Zoom de l’Insee: Le Midi-Pyrénées touchée par la pauvreté

L’Insee Midi-Pyrénées a rendu sa traditionnelle étude annuelle consacrée à l’un des pans de la précarité, un thème abordé régulièrement par l’Institut. Cette année, zoom sur la pauvreté. Et les chiffres sont accablants. En 2009, près de 400 000 personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en Midi-Pyrénées. Décryptage.

Selon l’Insee, 1 Midi-Pyrénéen sur 7, soit 14% de la population régionale, vit sous le seuil de pauvreté. Un chiffre relativement élevé puisque le taux national est de 13,5%. «Je suis un peu surpris de constater un taux de pauvreté comme celui-là dans la région», s’étonne Gérard Alix, représentant de l’AROMSA (Association Régionale des Organismes de Mutualité Sociale Agricole) l’un des partenaires de l’Insee.  «En Midi-Pyrénées, on est champions pour beaucoup de choses : le sport, l’innovation etc. Finalement, on est aussi champions de la pauvreté !»

Des disparités territoriales

Certes, entre 2008 et 2009, le taux de pauvreté n’a connu qu’une augmentation relative en Midi-Pyrénées. 0,3 point de plus en un an. Mais les disparités départementales se sont creusées. En tête de liste, l’Ariège et le Tarn-et-Garonne – avec respectivement 17,5% et 16,8% de taux de pauvreté – figurent parmi les 20 départements métropolitains les plus touchés par le fléau. Avec des taux moindres, les autres départements de la région, à l’exception de la Haute-Garonne, supplantent aussi la moyenne nationale. Pourtant, ces chiffres, si considérables soient-ils, ne sont pas révélateurs de l’intensité de la pauvreté dans certains territoires. En Haute-Garonne par exemple, même si le taux est relativement bas, l’intensité y est élevée (19,6%). «Ces chiffres sont dus à une mixité importante notamment en milieu urbain», explique Jean-Philippe Grouthier, directeur régional de l’Insee Midi-Pyrénées. «Les personnes qui s’y côtoient sont très différentes, qu’elles soient très riches ou très pauvres».

Des disparités territoriales qui s’inscrivent aussi dans le clivage zones urbaines / zones rurales. En effet, la pauvreté monétaire s’accentue souvent loin des grandes aires urbaines. «En Midi-Pyrénées, le phénomène est beaucoup plus marqué en milieu rural, notamment dans les communes isolées», constate Claire Boré, chercheuse à l’Insee, «Il est presque deux fois plus important dans la région qu’ailleurs ». En revanche, les espaces périurbains sont moins affectés.

Personnes âgées en ligne de mire

D’après l’Insee Midi-Pyrénées, deux types de profils sont particulièrement concernés par une pauvreté accrue. Même si les moins de 18 ans restent les personnes les plus touchées par le fléau dans la région et comme partout en France, les personnes âgées font figure de spécificité régionale. Pour preuve, Midi-Pyrénées se situe au troisième rang des régions françaises pour la pauvreté des personnes âgées, derrière la Corse et le Limousin. 13,5% des plus de 65 ans vivent sous le seuil de pauvreté, contre 9,5 en métropole. Les familles monoparentales et les personnes vivant seules sont aussi plus souvent touchées par la pauvreté. Pourtant, en Midi-Pyrénées, l’impact de la crise financière a été moins important que dans les autres régions françaises. L’explication est simple. «Dans la région, le mécanisme crise / chômage joue moins qu’ailleurs», analyse Jean-Philippe Grouthier. «Comme le montre l’étude, la plupart des personnes sous le seuil de pauvreté sont des personnes âgées, qui ne perçoivent pas de revenus d’activité, et ne sont donc pas concernées par le chômage».

Ariane Riou

 

 

 

 



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