Top Economique 2013: Espoir sur fond de morosité

 La sortie du Top Economique 2013 a également été l’occasion de faire le point sur l’état de santé des entreprises de Midi-Pyrénées et de certaines filières plus durement touchées que d’autres par la conjoncture économique défavorable.

 

Pas moins de 1 500 entreprises recensées dans la bible du monde entrepreneurial, le Top Economique, version 2013 (valable une année). Mis à jour mais aussi rajeuni par la start-up Ubleam, le manuel est désormais équipé de flash code, ou bleams, permettant une information à la fois statique et dynamique. Et la plus importante de toute reste la reprise des chiffres d’affaires des entreprises de la région en 2011, qui toutefois n’est pas la même pour tous les secteurs, le plus significatif étant celui de l’aéronautique. D’autres entreprises, issues de divers secteurs d’activité, sont parvenues à tirer leur épingle du jeu : «parmi les plus performantes, on peut citer celles qui le sont depuis leur création comme Lyra Network (plateforme de paiement sur internet) dont le CA atteint les 45.2 millions d’euros, Magellium (traitement d’images, spatial) qui frôle les 17 millions d’euros, Menguy’s (graine d’apéritif) qui réalise 272 millions d’euros de CA…», énumère Philippe Robardey, président du Medef31.

Le Top Economique tient lieu de référence pour les entreprises qui peuvent, par lui, garder leur carnet d’adresses à jour et obtenir des informations sur leur environnement direct (pôles de compétitivité, clusters et groupements d’entreprises), mais aussi pour les étudiants qui l’utilisent lors de leur recherche de stages ou d’emploi : « I s’agit d’un outil de travail pour ceux qui en cherchent !», résume Philippe Robardey.

 

L’exception métallurgique

 

Si le classement du Top Economique 2013 fait état d’entreprises au moral en berne, ce n’est pas le cas de toutes, notamment celles du secteur de la métallurgie qui fait figure d’exception dans le paysage économique. Les carnets de commandes des avionneurs et d’Airbus notamment, offrent aux professionnels de la filière, une visibilité sur 4 à 6 ans, et de prévoir une vague de recrutement : «Sur la seule région Midi-Pyrénées, nous estimons à 9 000 le nombre d’emplois à pourvoir dans la métallurgie dont 30% d’ouvriers, 30% de techniciens et 30% d’ingénieurs et cadres», précise Robert Vitrat, vice-président de l’UIMM Midi-Pyrénées.

Du côté du bâtiment et des travaux publics, le cataclysme tant redouté n’a encore pas eu lieu, mais pour Frédéric Carré, président de la Fédération du BTP de Haute-Garonne, cela ne saurait tarder. En cause, les restrictions des investissements publics et la diminution des capacités d’investissement immobilier des collectivités territoriales. «Si, en plus, la commande privée venait à défaillir, la situation empirerait rapidement. Ce qui, pour l’instant, permet au secteur de se maintenir, ce sont les marchés privés du bâtiment qui ont bénéficié des dispositifs de défiscalisations.» termine-t-il.

 

Des secteurs disparates

 

Pour Alain Rabary, membre du Medef31 et de la Chambre de Commerce, «c’est la première fois que je suis contraint de dresser un tel constat ! La filière des Services qui a toujours connu un essor régulier, voit son activité se replier.» Cependant, tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne : l’ingénierie et l’analyse technique, l’informatique et l’édition parviennent à maintenir leur activité mais la publicité, les transports, la réparation automobile et l’administration voient la leur chuter. Malgré ces disparités, les Services gardent une activité orientée positivement et prévoit même la création de 6 000 postes.

Et le commerce dans tout cela ? «Il reste relativement stable et les entreprises de ce secteur affichent des résultats tout à fait honorables.» confirme Grégory Lalau, membre du Comité directeur du Medef31. Même si la consommation des ménages a chuté, la grande distribution pense enregistrer une faible croissance et annonce une tension sur les matières premières en fin d’année. Tous les secteurs d’activité de la filière sont en net repli (commerce de gros, automobile, équipement de la personne et ameublement) mais parviennent tout de même à maintenir un exercice acceptable.

Pour entrevoir un regain de l’activité générale en Haute-Garonne, le président du Medef attend les prochaines mesures du gouvernement Ayrault quant aux changements d’environnement règlementaire comme la fiscalité et les charges incombant aux sociétés, «qui pèsent sur notre compétitivité et donc sur l’emploi.»

 

Séverine Sarrat



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