Sanofi « Nous ne lâcherons rien ! »

Les élus locaux, le gouvernement et les salariés de Sanofi attendaient que les dirigeants éclaircissent la situation, communiquent quant à leurs intentions sur l’avenir de ses laboratoires, c’est désormais chose faite ou du moins en partie. En tous les cas, les explications tant espérées ne satisfont pas ! Le bras de fer se durcit et les « sanofistes » haussent le ton.

 

« Réduction de 900 emplois d’ici 2015 en France », c’est la conséquence principale du projet de réorganisation de la branche « recherche » de Sanofi. Pour Antoine Maurice, président du groupe des élus EELV à Toulouse Métropole, cette annonce reste inadmissible : « nous refusons de telles suppressions, guidées par la seule volonté de verser toujours plus de dividendes aux actionnaires d’une entreprise qui a dégagé 5.7 milliards d’euros de profits l’année dernière. » Le groupe pharmaceutique s’est d’ailleurs empressé de préciser qu’il s’agira « d’aménagements de fin de carrière, de propositions de mobilité et de repositionnement » sur l’hexagone, mais ce n’est pas pour rassurer les salariés qui ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés. Car, dans un communiqué, les dirigeants de l’entreprise expliquent ce qu’ils appellent leur « projet d’évolution ». Il est ainsi énuméré les maintiens des sites de Vitry/Alfortville, de Chilly-Mazarin/Longjumeau, de Strasbourg et de Lyon, la transformation de celui de Montpellier mais le devenir de Toulouse reste très flou. « La vocation du site de recherche de Toulouse reste à préciser », déclarent-ils, ce qui ne manquent pas de raviver la colère des salariés : « Nous savions bien que nos dirigeants resteraient sur leurs positions initiales et se débarrasserait du site toulousain», avoue Pascal Delmas, délégué syndical CFDT. Effectivement, entre les lignes, le Groupe confirme les inquiétudes des « Sanofistes », à savoir la fermeture pure et simple de leur site. « Nous ne sommes pas dupes ! » s’exclame le syndicaliste quand Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées renchérit : « Qu’en sera-t-il exactement pour le site de Toulouse ? C’est une information dont je ne dispose pas. Or, il était le plus menacé. »

 

La communication est rompue

 

Mais l’information en question, même si elle n’est pas clairement explicitée, s’entrevoit dans le communiqué de Sanofi qui dit avoir « identifié, pendant l’été, des acteurs susceptibles d’y poursuivre des activités scientifiques ou technologiques. » Il n’est donc pas exclu que le site toulousain ferme ses portes et que les actuels propriétaires cherchent un repreneur, se retirant ainsi du grand projet Oncopôle. Mais Sanofi maintient la pression sur ses salariés en restant, là encore, assez flou, c’est du moins ce que pense Pascal Delmas : « S’ils ont des repreneurs, qu’ils le disent, qu’ils donnent des noms ! » Mais aujourd’hui, les discussions semblent rompues entre les syndicats et la direction du groupe. Du côté des représentants des salariés, les choses sont claires : « nous ne discuterons pas d’un projet dont nous ne voulons pas ! Nous ne tergiverserons pas sur une possible reconversion du site puisque nous y sommes opposés ! » précise Pascal Delmas. « Les raisons n’en sont ni économiques, ni scientifiques mais purement financières », poursuit-il. Du côté de Sanofi, les annonces restent volontairement vagues, et les syndicats déplorent un manque de communication et de discussion évident. Mais pour que le dossier puisse avancer, l’’échange reste pourtant indispensable, comme le souligne Pierre Cohen, Maire de Toulouse : « Je souhaite que la direction de Sanofi renoue le dialogue social avec les syndicats pour que la future réorganisation se fasse dans le respect, la reconnaissance et la transparence avec les salariés. »

Tous les acteurs du dossier, qu’ils soient élus ou salariés, restent donc dans l’expectative sans savoir exactement quel sera l’avenir du site toulousain, à l’image de Jean-Luc Moudenc, député de Haute-Garonne : « Nous attendons maintenant de connaître les acteurs et les projets de recherche susceptibles de poursuivre les activités qui pérenniseront les emplois sur Toulouse, en particulier à travers la montée en puissance de l’Oncopôle ».

Pour cela, la direction de Sanofi accepte « une procédure de consultation courant octobre », durant laquelle les syndicats « feront valoir [leurs] prérogatives. Cette réunion nous permettra d’analyser la situation de la société pour faire ensuite remonter nos observations au Conseil d’Administration qui pourra statuer. S’il maintient le plan, nous entrerons dans le vif du sujet et ne lâcheront rien ! » prévient Pascal Delmas.

Séverine Sarrat

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.