Sandrine Floureusses, une élue en mission

La vice-présidente du Conseil Général est aussi Présidente du Comité de bassin d’emploi Nord. Nous l’avons rencontrée pour faire le point sur cette structure, sur la réalité du chômage et sur les pistes à explorer en cette période de crise. Passionnée par son action, émotive parfois quand elle parle des chômeurs en grande détresse… Interview.

Qu’appelle-t-on un comité de bassin d’emploi ?

Ce sont des structures associatives, qui ne sont pas l’émanation d’une institution ou d’une collectivité, dédiées à l’emploi et au développement économique sur un territoire précis, avec un agrément délivré par le ministère de l’Emploi pour opérer sur ce territoire. Nous sommes la rencontre entre les acteurs politiques, les acteurs économiques que sont les chefs d’entreprises, les acteurs syndicaux et les représentants de l’économie sociale et solidaire. Quand on met tout ce petit monde autour d’une même table, et à la construction d’un projet… Le projet devient partagé et a alors du sens !

Cette manière d’opérer en réunissant tous les acteurs n’est-elle pas une piste pour lutter contre le chômage sur un plan national ?

C’est en effet une vraie solution, et c’est pour cette raison que nous avons créé il y a un peu plus d’un an, le réseau national des comités de bassins d’emplois. Nous souhaitions justement avoir une vision nationale, pour montrer ce qui se passe concrètement à Toulouse, à Rennes, à Avignon ou ailleurs. A travers ce réseau national, nous essayons de dire aux pouvoirs publics «Regardez ce qui fonctionne ! Arrêtez d’inventer l’eau chaude tous les quatre matins !» Il y a véritablement des expériences qui fonctionnement sur les territoires et que l’Etat devrait généraliser. Nos comités ont une vraie pertinence car ils reportent objectivement des expériences, car menées par tous les acteurs, et sans parti pris. Nous sommes au-delà de toutes les idéologies, dans la vérité de nos territoires. C’est l’intérêt général au sens noble du terme.

Y a-t-il une baisse des offres d’emploi ?

Cela reprend en ce moment. Mais nous avons eu une vraie chute des offres il y a cinq, six mois… Mais nous observons qu’il y a une baisse en termes de masse, mais il y a une augmentation des offres de qualité, 35h et CDI. Et dans les comités plus qu’ailleurs, car nous avons avec les chefs d’entreprises un vrai lien de confiance, que n’a plus Pôle Emploi.

En pleine crise, quel est l’état psychologique des demandeurs d’emploi ?

Cela fait 5 ans que nous «tirons la sonnette d’alarme !» Auparavant, le chômeur n’avait qu’un problème d’emploi ou de qualification professionnelle. Aujourd’hui ils ont toujours cette problématique de l’accession au monde du travail, mais ils ont aussi des problèmes de logement, de santé, de transports, de ruptures familiales…

Pour présenter les derniers chiffres du chômage, Nicolas Sarkozy parle d’une «hausse modérée». Vous réagissez comment ?

C’est simplement ahurissant. On parle ici de l’humain, de femmes et d’hommes qui sont dans la détresse… Parler comme ça, c’est horrible ! Il ne prend pas la mesure.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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