Winkcab ; Le multimédia embarque dans les taxis

Matthieu Potereau et Arsène Tchesnov, fondateurs de Winkcab

Matthieu Potereau et Arsène Tchesnov ont constaté que les courses en taxi étaient souvent monotones et qu’il était possible de s’y divertir à l’instar des célèbres Cab londoniens qui disposent depuis plusieurs années de médias interactifs embarqués à bord. C’est ce concept, que les deux entrepreneurs toulousains ont importé en France, agrémenté au goût du jour.

Pour commencer par le début, pouvez-vous nous présenter winkcab.tv, votre produit, qui vient de sortir ?

Matthieu Potereau : Il s’agit d’une tablette tactile multitouches, installée gracieusement dans les taxis toulousains, qui met à la disposition des passagers une application au contenu touristique, médiatique… via la 3G. A partir de cet écran, le client peut découvrir les activités nocturnes, les restaurants sympas, les spectacles à l’affiche… que ce soit en Français, en Anglais, en Espagnol ou en Allemand. Ce contenu s’actualise automatiquement et reste un outil de proximité qui permet d’informer notre cible dans un lieu où l’attente est importante. Une course durant environ 18 minutes, nous estimons à 13 minutes l’attention que peut porter un client sur notre support qui propose 8 thématiques différentes.

Nos réels clients ne sont pas les taxis mais les annonceurs à qui nous vendons de l’espace publicitaire habillant le contenu de la tablette. Actuellement, nous proposons 70% de contenu informatif pour 30% de publicité.

Winkcab.tv n’est actuellement disponible que sur Toulouse ?

Matthieu Potereau : Oui, pour l’instant ! Nous avons installé 7 tablettes dans les taxis de l’aéroport et 3 dans ceux du centre-ville, ce qui fait un panel de 10 véhicules. Mais demain, nous espérons atteindre 33% de part de marché, c’est-à-dire équiper une centaine de taxis toulousains et, en parallèle, exporter le concept à d’autres villes françaises, particulièrement celles du Sud. De même, la version actuelle n’est pas définitive et nous travaillons sur une deuxième version qui sera beaucoup plus interactive, le contenu sera plus captivant.

Vous avez monté votre entreprise Winkcab tous les deux. Comment l’aventure a-t-elle débutée ?

Arsène Tchesnov : D’abord, il faut faire la différence entre l’entreprise qui se nomme «Winkcab», et le produit appelé «winkcab.tv», mais tous deux sont issus de nos expériences personnelles. Nous nous sommes rencontrés par le biais d’amis communs il y a plusieurs années puis, nous sommes devenus amis nous-mêmes. A la fin de nos études (communication/marketing pour Matthieu et finances internationales pour Arsène), nous sommes tous les deux partis à l’étranger, pour en ramener L’idée.

M.P : Je suis parti aux Etats-Unis et Arsène à Singapour et, là-bas, nous nous sommes rendu compte que ce concept existait sur les deux continents. L’idée d’importer l’idée en France était née. L’entreprise est donc issue d’un clin d’œil à nos voyages puisque «wink» en anglais signifie «clin d’œil» et «cab» veut dire «taxi».

Une fois rentrés, nous avons réalisé une étude de marché, nous avons prospecté les agences de communication, les taxis et leurs syndicats, puis, en 2010 nous avons créé une Société par Actions Simplifiée, «Winkcab».

 Une manière de découvrir Toulouse

 Comment se présente le marché sur lequel vous vous êtes lancés ?

A.T : Actuellement, une autre entreprise sur Paris propose la diffusion de la TNT en boucle sur un écran mais cela ne permet pas au passager d’interagir avec le support. De même, une société lyonnaise vient de se lancer en proposant un écran imbriqué dans l’appui-tête du chauffeur mais le support est resté monotouche, il n’a pas suivi les tendances du marché, il n’évolue pas vraiment. Avec Wincab.tv, le passager devient actif, il peut aller chercher le contenu qu’il souhaite.

M.P : Pour arriver à notre produit final, nous avons observé, pendant 18 mois, une période de recherche de fournisseurs, de conseils, de partenaires et de développement. Le produit en lui-même a été lancé depuis décembre dernier, mais ce n’est que depuis mars que nous sommes réellement sereins et prêts à attaquer le marché.

 

Finalement, quelle est votre cible ?

A.T : C’est clairement les touristes d’affaire. A 80%, les clients des taxis sont des visiteurs étrangers à la ville de Toulouse qui y viennent pour des raisons professionnelles. La ville cherche à transformer le tourisme d’affaire en tourisme d’agrément et nous travaillons dans le même sens. De plus, l’accès à notre produit est gratuit pour le passager comme pour le chauffeur de taxi.

M.P : Nous nous adressons aussi à des touristes qui ne viennent pas de France et qui n’ont pas forcément accès à internet via leur téléphone. Nous pallions à ce problème !

Concrètement, à quel type de services le passager a-t-il accès ?

A.T : D’abord à l’actualité nationale, internationale, économique et sportive via la 3G, sous forme d’articles ; nous aurons, dans la version 2, intégré du multimédia. Nous ne parlons pas ici de navigation sur internet mais bien d’une application, il s’agit donc d’une sélection d’articles via des flux RSS. Ensuite, nous proposons du contenu touristique, soit sous forme de diaporamas, soit sous forme de fiches. Nous avons également une sélection d’hôtels et de loisirs sur lesquels nous intègrerons des QR code pour que le passager puisse flasher et obtenir les coordonnées des lieux qui l’intéressent ou des bons de réduction dans des restaurants. Nous proposons aussi une rubrique horoscope qui plaît beaucoup et enfin un questionnaire de satisfaction qui nous permettra d’évoluer au gré des envies des passagers.

 70% de satisfaits

 Vous avez testé winkcab.tv dans 10 taxis toulousains, quel en est le bilan ?

M.P : Les premiers retours sont positifs puisque 70% des gens qui l’ont utilisé, ont été agréablement surpris. Globalement, l’accueil du produit par les passagers est favorable. Quant aux chauffeurs de taxi, ils s’avouent ravis de la rapidité et la simplicité d’installation de la tablette et disent qu’elle constitue une valeur ajoutée à leur véhicule. Nous sommes rassurés que les artisans taxis jouent vraiment le jeu, ce qui nous permet d’être confiants et d’envisager un développement certain.

Vous avez donc déjà de nouveaux projets, quels sont-ils ?

A.T : Nous projetons d’accroître notre présence, notamment en investissant d’autres espaces. Sans révéler nos prochaines idées, nous pouvons toutefois préciser qu’il s’agira de lieux où l’attente des clients est longue et peut être agrémentée…

M.P : Mais avant de s’attaquer à un nouveau marché, nous souhaitons bien asseoir notre présence dans les taxis. Chaque chose en son temps !

 Propos recueillis

par Séverine Sarrat



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