Zoom Entreprise / SIGFOX ; Un réseau pour des millions de rêves

Ludovic Le Moan PDG de Sigfox

A tout juste deux ans d’existence, SIGFOX, société spécialisée dans la communication Machine to Machine se prépare à déployer ses ailes sur la France entière, voire à l’international. Menée par Ludovic Le Moan, l’entreprise ne cache pas ses ambitions et souhaite que son produit devienne LA nouvelle norme de communication au niveau mondial. Bienvenue dans les prémices du futur.

Vous en avez rêvé, ils l’ont fait ! «Ils», ce sont les ingénieurs de l’entreprise SIGFOX qui ont mis au point une communication Machine to Machine ou Internet des Objets, sous l’œil avisé de Ludovic Le Moan, réputé pour prendre la tête de start-ups régionales de Technologies de l’Information et de la Communication et d’en faire des entreprises à dimensions nationale ou même internationale. C’est l’histoire de SIGFOX, qui depuis sa création en 2009, travaille en secret, à grands renforts de brevets et de recherches et qui aujourd’hui éclos au grand jour et prend son envol, à l’image de son logo : un papillon passant de la chrysalide à sa forme ultime.
SIGFOX est un opérateur pas comme les autres : «Notre objectif n’est pas d’attaquer la marge des opérateurs traditionnels mais de proposer, parallèlement, une démarche constructive qui permet d’assurer une nouvelle solution de communication», explique Ludovic Le Moan, PDG de SIGFOX. Il s’agit en réalité de mettre en place un réseau de longue portée, peu consommateur d’énergie, non polluant en terme de rayonnements électromagnétiques et pour un coût très faible. Et c’est ce principe qui permettra à SGIFOX, comme le souhaite son président, de conquérir le monde car les infrastructures permettant de développer cette technologie sont mille fois moins énergivores qu’une antenne GSM et son coût se trouve divisé par dix. Concrètement, l’entreprise fournit un réseau cellulaire sur lequel circuleront des données extraites de machines ou d’objets via des antennes discrètes de 2 cm de circonférence. Cette nouvelle technologie permet de connecter un objet à son propriétaire, via Twitter ou des alertes mails, grâce à une puce qui coûte moins d’un euro, et tout cela pour un abonnement de quelques euros.

Des applications concrètes

«SIGFOX fournit le «tuyau» dans lequel passe l’information de l’objet équipé d’un modem vers les 2 ou 3 antennes déployées sur Toulouse. Avec un millier d’antennes d’ici fin 2012, nous couvrirons tout le territoire et vous pourrez, en permanence et n’importe où être connecté aux objets et appareils qui constituent votre quotidien», précise Ludovic Le Moan. Pour être plus explicite, le PDG de SIGFOX évoque les produits déjà équipés de cette technologie, comme les compteurs d’eau. Celui-ci envoie un message aux centre de maintenance s’il rencontre un problème technique, s’il est défectueux ou en cas d’incendie. Ainsi, cela évite aux agents de se déplacer uniquement pour des contrôles de fonctionnement. De même, une boîte aux lettres peut signaler à son propriétaire quand elle reçoit du courrier, des porte-clés perdus indiquer leur position, des vêtements peuvent indiquer les performances sportives de son utilisateur, les cafetières commander seules des capsules de café quand il vient à en manquer et même… les plantes peuvent envoyer un tweet pour signaler qu’elles ont soif. «Vingt ans auparavant, le GSM a révolutionné notre quotidien, et aujourd’hui, c’est le tour de l’internet des objets», constate Ludovic Le Moan. Cette nouvelle technologie sur laquelle 25 collaborateurs ont travaillé, ouvre le champ des possibles à l’infini puisque tout objet connecté pourra communiquer, interagir sans autre nécessité qu’un petit modem et une antenne. Le progrès est en marche et les prochaines applications possibles sont annoncées dans le secteur du tri des déchets et de l’électroménager car pour l’instant, SIGFOX ne travaille qu’au niveau industriel, ce qui lui assure une rentabilité certaine. Ce genre de technologie n’étant pas encore entrée dans les mœurs, il reste difficile de la vulgariser : «nous mettons à disposition l’outil pour véhiculer l’information d’un produit mais encore faut-il que des entreprises fabriquent ces objets», confie le PDG de SIGFOX. Mais il s’avoue confiant et annonce même un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros cette année et de 40 millions pour 2014. «C’est osé mais nous avons les moyens de notre ambition» conclut-il.

Séverine Sarrat

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