Sanofi « La direction veut se désengager du site toulousain »

Les salariés de Sanofi Toulouse étaient à nouveau mobilisés, mardi dernier, route d’Espagne, alors que dans un même temps un CCE parisien discutait de leur sort. Le projet de restructuration présenté par la direction à cette occasion est loin de satisfaire les employés toulousains, même si la mobilisation commence à faiblir, à mesure que le temps passe.

En mai dernier, Christian Lajoux, président de Sanofi Aventis France, s’est engagé à suivre le rapport Saintouil, « comme une feuille de route ». Commandé par le ministère du Redressement productif, ce rapport propose une solution qui sauverait 500 emplois, sur les 610 CDI toulousains. L’objectif est de créer une plateforme intégrant le site de Sanofi, le milieu universitaire, l’Oncopole, et la création de start-up innovantes. Le tout permettrait une collaboration « qui servirait les intérêts de tout le monde », selon le délégué syndical CFDT, Pascal Delmas. Lors du CCE de mardi, Christian Lajoux a déclaré être ouvert à la discussion sur ce sujet, tout en avançant que « le site toulousain n’a pas vocation à rester dans Sanofi », rapporte le syndicaliste. En clair, le rapport Saintouil propose à l’entreprise de rester cinq ans maximum à Toulouse, afin de lancer le projet de collaboration, avec la possibilité de poursuivre sa présence si la plateforme s’avère efficace. Pour la CFDT, « c’est un pari risqué, mais acceptable dans le milieu de la recherche où tout dépend des résultats. En revanche il faut que Sanofi joue le jeu et reste à Toulouse si le projet est concluant », estime le délégué toulousain, Pascal Delmas. Or, selon le plan de la direction, aucun engagement n’est pris sur la poursuite des activités à Toulouse et seulement 364 emplois seraient sauvés.

« Un enterrement de première classe »

« Le rapport Saintouil est un vœu pieu, on savait depuis le départ qu’il s’inscrivait dans la démarche du groupe. Il ne remet pas en cause sa stratégie globale sur la recherche, c’est un enterrement de première classe », regrette Thierry Bodin, coordinateur CGT de Sanofi France, qui a assisté aux nombreuses réunions organisées avec Arnaud Montebourg. « La durée de 5 ans mentionnée dans le rapport n’engage à rien, c’est un maximum. Sanofi peut aussi bien partir dans 2 ans », précise-t-il. La CFDT, plutôt favorable aux préconisations de Saintouil au départ, craint aujourd’hui la destruction d’emplois : « la casse sociale ne se voit jamais dans les grands groupes, elle passe par des mutations forcées, par les propositions de formation qui débouchent sur Pôle emploi…» signale Pascal Delmas. Les négociations patronat-syndicats sur le plan de restructuration commenceront le 9 et 10 juillet prochains à Paris. « Un bus est déjà plein, pour monter manifester », nous apprend Jacques Monteau, délégué CGT à Toulouse. Pourtant, ce dernier  constate un épuisement de la mobilisation : « On était environ 150 mardi. C’est dans la stratégie de l’entreprise de faire durer l’incertitude, cela laisse le temps aux salariés de faire leur deuil. Après le déni, la colère, beaucoup aujourd’hui sont dans l’acceptation. »

 

Coralie Bombail



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