Rencontres régionales agroalimentaire et bois: Des idées pour soutenir la compétitivité

Les ministères de l’Agriculture et du Redressement productif ont lancé, en septembre dernier, une vaste consultation des acteurs économiques des filières agroalimentaire et bois afin de dynamiser la compétitivité du secteur. En Midi-Pyrénées, ces derniers ont constitué des groupes de travail pour dégager les points forts et faibles de l’activité et proposer « leurs » préconisations en plus haut lieu.

 

Dans la perspective de la « loi d’avenir » qui devrait être présentée en Conseil des ministres à l’automne prochain, les ministères du Redressement productif et de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et des Forêts ont souhaité joindre les acteurs du secteur agroalimentaire et du bois à leurs réflexions. Ainsi, les Rencontres régionales de la filière (voir l’article « Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois » paru le 5 décembre 2012, sur notre site internet) ont permis d’établir des groupes de travail composés de représentants des professionnels, des institutions et de l’administration, épaulés par la DRAAF, la DIRECCTE, le Conseil régional et Midi-Pyrénées Bois. Ces derniers ont formulé des propositions concrètes qui seront également reprises pour alimenter les concertations du Schéma régional de développement économique, la Stratégie régionale de l’innovation et la préparation des prochains programmes européens 2014-2020. En Midi-Pyrénées, les professionnels de l’agroalimentaire et du bois se sont donc réunis et ont d’abord réfléchi, puis débattu, pour parvenir à un consensus de préconisations quant à l’emploi et l’attractivité des métiers, les conditions de travail et les formations mais aussi sur les stratégies d’exportation et la promotion des produits, pour terminer par les stratégies collectives et les relations commerciales entre acteurs de la filière.

 

La filière bois s’interroge

Ligne d'assemblage de yaourts

 

Les participants ont isolé des propositions jugées constructives au niveau régional, pour dynamiser l’emploi. Pour les métiers du bois, les professionnels souhaiteraient, en premier lieu, optimiser les moyens des centres de formation et la coordination régionale entre tous les acteurs, ceci afin de les équiper à la pointe de la technologie et de préserver les spécialités menacées. Dans un second temps, dans l’optique de promouvoir leurs corps de métiers, ils préconisent la découverte de ces derniers tout au long du parcours scolaire, de manière adaptée selon l’âge, et d’établir un catalogue des métiers visant les formations, les compétences, les passerelles, avec le bois en fil conducteur. De même, l’emploi pourrait être soutenu par la simplification des procédures de reprise d’entreprise et l’accompagnement des repreneurs.

Les professionnels du bois se sont également dits «préoccupés» par la compétitivité de leurs entreprises. Pour remédier à ce déficit, ils demandent un accès facilité aux aides publiques et aux financements privés ainsi qu’aux prises de participation croisées dans les entreprises, mais également la création d’un fonds sectoriel bois au sein de la Banque Publique d’Investissement. Un effort particulier est même demandé aux collectivités locales, lesquelles sont invitées à utiliser le bois dans leur commande publique. Et pour que l’acheminement en soit sécurisé, un encouragement à la gestion et la mobilisation de la matière première (connaissance et accès à la ressource) est vivement recommandé, à l’unanimité. L’étape suivante, concerne l’export des produits transformés, qui, selon les professionnels, passe par une aide au secteur du meuble, en particulier sur le haut-de-gamme.

Mais tout cela ne peut être lancé si les stratégies collectives de filières et de projets ne sont pas soutenues. Ainsi, les entrepreneurs du bois, pour développer la recherche et l’innovation, demandent que les missions Midi-Pyrénées Bois en lien avec la R&D et l’innovation ainsi que les chantiers expérimentaux, soient dynamisées. Pour ce faire, une modernisation du fonctionnement entre les interprofessions nationales et régionales sera nécessaire.

 

Le secteur agroalimentaire en ébullition

 

L’agroalimentaire a également bénéficié de réflexions des principaux acteurs de la filière afin de renforcer les stratégies collaboratives et améliorer la connaissance des outils et des acteurs. Pour parvenir à cet objectif, les professionnels de la filière préconisent le développement de l’emploi par l’amélioration des conditions de travail et de la formation. Constituer un groupe de travail avec Pôle Emploi peut représenter un axe de réflexion, de même que l’organisation d’actions collectives autour de la responsabilité sociale des entreprises et l’organisation de portes ouvertes au sein des ateliers techniques dans l’espoir d’une revalorisation de l’image des métiers en lien avec l’agroalimentaire. Dans la même optique, la création d’un document pour guider le chef d’entreprise dans ses démarches et la promotion de la transmission-reprise de sociétés serait « souhaitable » pour les participants aux groupes de travail des Rencontres régionales. En ce qui concerne l’export et le développement des produits de la filière, les acteurs de l’agroalimentaire demandent notamment une valorisation de la future plateforme régionale d’internationalisation des entreprises en un module d’appui spécifique et la mise en place d’un guichet unique dédié aux industries agroalimentaires (IAA). La définition de stratégies d’exportation par produits et par pays cibles constitueraient également une aide considérable pour les professionnels du secteur.

Et pour capter de nouveaux marchés, rien de mieux qu’une stratégie collective mise en œuvre par la création d’une base de données des IAA et l’installation d’une concertation régionale de programmation, entre autres. Mais il est également nécessaire de favoriser le transfert de technologies et d’innovations, notamment en renforçant l’accompagnement individuel des entreprises et en constituant des groupes de travail techniques.

Pour les professionnels de l’agroalimentaire et du bois, le développement de leur filière et sa compétitivité, passe par la mise en place des recommandations issues des groupes de travail qu’ils ont menés. Elles sont maintenant entre les mains des ministres du Redressement productif et de l’Agriculture…

 

Séverine Sarrat



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