Tourisme d’affaires: Toulouse se donne les moyens de ses ambitions

Bernard Keller et Anouk Déqué souhaitent que Toulouse devienne la capitale du tourisme d’affaires

 

 

Dans la perspective de devenir la future capitale du tourisme d’affaires, Toulouse souhaite mobiliser tous les acteurs de la filière pour donner les outils nécessaires à la SEM So Toulouse, chargée de vendre la ville rose et ses événements.

 

Exploiter les nombreux atouts de la ville et en créer de nouveaux, telle est l’ambition de Toulouse pour devenir incontournable dans le secteur du tourisme d’affaires. « En tant que métropole de la connaissance, nous devons surfer sur nos réussites industrielles, médicales, numériques mais également sur les PME innovantes », affirme Pierre Cohen, maire de Toulouse. Autour de lui, les acteurs économiques de la filière se sont réunis la semaine dernière pour une conférence sur ce thème même, organisée par Objectif News et Toulouse Métropole. Durant celle-ci, a été évoquée la création d’un cluster du tourisme d’affaires (voir interview ci-après) qui permettra de mutualiser les moyens et les savoir-faire existants et ainsi accroître le rayonnement de la ville rose. Cette initiative a été saluée par tous, Bernard Keller, président de So Toulouse et Anouk Déqué, présidente de la CGPME31, au premier rang.

 

 

Des atouts locaux

 

Outre la création du cluster, annoncée lors des « Rendez-vous d’affaires » qui ont eu lieu les 26 et 27 mars derniers en présence de Sylvia Pinel, ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme, Pierre Cohen a évoqué les différents projets qui feront de Toulouse « la capitale du tourisme d’affaires ». En premier lieu, le futur Parc des Expositions qui constituera un atout certain pour l’attractivité de la ville et permettra d’organiser des événements de dimensions nationales, voire internationales. Pour cela « il faudra absolument développer la LGV et l’aéroport », explique Pierre Cohen. D’ici 2016, Toulouse devrait ainsi monter en puissance », poursuit-il. Tout cela mis en place, So Toulouse pourra « fixer les partenariats identitaires et faire valoir les labels de qualité de la ville », précise Bernard Keller. Ainsi, Toulouse pourra prétendre au leadership en matière de tourisme d’affaires et imposer ses compétences.

 

Séverine Sarrat

 

 

 

 

Interview

« Il faut réconcilier l’industrie et les scientifiques »

 

Eric Olmedo, directeur adjoint de l’Institut supérieur du tourisme, de l’hôtellerie et de l’alimentation (ISTHIA), et responsable du site de Toulouse, revient sur la création d’un cluster dédié au tourisme d’affaires.

 

Comment est née l’idée d’un cluster du tourisme d’affaires ?

La paternité du concept sur Toulouse revient à Jean-François Renac, directeur de la Sem So Toulouse, qui m’a contacté sachant que les clusters sont souvent portés par des universités ou des centres de recherche. Cette idée m’a semblé intéressante et nous nous sommes rencontrés, il y a deux mois, pour en étayer les conditions.

 

Un cluster nécessite de nombreux partenaires, quels seraient ceux du tourisme d’affaires ?

En premier lieu l’Université du Mirail dans laquelle se trouve l’ISTHIA et des institutions de formation. Dans un second temps, il faudra mobiliser des établissements de recherche pour la partie scientifique et pour finir, des partenaires industriels de la grande et petite hôtellerie. Sans oublier, les chambres consulaires comme la Chambre de commerce puis la Mairie de Toulouse, Toulouse Métropole, ainsi que le Conseil général et régional. Nous devons nous servir de toutes ces instances pour valoriser le territoire de Midi-Pyrénées et ensuite le vendre. Cela permettrait également de désenclaver certains départements.

 

Il s’agit là d’une des missions du cluster, quelles seraient les autres ?

Il y aurait une partie dédiée aux études et une autre aux prospectives. Dans la première, nous établirions un inventaire du patrimoine immatériel et matériel de Toulouse, nous mettrions en place un observatoire du tourisme et dans la seconde nous développerions le marketing. Nous travaillerons également à l’innovation et au développement des territoires.

 

Prêt pour 2014

 

Quant à l’ISTHIA, quel rôle prendrait-il dans ce cluster ?

L’institut serait une boîte à outil en termes de formation, qu’elle soit continue, diplomante, et de validation des acquis de l’expérience (VAE). Cela existe déjà mais l’utilité et l’offre des formations sont souvent méconnues. Nous aurions également un rôle de conseiller pour améliorer les performances des professionnels du tourisme. Enfin, nous analyserons les bénéfices économiques et sociaux de nos formations pour être certains de leur apport et de leur utilité. Nous avons aussi une vocation scientifique liée au concept d’innovation : à travers le cluster, nous décuplerions la dimension internationale pour labelliser Toulouse « destination tourisme d’affaires et organisatrice innovante de grands congrès » et lui donner des atouts concurrentiels.

 

Quels avantages Toulouse tirerait-elle du travail de ce cluster ?

Le cluster pourrait amener les multiples compétences de tous les partenaires qui le composent, pour les mettre au service de la ville. Toulouse pourrait ainsi augmenter son chiffre d’affaires dans le secteur du tourisme d’affaires.

 

Où en est l’élaboration de ce cluster ?

Nous commençons tout juste à monter une équipe au sein de l’ISTHIA et à chercher un réseau au niveau national via l’association Astre (Association tourisme, recherche et enseignement supérieur). Ensuite nous nous mettrons en relation avec des laboratoires, les institutions et des entreprises privées. Les 25 et 26 mars derniers ont eu lieu les déjeuners des « Rendez-vous 2013 » et Pierre Cohen y a annoncé la création du cluster, ce qui nous permet de toucher 900 acteurs économiques du territoire. C’est une première approche. Nous nous donnons jusqu’à fin 2014 pour finaliser la structure et lever des fonds.

 

Que manque-t-il à Toulouse pour devenir une métropole du tourisme d’affaires ?

Il manque une interface et j’espère que le cluster sera celle-ci. Il faut réconcilier l’industrie (hôtellerie, restauration, transport…) avec les scientifiques. Le cluster sera le lien entre ces deux mondes qui se côtoient mais ne travaillent pas encore ensemble.

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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