Vin de la famille Woillemont. Le château de Marmorières vous attend

Nous partons direction l’Aude, non loin de Narbonne, pour découvrir l’un des trésors viticoles qui fait la richesse de notre patrimoine. Visitons ensemble le château de Marmorières avec Jehan de Woillemont, descendant d’une famille, propriétaire de ce domaine depuis… 1826. Ambitieux, ce propriétaire vise l’exportation et la meilleure qualité possible. Rencontre.

 

L’Histoire de votre domaine compte-t-elle dans votre démarche ?

Nous avons la chance à Marmorières d’avoir à chaque génération une transmission de savoir-faire œnologique et de connaissance du vignoble ; ceci garantit une qualité croissante de nos vins et une meilleure approche pour convenir aux attentes de nos clients. Chaque génération apporte sa pierre à l’édifice avec un précieux équilibre entre les apports de la jeune génération et l’expérience de la plus ancienne. Un bel assemblage de personnes qui garantit l’équilibre du domaine.

 

Quelle est l’Histoire de votre famille, et depuis quand est-elle investie sur ce domaine ?

C’est en 1826 qu’une de mes ancêtres achète le château de Marmorières avec son fils, le marquis de Raymond, nom que porte notre première cuvée. Ils décident de reconstruire la bâtisse pour en faire un superbe château style XVIIIème siècle. Le vignoble a connu ses heures de gloire, comme dans l’ensemble du Languedoc, durant la deuxième partie du XIXème puis est complètement anéanti par le Phylloxera*. Mon aïeul replante alors la totalité du vignoble et construit une deuxième cave de grands foudres de chêne (d’une contenance allant jusqu’à 350hl). Mon arrière-grand-mère, pionnière dans l’amélioration des vins du Languedoc, aboutit à la création du syndicat du cru la Clape dans les années soixante, et en devient la première présidente. Aujourd’hui nous développons et améliorons les vins de Marmorières avec la même envie et la même passion du vin. Si bien que j’ai acheté en 2005 un autre vignoble en bord de mer Méditerranée pour disposer de terroirs différents et ainsi apporter une complexité et une finesse exceptionnelles aux vins de la famille.

 

Qu’ils soient rouges, blancs ou rosés… Quelles sont les spécificités de vos vins et de vos cépages ?

Les vignobles de la famille sont composés de 150 hectares de vignes avec une multitude de terroirs et de micro climats qui permettent une mosaïque de cépages et de magnifiques opportunités pour les assemblages de nos vins. Ainsi, nos vignes peuvent être exposées plein Est (face à la mer ce qui garantit une maturation des baies plus lente et donc des vins plus équilibrés), plein Sud (face aux Pyrénées, ce qui apporte richesse, tanins et structure), en pleine garrigues (ce qui apporte structure et arômes) ou sur des terres plus souples (plus adaptées aux cépages océaniques et continentaux). Les cépages sont : pour les rouges et les rosés AOP : Syrah, Grenache noir, Carignan, Mourvèdre, Cinsault, pour les rouges et les rosés IGP : Cabernet Sauvignon, Merlot, Marselan, Caladoc, pour les blancs AOP : Bourboulenc, Grenache blanc, Viognier, Marsanne, Roussanne, Vermentino, pour les blancs IGP : Viognier, Muscat.

 

Quelle part consacrez-vous à l’exportation ? Le vin français a-t-il un avenir hors de nos frontières ?

L’exportation représente 25% de nos ventes. Elle est devenue pour les vins de Marmorières une priorité de développement car le marché français tend à diminuer, et l’arrivée de nouveaux pays consommateurs avec des marchés en croissance est une excellente opportunité pour nos vins.

Je pense que les vins français ont encore de beaux jours devant eux car nos connaissances oenologiques et viticoles nous permettent d’être très compétitifs sur beaucoup de segments de marché. Notre système de hiérarchisation est également un excellent outil de structuration de gamme qui permet à nos consommateurs d’acquérir plus de savoir et d’aiguiser leur curiosité, même si parfois, ils peuvent se sentir perdus.

 

Êtes-vous inquiet ou pas pour l’avenir du vin dans notre pays ? Pour sa place dans notre culture ?

Notre culture judéo-chrétienne a laissé dans la mémoire collective une place particulière pour le vin dans notre société. Le vin véhicule de nombreuses valeurs et symboles. Nous nous battons pour que le vin reste dans notre culture car il représente, pour nous, un moyen extraordinaire de bien vivre et le meilleur moyen pour exprimer notre personnalité.

Je ne suis pas trop inquiet pour l’avenir du vin dans notre pays même si la consommation des jeunes est en forte régression. Le vin suscite encore un intérêt particulier aux yeux des Français et semble faire partie intégrante de notre patrimoine culturel. En revanche, la pression exercée par les lobbies «anti alcool» est très mal ressentie par notre profession car beaucoup de viticulteurs travaillent énormément uniquement pour la reconnaissance de leur travail et de leur savoir-faire. Ils ne comprennent pas cet acharnement systématique sur le vin alors que les productions importées et à fort taux d’alcool sont plus épargnées.

Le vin représente, en effet, une formidable opportunité pour nos exportations, le tourisme, la sauvegarde de nos paysages et leur entretien.

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

*une maladie de la vigne provoquée par un insecte



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.