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