Zoom entreprise Biclou Tolosa- Alternmobile

Ça roule au cœur de la ville

Voilà quatre ans que Cyril Marcerou a créé la SARL Biclou Tolosa, les fameux vélos taxis que les toulousains croisent en centre-ville. Cet ancien chargé de relations entreprises à la mission locale de Toulouse décide en 2008 de réaliser un rêve, de tenter l’aventure de l’entreprenariat avec une démarche s’inscrivant dans l’économie sociale et solidaire. Rencontre.

Cyril Marcerou, comment avez-vous eu l’idée de vous lancer ?

J’avais déjà vu le concept à Barcelone.  Je voulais trouver une activité ludique et utile, les côtés sportif et écologique me plaisaient bien. J’avais remarqué dans mes fonctions que les entreprises aimaient bien communiquer.  Alors je me suis renseigné et suis entré en franchise dans le réseau Cycloville. Nous étions avec Cycloville sur une activité de transport de personnes et support de communication essentiellement. En 2009 avec la crise, les budgets de communication des entreprises ont été revus à la baisse, donc on s’est retrouvé en difficulté sur cette activité. J’ai commencé à réfléchir à ce moment-là à d’autres activités mais qui ne correspondaient pas forcément à la ligne de Cycloville. Nous avons pris des chemins différents, et comme nous arrivions au terme de l’engagement de franchise, je n’ai pas renouvelé le contrat.

Vous n’êtes donc plus franchisé ?

 

Non, la SARL Biclou Tolosa est libre et a maintenant son enseigne Alternmobil. On s’est donné la possibilité, en plus du transport de personnes (y compris circuits touristiques), de pouvoir transporter de la marchandise. Nous avons aujourd’hui trois et bientôt quatre activités : transport de marchandises, transport de personnes et une partie événementielle en tant que support de communication. Nous sommes en train de mettre en place maintenant la vente d’un type de véhicule : le Biclou. On l’a créé, développé et maintenant qu’il est fiable, on le vend. Je travaille avec Pau, Bordeaux, La Roche sur Yon… J’essaye de fédérer des indépendants qui ont une activité proche de la mienne. Ma stratégie est d’utiliser le concept de la grande distribution : le groupement d’achats. La difficulté aujourd’hui porte sur le partage d’un nom. Pour le reste, nous arrivons à travailler ensemble, y compris avec des concurrents directs comme Cyclopolitain à Lyon, nous faisons du donnant-donnant et travaillons en bonne intelligence

Fédérer des indépendants

Combien avez-vous de salariés ?

En tout, la société a dix salariés, dont trois en poste réservé à l’insertion. Il y a des temps pleins, des temps partiels. Pour la plupart c’est un complément d’activité.

Vous dites faire partie de l’économie sociale et solidaire, pouvez-vous nous expliquer ?

Nous sommes dans l’économie sociale et solidaire de par un rapport dirigeant-salarié proche, l’important est le partage de valeurs humaines, je privilégie un dialogue permanent avec les salariés. On peut diriger une entreprise sans être stricts sur certaines règles. Il n’y a pas d’horaires de travail proprement dits. Nous avons des créneaux de travail à faire. Les salariés sont libres de leurs horaires. Ils savent que tous les jours, il faut des chauffeurs entre 9h et 10h sur la livraison par exemple. J’ai éliminé toutes les contraintes horaires pour éviter le pointage. Ils ont leur quota d’heures à effectuer, des créneaux de travail et ils se font leur propre emploi du temps. Comme il est difficile pour l’entreprise de les payer au-delà du SMIG, la contrepartie est qu’ils peuvent définir leur temps de travail. Ce n’est pas simple à gérer pour moi mais ce mode de fonctionnement est un choix. Les mots d’ordre sont : flexibilité et confiance.

Comment est organisée votre activité de transport de marchandise ?

Nous livrons sur le centre-ville que nous avons divisé en huit zones, les chauffeurs sont répartis sur les zones en fonction des volumes de livraison. Nous travaillons avec deux entreprises, FEDEX et Colis Privé. On peut aussi s’adresser directement à nous, nous travaillons avec des fleuristes, des notaires… Nous démontrons qu’il y a d’autres solutions que les véhicules thermiques pour livrer ou se déplacer en centre-ville. Nous contribuons à la réduction des nuisances sonores en hyper-centre avec un côté convivial et échange avec les citadins. Le transport, ce n’est pas qu’aller vite, c’est autre chose que le camion qui s’arrête met les warnings, décharge et livre vite.

Innovation, flexibilité et confiance

Vous avez créé ce véhicule, le Biclou. Pouvez-vous nous en parler ?

Oui ! C’est d’abord un rêve de petit garçon de fabriquer son propre véhicule et qui plus est, il n’existait pas de véhicule pertinent sur le marché. Il y avait des véhicules transport de marchandise et des véhicules transport de personnes mais pas un qui pouvait combiner les deux. Le Biclou permet d’assurer ces deux types de transport. En plus, il est complètement amovible et transformable.

C’était un double challenge, créer et donner vie à ce vélo mais aussi le commercialiser et en faire un produit phare.

Comment avez-vous procédé ?

Je suis allé voir avec mon projet Midi-Pyrénées Innovation, qui m’a accompagné, aidé à trouver les bons contacts pour la réalisation du véhicule. On a cherché en priorité en Midi-Pyrénées pour trouver des prestataires. C’est ainsi que j’ai rencontré la société HELEM (anciennement Fior Concept)  qui fabrique du véhicule électrique à Auch et nous avons réalisé le Biclou. Nous travaillons aussi ensemble sur le colis bus.

Combien de temps entre le projet et le premier véhicule ?

Une éternité pour moi ! Nous avons commencé à travailler en juin 2010 et le premier prototype  a été mis sur roue en mai 2011. Entre la planche à dessin et pouvoir m’asseoir sur le Biclou, il a fallu une année qui m’a paru très longue. Ce qui est rageant, c’est d’être ralenti par des freins financiers pour faire venir des pièces, il y a des composantes que nous ne trouvions pas dans la région ni même en France.

Vos projets, vos perspectives…

Travailler sans relâche sur la commercialisation du Biclou, lancer d’autres projets comme par exemple un triporteur qui serait un vélo bar…

Propos recueillis par Marie-Agnès Espa

Alternmobil

05.61.48.06.35

http://www.alternmobil.net

 



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