Témoignage Des perspectives peu réjouissantes

Henri de Lavalette, président de l’UNEP Haute-Garonne revient sur une année 2011 stable mais parle d’une année 2012 plus contrastée. Causes et conséquences d’une chute des chiffres d’affaires du secteur du paysage.

 

Pendant deux ans , le chiffre d’affaires est resté stable jusqu’en 2011 pour chuter en 2012. La CAPEB avance des raisons climatiques pour justifier les bons chiffres de l’année dernière et bien sûr les conditions économiques pour la chute de 2012…

Les raisons climatiques sont une fausse excuse car nous avons toujours travaillé avec cette contrainte et nous savons la gérer. Par contre, la crise, elle, a bien frappé. Touchant d’abord le haut de la pyramide, ce sont les budgets des collectivités locales qui ont subi la rigueur, diminuant ainsi leur budget alloué à l’entretien des espaces verts. Ainsi nous, entreprises du paysage, avons perdu de nombreux marchés publics. Cela est également le cas en Midi-Pyrénées où les mairies fonctionnent de plus en plus avec des régies et ne passent plus par des sociétés spécialisées. Elles gèrent elles-mêmes tout ce qui concerne les travaux d’entretien, la tonte des pelouses… Nous sommes donc obligés de nous rabattre sur le marché des particuliers.

 

A quoi pensez-vous que ce phénomène est dû ? A la crise ou tout simplement à un nouveau mode de gestion des collectivités ?

Un peu des deux ! La crise a donné du souci aux élus qui tentent de trouver des champs d’actions sur lesquels ils peuvent économiser et le paysage en fait partie. Les collectivités préfèrent que l’entretien des espaces verts leur coûte moins cher, quitte à ce que le travail ne soit pas réalisé par des professionnels. Je ne pense pas que ce choix soit le bon, je suis même persuadé du contraire. A Toulouse, par exemple, depuis le changement de mairie, depuis que Pierre Cohen est maire, la ville fonctionne comme cela et quand je passe devant certains espaces verts, je peux facilement m’apercevoir que le travail fait ne l’a pas été par des professionnels.

 

De nouveaux concurrents

 

Quels sont alors vos clients sur ce marché des particuliers ?

Tous ceux qui possèdent un jardin, un balcon, petit ou grand. Mais ce marché-là n’est plus au beau fixe non plus. La demande a nettement baissé et, en plus, nous nous heurtons à un nouveau phénomène d’entreprises qui viennent « chasser sur nos terres », diminuant ainsi notre champ d’activité. Sur les 550 sociétés du paysage présentes en Haute-Garonne, 85% sont constituées du seul le chef d’entreprise qui propose des entretiens et des services aux particuliers sans aucune formation ni expérience. Ces auto-entrepreneurs multi-services prennent des parts de marché aux entreprises qui réellement ont des compétences dans le paysage.

 

Alors quelles sont les perspectives pour cette fin d’année ?

Pour les entreprises qui parviennent encore à faire du chiffre, ce dernier diminuera considérablement, amenant certaines entreprises dans de grandes difficultés. Quant à celles qui sont fragiles en trésorerie, ce sera très dur car il suffira d’un chantier qui leur échappe pour qu’elles se retrouvent en redressement. Pour l’instant, la profession est attentiste et je croise les doigts pour une reprise rapide. De plus, sur le marché des particuliers, elles se retrouvent en concurrence avec les fameuses entreprises multi-services, ce qui n’arrange rien.

 

Qu’attendez-vous du Président de la République, François Hollande, en ce qui concerne votre organisation ?

Nous n’attendons rien car nous connaissons la problématique financière de l’Etat et quand bien même les robinets s’ouvriraient, ce ne sont sûrement pas les entreprises du paysage qui seront les premiers à en bénéficier. Nous espérons, mais nous n’attendons pas grand-chose. Nous restons même pessimistes car la reprise n’aura pas lieu du jour au lendemain.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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