Roland Delzers ; « Notre point fort, c’est la diversité »

Roland Delzers est président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Tarn-et-Garonne depuis juin 2000. Il a été réélu le 8 novembre dernier pour la troisième fois. Le 17 janvier 1983, il s’installe en tant qu’artisan maçon-charpentier. Ce même jour, il fait son entrée dans le syndicalisme par la CAPEB (Chambre Artisanale des Petites Entreprises du Bâtiment) en tant qu’adhérent. Une dizaine d’années plus tard, il prend la présidence départementale, puis régionale de cette institution, avant d’être naturellement porté à la celle de la Chambre de Métiers.

 
Roland Delzers, vous avez été ré-élu président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Tarn-et-Garonne en novembre dernier. Pouvez-vous me dire quel est le point fort de votre équipe ?
Notre point fort, c’est l’expérience et la diversité quant à sa représentation professionnelle. Ainsi, la plupart des métiers que compte l’artisanat sont bien représentés. En premier lieu et comme de logique, l’on trouve les métiers du bâtiment, mais aussi de l’alimentaire, ceux des services et de la fabrication.

Ce troisième mandat annonce quelles priorités ?  
Comme lors des deux précédents mandats, mon objectif principal, reste le même. Il consiste, à travers la Chambre de Métiers, de garantir à chaque artisan un épanouissement pérenne. Tout simplement en étant à ses côtés pour assurer son développement propre, mais aussi pour entrevoir demain une éventuelle transmission voire aussi une acquisition. On ne le dit pas assez mais, l’on se doit aussi et surtout de favoriser au maximum la reprise d’entreprises.

Un message particulier à faire passer ?  
Je dirais un leitmotiv. Sensibiliser les entreprises artisanales à la transmission ou à la reprise lors des prochaines journées portes ouvertes qui auront lieu à la Chambre de Métiers de Tarn et Garonne… Mais aussi en utilisant tous les outils de la communication, dite moderne, pour sensibiliser des acteurs économiques concernés de près ou pas, par nos métiers, à avoir un autre regard sur nos spécificités. Des courriers types sont prévus à cet effet. Notre service de communication y travaille.  

Y a-t-il des freins au développement de l’artisanat en général ? 
Si problème majeur il y a, il vient du nombre de créations d’entreprises. Bien sûr, en tant que président de la Chambre de Métiers, je ne vais pas lutter contre le statut d’auto-entrepreneur. Alors, au contraire, nous allons essayer d’accompagner, de rediriger, de propulser cette population, cette clientèle, vers l’entreprise générale, en somme vers le régime général.

Sur l’année 2010, avez-vous quelques chiffres à nous confier, sur le nombre d’entreprises, qui avec l’aide de la Chambre de Métiers, ont trouvé matière à mieux se développer ? Voire, le nombre de personnes qui ont suivi des formations spécifiques ?
En fait ce sont plus de 350 personnes qui ont suivi, avec succès, des stages à la Chambre de Métiers de Tarn-et-Garonne. Vous savez en 2010, on a recensé plus de 22 000 demandes d’informations en tous genres. Mais malheureusement, pour l’économie locale, toutes ne concernent pas le développement ou la reprise. Depuis mon arrivée à la présidence, j’ai pu observer le nombre important de disparitions d’entreprises car elles n’ont pas trouvé d’acquéreurs… Avec elles, on l’oublie souvent, ce sont des savoir-faire qui disparaissent. Parmi les créations qui, va relever qu’au bout de 3 ans d’activité, on le sait, plus de 50 % vont cesser leurs activités ?  

Y a-t-il des métiers plus en difficultés que d’autres ou au contraire, d’autres plus porteurs ?  
Il n’y a pas vraiment de métiers qui s’essoufflent. Certains se modernisent, évoluent un peu plus vite, que d’autres, comme la mécanique ou le chauffage. Vous savez les métiers de l’artisanat demandent une adaptation de tous les instants. Les métiers du bâtiment font partie de cette catégorie, avec des spécificités plus marquées comme l’éco-construction, les économies d’énergies. Vous savez, à la Chambre de Métiers, nous ne nous penchons pas sur un métier particulier, nous les traitons tous de façon égale.

Propos recueillis
par Céline Galbrun


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