Sanofi: Un Conseil d’administration sous tension

Les salariés de Sanofi se sont invités lors du Conseil d’administration de l’entreprise qui se tenait au Palais des Congrès à Paris, en présence des actionnaires. Décidés à se faire entendre, les employés toulousains, ont pris la parole pour faire part de leurs inquiétudes.

 

« Nous avons tenu à être présents pour vous rappeler que derrière des résultats financiers, se trouvent des femmes et des hommes qui aspirent à vivre de leur travail, à maintenir une éthique et un engagement fort dans la santé à travers leur métier », scande un salarié toulousain aux actionnaires de Sanofi. Réunis à l’occasion de leur Assemblée générale puis du Conseil d’administration, les petits porteurs et la direction de Sanofi ont bien été forcés d’entendre, ou du moins d’écouter, les inquiétudes portées par deux salariés du site de Toulouse quant à leur devenir. Après avoir communiqué le chiffre d’affaires du groupe pour le premier trimestre 2013, à savoir 8.1 milliards d’euros dont 2 milliards réalisés en Europe, les membres de la direction ont dû faire front au rappel des salariés :   « Dans le même temps, entre 2008 et 2012, près de 4 000 emplois en France ont déjà été supprimés dont 1 300 en recherche et plusieurs dizaines de salariés ne sont toujours pas reclassés dans la chimie {…} Et le groupe Sanofi touche chaque année plus de 130 millions de crédits d’impôt recherche auxquels va s’ajouter le crédit d’impôt compétitivité.» Indignés par l’annonce faite, lors du Conseil d’administration, de la rémunération de Christopher Viehbacher, directeur général du groupe, les salariés du site toulousain ont déclaré ne pas être dupes : « nous avons bien compris la stratégie de Monsieur Viehbacher et nous ne le laisserons pas faire », explique Pascal Delmas, délégué syndical CFDT de Sanofi.

 

Ils accusent

 

« Nous accusons notre direction de mener une politique à court terme en refusant de financer la recherche interne au profit du rachat de projets externes », précise Pascal Delmas. Le représentant syndical toulousain avoue ne pas comprendre, d’une part, que sa direction stoppe les travaux réalisés à Toulouse, et de l’autre, qu’elle reproche la faiblesse de la recherche interne de Sanofi. « Nous sommes coincés entre l’enclume et le marteau… en nous sentant plus enclume que marteau », poursuit-il. Selon les salariés toulousains, la direction souhaiterait en réalité installer son siège social aux Etats-Unis, aux vues des règlementations moindres et de la supériorité des rémunérations patronales. « Ils préparent leur stratégie depuis longtemps. D’ailleurs, il suffit d’observer la composition des équipes toulousaines. La moyenne d’âge y est de 40 ans et les embauchent sont gelées depuis cinq ans, l’heure n’est donc pas au renouvellement ni à la dynamisation du site », constate le représentant CFDT. Alors, même si l’avenir du site toulousain n’est toujours pas connu, les signes envoyés par la direction de Sanofi virent plutôt au rouge.

Séverine Sarrat



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