Vers la négociation

Plus que la séquestration très “rousseauiste” de Xavier Fortin au fin fond de l’Ariège vivant en autarcie avec ses deux garçons ; plus que l’ouverture du quatrième procès de l’Affaire Érignac où Yvan Colonna continue à défendre son innocence et Madame Érignac «attend enfin la vérité» ; plus que l’élection emblématique de Jean Gachassin à la Présidence de la Fédération Française de Tennis (après le monde d’ovalie, celui de la petite balle jaune) ; autant que le contentieux né de l’affaire Williamson-Benoît XVI qui semble avoir durablement compromis les relations du Vatican avec le judaïsme et brouillé l’image du pape, c’est l’intervention présidentielle de la semaine dernière et ses conséquences politiques et sociales et l’affaire Kouchner (certains vont jusqu’à parler d’une affaire Péan) qui suscitent l’intérêt des sondeurs, des chroniqueurs et des analystes.

 
L’intervention présidentielle d’abord. Moins “omniprésident”, à l’écoute des questions, modeste et humble face au défi de la crise financière et de la récession économique («la plus grave crise depuis un siècle» a-t-il martelé), soucieux de donner le sentiment d’avoir été à l’écoute des manifestants, il a invité les syndicats et le patronat à des négociations le 18 février. Convaincre de la nécessité de “réformer le pays” il n’est pas question qu’il y renonce, et maintient sa politique de relance par l’investissement. Il a lancé des thèmes de réflexion et d’action (meilleure indemnisation du chômage, suppression de la première tranche d’impôt sur le revenu, augmentation des allocations familiales) et annoncé la suppression de la taxe professionnelle (remplacée par la taxe carbone).
Nicolas Sarkozy a donc répondu aux attentes en affirmant qu’il était prêt à discuter et donner du grain à moudre aux partenaires sociaux d’ici le 18 février prochain. Tout en conservant l’idée d’une politique de relance par l’investissement, il garde aussi son idée de refondation et de réduction des dépenses publiques. Mais une seule émission de télévision ne fait pas le printemps politique, économique et social : plus d’un Français sur deux n’est pas convaincu (52 % des Français l’ont trouvé pas convaincant, la politique économique pas du tout efficace pour 59 % d’entre eux). Sans qu’on puisse parler de virage dans le quinquennat, le sentiment est donné qu’on se trouve en phase de contractualisation et d’écoute institutionnelle avec dans l’imaginaire des classes moyennes la baisse des impôts (n’est-ce pas l’annonce prochaine d’une relance par la consommation ?) Des annonces qui ne doivent pas faire oublier que l’on avance vers d’autres scrutins : les régionales et les Européennes (la majorité UMP sera-t-elle la victime expiatoire d’un défoulement sans risque du corps électoral, le PS sera fortement exposé à la concurrence menaçante de Bayrou, Besancenot et Cohn-Bendit-Bové).
Dans le même temps la parution du livre de Pierre Péan (“Le Monde selon K”) où «le journaliste qui se rêve historien» (le journaliste Claude Askolovitch) condamne B. Kouchner parce que coupable de «cosmopolitisme anglo-saxon», «droits de l’hommisme» et «néolibéralisme». Au-delà de ce qu’il faut bien appeler une attaque “idéologico-politique”, l’auteur souligne le conflit d’intérêts possible entre les activités privées passées de B. Kouchner et le poste qu’il occupe aujourd’hui. Pierre Péan n’en apporte pas les preuves irréfutables ; le Ministre des affaires étrangères ne peut les ignorer. L’affaire Kouchner est-elle déjà devenue une affaire Péan… Comme l’écrit C. Askolovitch «Kouchner anti-français, Péan antisémite… C’est grande pitié au royaume des idées de la douce France».

Stéphane Baumont


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