Salon auto moto de Toulouse

Du 19 au 27 novembre s’est tenue à Toulouse la 24e édition du salon de l’auto et de la moto. Avec un recul de fréquentation de 15 % par rapport à 2009, on sentait bien planer sur les immenses halls l’effet de la crise, d’autant plus que des arques comme Peugeot et Audi avaient boudé le rendez-vous.

 
Un œil dans les stands

Si nous vous tenons régulièrement informés des nouveautés en matière automobile, il nous a paru intéressant de faire un zoom sur quelques voitures innovantes. Entre voitures prestigieuses ou moto de légende, un hall était consacré aux voitures écolos, hybrides ou tout électrique. Dans notre article du 6 octobre 2011, nous avions largement évoqué notre déception liée au prix rédhibitoire des petites électriques (ION de Peugeot, C-Zéro de Citroën, i-MIEV de Mitsubishi, Lealf de Nissan…) toutes au prix de 35 000 € (hors prime de 5 000 €). Notre regard s’est donc porté sur les maigres nouveautés telles que la Renault Fluence, une berline au prix assez attractif puisque de 20 900 € (incitation fiscale déduite) mais assorti d’une location de batterie de 82 €/mois ; ce qui ramène sur 5 ans le prix final au même niveau que ses concurrents. Côté recharge, le constructeur au losange affiche en plus un handicap de taille puisque c’est la seule marque qui nécessite une installation dédiée à domicile dont le coût avoisine les 900 €. Cherchez l’erreur… Seule la petite Twizy, sorte de scooter à quatre roues, pourra se recharger sur une banale prise de 16 ampères.
 
Une Smart électrique

Dans ce monde complètement décalé des besoins du marché, une faible lueur d’espoir pourrait venir de la nouvelle Smart commercialisable au printemps 2012, la For-two Electric Drive. Elle devrait être facturée entre 15 000 et 20 000 € (prime de 5 000 € à déduire), une somme à laquelle il faudra rajouter 60 € par mois, pour la location de la batterie lithium-ion fournie par Deutsche Accumotive. Avec une autonomie annoncée de 150 Km et un moteur de 75 Cv, elle pourrait séduire quelques acheteurs conjuguant à la fois la fibre écologiste et un compte en banque solide.

Côté hybride une nouvelle Prius III

Côté hybride, la Ford Ampera rechargeable seule à pouvoir revendiquer une autonomie électrique de 60 Km était bien présente mais sûrement destinée à une autre galaxie puisque il faudrait débourser 46 000 € pour avoir l’honneur de la garer dans son garage. Seule avancée présente : la nouvelle Toyota Prius III dont le principal changement par rapport au modèle conventionnel, est le remplacement de la batterie nickel-métal-hydrure de 1,3 kWh par un élément lithium-ion de 4,4 kWh. L’autonomie en mode électrique en bénéficie, en passant de 2 km à 23 km pour une vitesse maximale de 100 km. La consommation pas- se de 3,8 l à 2,2 l/100 Km (données constructeur) pour un prix qui devrait se situer entre 25 000 et 30 000 € (hors aides) avec une arrivée prévue en juin 2012 dans les points de vente Toyota. Gros regret : l’autonomie en électrique qui n’est que de 20 Km, mais c’est mieux que rien avec un véhicule sûr, dont la boîte à vites-se est une merveille. Si l’on pose la question des voitures à hydrogène notamment chez Toyota, un peu gêné, on vous répond que la Prius H² tourne depuis longtemps mais pas en France… Apparemment, les lobbies du pétrole ont le bras long et nous, toujours un monde de retard.

Avis d’écologiste

Je reste perplexe devant une ineptie environnementale et économique générée depuis la nuit des temps par des officines sensées prévoir les modes de consommation et qui en fait cherchent à nous imposer les leurs. La planète se réchauffe, nul à part quelques illuminés ne le conteste plus, la réduction des émissions de CO² est donc une priorité. La filière des voitures propres devrait être logiquement soutenue et même dopée pour un développement de masse et non pas élitiste. Nous allons vers une récession économique et donc notre souci devrait être de protéger les emplois existants et de développer de nouvelles activités. Maintenue sous perfusion par des primes à la casse, des aides, des incitations fiscales, l’automobile a semble-t-il eu beaucoup de mal à s’adapter et en tous les cas à anticiper. Les Européens comme les Français, n’ont plus et auront de moins en moins les moyens d’acheter des véhicules dépassant les 15 à 20 000 €. Les modèles présentés actuellement ne se vendront pas et vont amener les constructeurs droit dans le mur et se solderont par des milliers d’emplois supprimés. Les politiques quand cela les arrange, nous comparent à l’Allemagne, ils pourraient donc se demander pourquoi en France, c’est l’Etat qui directement ou indirectement place ses “amis” à la tête de nos grands groupes industriels, alors que nos voisins ont plus de la moitié des dirigeants issus du rang ! Notre industrie n’a que faire des apparatchiks qui passent des ministères à la gouvernance des grands groupes pour glaner stocks options et parachutes dorés. C’est sur des critères de compétences et non pas de proximité politique que nous devons doter les entreprises de vrais patrons visionnaires pour relever notre pays.  



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