Zoom entreprise: A l’apéro, A votre santé !

Parti du Kosovo pour fuir la guerre, Labinot Halimi s’est installé à Toulouse en 1999 pour y étudier puis travailler dans l’orthopédie. A 28 ans, il décide de se lancer, de créer son entreprise «A l’Apéro» en livrant à domicile des alcools et autres boissons.

 

Quand avez-vous décidé de créer votre société «A l’apéro» ?

Je me suis installé en tant qu’auto-entrepreneur il y a un mois et quelques jours avec ce concept original de livraison d’alcool à domicile. J’ai déjà quelques clients et généralement il s’agit de gens qui organisent une soirée et qui se rendent compte qu’ils n’ont pas ce qu’il faut pour recevoir leurs amis ou bien qui ont déjà bien arrosé la soirée mais qui n’ont pas prévu assez. Alors, ils m’appellent et je leur livre ce dont ils ont besoin. Ce sont principalement des clients jeunes, de 18 à 35 ans. D’ailleurs, je fais très attention de ne pas livrer à des mineurs en demandant systématiquement une carte d’identité.

 

Pourquoi vous être installé en auto-entrepreneur ?

C’est un régime intéressant du fait qu’il n’y a pas beaucoup de démarches à faire pour se mettre à son compte. De plus, les taxes ne pèsent que sur le chiffre d’affaires ; ce qui reste intéressant si les clients ne sont pas au rendez-vous. Cela permet également de tester le produit sans prendre trop de risques.

 

Comment vous est venue cette idée originale ?

Ce genre de livraison à domicile est assez développé aux Etats-Unis et je m’en suis inspiré. En étant basé à Toulouse, ville réputée pour être jeune, dynamique et fêtarde, cela me semblait être un bon terrain de lancement et moi-même étant sorti pas mal, je me suis rendu-compte que, parfois, les soirées se terminaient prématurément parce qu’il n’y avait plus rien à boire, ni à manger. J’ai alors eu cette idée. Parallèlement, il est très dangereux de prendre le volant après avoir consommé de l’alcool, les gens préfèrent ainsi faire la fête chez eux plutôt que de sortir dans les bars ou en boîte et ainsi de prendre des risques. C’est donc une nouvelle habitude qui est propice à mon activité.

 

La livraison, un atout

 

Quel type de livraison effectuez-vous ?

Je livre essentiellement de l’alcool mais pas que. J’ai également des boissons non alcoolisées, mais aussi des gâteaux apéritifs comme les bretzels, les pistaches, des snacks,… Bref tout ce qu’il faut pour organiser un bon apéritif. Je peux livrer sur Toulouse et aux alentours, dans un rayon de 15 kilomètres puisque j’utilise une voiture. Je suis seul pour l’instant donc je ne peux pas faire plusieurs livraisons en même temps. Je travaille de 20h à minuit du lundi au mercredi et de 20h à 3h du matin du jeudi au dimanche. En ce qui concerne la marchandise, je stocke tout chez moi pour l’instant car je n’ai pas de local commercial. Mon appartement est rempli d’alcool, pas de problème de pénurie chez moi (rires).

 

Vous avez déjà une clientèle, comment vous faites-vous connaître ?

Je suis présent sur facebook où j’ai près de 300 amis mais c’est le bouche-à-oreille qui fonctionne le mieux. Quand je livre une commande chez quelqu’un, les amis présents de mon client sont surpris, me posent des questions et gardent mon adresse pour faire appel à moi plus tard. Ils sont surpris également par mes prix qui sont, certes, plus élevés qu’en épicerie de nuit mais qui comprennent la livraison. Le fait que les clients n’aient pas à se déplacer reste un atout par rapport aux épiceries. A «A l’apéro», la bouteille de Clan Campbell d’un litre coûte 26 euros, elle coûte 16 euros en épicerie mais ils ne font pas de livraison…

 

Comment gérez-vous votre stock, car vos produits ne sont pas communs ?

J’ai acheté un gros stock au début mais maintenant je me fournis au fur et à mesure en m’adaptant aux demandes des clients. En fonction de ce qui se vend le plus, je modifie mon stock en conséquence, mais la consommation n’est pas très originale : le whisky, la vodka et la bière restent mes principales ventes. Je me fournis pour l’instant dans les grandes surfaces donc ma marge n’est pas énorme mais pour l’instant, l’essentiel est de se faire connaître et de satisfaire pleinement les clients pour les fidéliser. Cependant, je devrais avoir bientôt la possibilité de constituer mes stocks chez un grossiste pour professionnels.

Des packs pour tous les goûts

 

Comment les clients vous accueillent-ils à la livraison car, finalement, vous arrivez souvent au beau milieu d’une fête ?

Ils sont ravis, vous pensez bien ! De plus, ils estiment que je ne suis pas cher mais sont généralement prêts à mettre le prix pour pouvoir «se ravitailler» sans avoir à se déplacer. Parfois même, certains m’invitent à finir la fête avec eux, ou m’offrent simplement un verre pour me remercier, mais je refuse systématiquement, cela fait partie du professionnalisme, je suis là pour travailler. En fait, je suis toujours bien accueilli, c’est toujours la fête ! Mais il y a quand même des risques car je livre de nuit, souvent dans des endroits où les gens sont un peu éméchés et donc imprévisibles. En général, je leur explique que je n’ai jamais plus de 20 euros sur moi, juste de quoi rendre la monnaie, ainsi je ne risque pas de me faire dévaliser. Mais généralement, les gens sont très sympas !

 

Quels sont vos produits phares ?

J’ai mis en place un système de packs. Je propose des «packs whisky» dans les lesquels on peut trouver une bouteille de Clan Campbell, une bouteille de coca-cola d’un litre et demi et un snack à 26 euros. Pour le «pack vodka», je livre une bouteille de vodka Eristoff, deux Red Bull et un snack pour 26 euros. Ensuite, viennent les «packs foot» et les «packs rugby» dans lesquels se trouvent deux packs de 12 bières, deux snacks apéritifs à 29 euros. Et pour finir, je propose le «pack love», avec une bouteille de champagne, une boîte de chocolat Rocher et deux bougies à 39 euros.

 

Quelles sont les prochaines étapes pour vous ?

Je suis en train de créer mon site internet qui répertoriera tous les prix dans un premier temps mais mon but ultime reste que mon affaire fonctionne bien pour pouvoir passer à un autre régime, d’embaucher du personnel, de monter une vraie structure. Pour le moment, je cherche surtout à me constituer un bon carnet d’adresse.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

A l’Apéro

06.43.64.82.64

Facebook : Alapero Toulouse

 

L’alcool est à consommer avec modération



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