Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois

Les ministères du Redressement Productif et de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et des Forêts ont lancé le 25 septembre dernier, les Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois qui ont pour ambition de mobiliser l’ensemble des acteurs concernés pour proposer des solutions destinées à stimuler durablement la compétitivité de ces filières. A ce titre, l’INP-ENSAT de Toulouse organisait cette journée la semaine dernière, au sein de son établissement. Retour sur un brainstorming rondement mené.

 

Réunis dans le grand amphithéâtre de l’INP-ENSAT de Toulouse, les acteurs du secteur agroalimentaire et du bois de Midi-Pyrénées ont planché pour mettre en exergue les points forts et faibles de leur filière et faire émerger les diverses difficultés rencontrées par les entreprises. Ainsi, ces groupes de travail contribueront, par les principaux thèmes dégagés, à l’élaboration de propositions concrètes d’ici le mois de mars prochain.

«L’objectif de ces Rencontres est de formuler des perspectives pour mieux réussir», explique Henri-Michel Comet, préfet de Région, et «le Conseil Régional se positionne en chef de file pour mener l’adaptation de la politique nationale sur notre territoire.» Car ce dernier représente une part importante de la filière agroalimentaire et du bois au niveau national, le premier générant 100 000 emplois sur 1 200 entreprises répertoriées quand le second emploie 20 000 personnes sur 3 500 sociétés. Pour préserver ou redynamiser ces secteurs d’activité, l’aide aux entreprises restent incontournables : «plusieurs outils sont d’ores et déjà opérationnels comme l’action pour l’innovation ou les contrats de génération,  et d’autres le seront dans peu de temps telle la création de la Banque Publique d’Investissement», précise le Préfet. Mais tout l’enjeu régional réside dans l’organisation de la production au vu des caractéristiques diverses repérées sur les départements de Midi-Pyrénées : «notre différence doit devenir notre atout», lance Martin Malvy, président de Région, «nous disposons d’un millions d’hectares de forêts, certes pas toujours facile d’accès, et dans un même temps, de clusters et de coopératives participant à la structuration de la profession tant sur la filière bois que celle de l’agroalimentaire.» Organisation dont le secteur a grand besoin car le constat est édifiant : les Toulousains ne consomment que très peu de produits agricoles régionaux, notamment en ce qui concerne la viande. Par des actions comme l’organisation du salon Sisqa, la Région tente d’inverser la tendance.

 

Structurer la filière agroalimentaire

 

Pour soutenir et surtout pour réaliser un état des lieux du secteur de l’agroalimentaire, Alain Berger, délégué interministériel aux industries agroalimentaires et à l’agro-industrie, était présent à Toulouse. «Ces rencontres devront permettre, d’ici mars prochain, d’identifier les chantiers qui doivent être enclenchés pour structurer la filière», explique-t-il. Ainsi, les acteurs régionaux doivent participer à l’amélioration de la profession au niveau national.

L’agroalimentaire dispose d’une bonne capacité de résistance au choc conjoncturel grâce à ses multiples atouts. En premier lieu, la filière offre 70% de débouchés à l’agriculture française avec laquelle elle entretient des liens, notamment des connexions régionales. Ainsi, l’agroalimentaire devient aménageur des territoires. Ensuite, le secteur bénéficie d’une bonne réputation en ce qui concerne la qualité et la diversité des produits, intimement liés au savoir-faire français. «Et ce dernier se trouve dynamisé par l’entrée de la gastronomie nationale au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Nous devons profiter de cette reconnaissance pour peser sur les marchés mondiaux, mais pour cela, il faudra changer de stratégies», affirme Alain Berger. Car le secteur souffre d’une représentation essentiellement tournée vers les TPE, incapables d’intégrer une dynamique de distribution : «A ce jour, les entreprises agroalimentaires travaillent sur le marché national, voire intracommunautaire et pas assez sur l’international», poursuit-il. Dans un même temps, il deviendra nécessaire d’augmenter la rentabilité de la filière qui stagne à 20%, ce qui représente un frein à l’investissement de capitaux étrangers jugeant les entreprises en question peu compétitives. Pour le délégué interministériel, «cette constatation est aussi le fruit de la mésentente des professionnels au sein même de la filière, constamment en conflit. Nous devons instaurer un dialogue interprofessionnel qui donnera au public la confiance dont il manque concernant les produits industriels.»

 

Le bois doit profiter des opportunités

 

En ce qui concerne la filière bois, elle parvient à dégager 40 milliards d’euros de chiffres d’affaire tout en observant un déficit de 6.6 milliards d’euros de déficit en 2011, notamment à cause du secteur du meuble. Jean-Marie Lejeune, représentant de la sous-direction de la forêt et du bois, a tenu à identifier les forces et faiblesses du secteur afin de permettre aux acteurs de la filière de travailler de manière cohérente. «En lui-même, le matériau est son propre atout car il est une ressource renouvelable et que la forêt, présente en abondance sur notre territoire, s’agrandit au fil du temps», précise-t-il. De même, le segment est porteur, que l’on parle de bois de construction ou du bois à vocation énergétique, puisqu’il connaît un engouement certain de la part du public. A l’inverse, la filière souffre d’une structure morcelée, essentiellement due à l’implantation disparate des forêts, ce qui implique un tissu industriel réparti en petites entreprises. Ce phénomène ne permet ainsi pas aux scieries d’être concurrentielles et de figurer dans le Top 20 des industries européennes. Et, tout comme l’a souligné Alain Berger pour le secteur agroalimentaire, le dialogue interprofessionnel reste insuffisant entre les exploitants du bois. Pourtant, la filière doit s’organiser et s’entendre pour profiter des opportunités qui s’offrent à elle. En effet, la prise de conscience collective quant aux enjeux climatiques, peut jouer en la faveur des industries du bois puisque la demande reste croissante. A chacun de prendre alors ses responsabilités pour que l’agroalimentaire et le bois deviennent des forces de croissance économique et un fleuron de la Région Midi-Pyrénées.

 

Séverine Sarrat



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.