Sanofi : les salariés devraient être fixés en septembre

Jacques Monteau, délégué CGT, place du Capitole lors du mardi de l'indignation, le 30 juillet dernier

Après la présentation du plan de restructuration de Sanofi lors du CCE du 2 juillet dernier, plusieurs réunions patronat-syndicats se sont tenues ce mois-ci. Le plan en question prévoit le désengagement à terme de Sanofi du site toulousain. La lutte syndicale se poursuit, mais l’espoir s’amenuise.

Les 9 et 10 juillet derniers, puis les 17 et 18 du même mois, deux réunions de négociations se sont déroulées entre les salariés de Sanofi et la direction. Au centre des préoccupations, le plan de restructuration présenté par les dirigeants, qui prévoit le maintien de 364 salariés sur le site toulousain, lui même converti en « de nouvelles entités et plateformes autonomes au cours des cinq prochaines années », selon les termes de la lettre interne signée Christian Lajoux, président de Sanofi France. « Il n’y a pour le moment aucune avancée, suite aux réunions du mois de juillet, car celles-ci concernaient le Livre 2 du plan, qui explique les raisons de la restructuration. Cette phase a du mal à passer », s’indigne Jacques Monteau, délégué CGT de Sanofi Toulouse. Le Livre 1, qui aborde les mesures d’accompagnement des salariés sera discuté, fin septembre. « Nous devrions avoir un organigramme de la nouvelle organisation qui permettra d’évaluer la perte sèche d’emplois », précise-t-il.

200 salariés devraient quitter Toulouse

A priori, les options proposées aux salariés sont les suivantes, selon Jacques Monteau : « Les mesures d’âge pour ceux qui ont eu 55 ans fin 2012, mais reste à savoir s’ils veulent partir à la retraite et s’ils le peuvent en fonction des trimestres validés. » Cette solution concernerait environ 75 personnes (éligibles). « La mutation vers le service anti-infectieux lyonnais est proposée à une centaine de salariés », poursuit-il. Enfin, les fonctions supports, soit l’informatique, les ressources humaines, la comptabilité et le service achat, « seront transférées à Paris. Ce qui touche entre 50 et 60 personnes. » Au total, environ 200 salariés devraient quitter Toulouse. Les autres resteraient sur le site, même si celui-ci ne sera plus à terme « sous le drapeau de Sanofi. » Le géant pharmaceutique s’engage donc à accompagner la reconversion de la filiale toulousaine vers l’autonomie : « Trois plateformes dont la viabilité est incertaine, lorsque Sanofi arrêtera de financer », souligne le représentant CGT.  Une marche arrière du groupe sur son départ de Toulouse semble peu probable : « Ils ne reviendront jamais dessus », affirme Jacques Monteau, catégorique. Que reste-t-il alors à espérer ? « Des indemnisations importantes pour faire passer la pilule, maintenant tout est une question d’argent. »

« Tout repose sur la CFDT »

En attendant la fin des négociations, la mobilisation se poursuit. Les « mardis de l’indignation » succèdent aux « jeudis de la colère », au moins pendant l’été. Ces manifestations sont organisées conjointement « par la CGT et Sud ». Il faut dire que les relations avec la CFDT -qui a placé beaucoup d’espoir dans le rapport Saintouil contrairement à la CGT- ne sont pas au beau fixe. Mais pour valider le plan de la direction, il faudra au moins le vote de deux syndicats (sur les quatre majoritaires : CFDT, CGT, CFTC CFE-CGC, ndlr) : « La CFTC votera pour, la CFE-CGC n’est pas assez représentative pour peser et la CGT votera contre. Donc tout repose sur la CFDT qui pourra faire basculer le vote », indique Jacques Monteau.

 

Coralie Bombail

 



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