Réaction au rapport du Premier Ministre: Investissements prioritaires d’avenir : « La Région Midi-Pyrénées est bien lotie »

En présentant les investissements prioritaires d’avenir, le Premier ministre a mis en avant les transports et par là-même, le rôle du secteur des travaux publics. Pour Midi-Pyrénées, deux projets majeurs restent sur les rails : la LGV Bordeaux-Toulouse et l’aménagement de la RN jusqu’à Castres. La FRTP Midi-Pyrénées réagit concernant cette prise de décision.

 

« Ces choix ont le mérite de clarifier les priorités et de remettre l’investissement et les infrastructures au centre des préoccupations et de nos élus », lance-t-on à la FRTP. Thierry Le Friant, président de la fédération régionale est bien conscient que Midi-Pyrénées s’en sort plutôt mieux que ses homologues. Car le Premier Ministre s’est prononcé en faveur du second scénario du rapport Mobilité 21, « le plus favorable », d’après la fédération, qui correspond pour la région à deux projets d’envergure, estimés respectivement à 7.1 milliards d’euros (LGV) et 340 millions d’euros (Toulouse-Castres). Seul projet ferroviaire retenu : le tronçon LGV Bordeaux-Toulouse reliera Toulouse à Paris en 3 heures via Bordeaux en 2030. L’aménagement de la RN126 consiste en la mise en place à 2×2 voies de la liaison Castres-Toulouse dans les départements du Tarn et de la Haute-Garonne. Il permettra d’améliorer le développement du Nord-est de la région Midi-Pyrénées.

Un financement encore en question

Pourtant des réserves doivent être apportées aux conclusions de ce rapport. Comme le soulève Thierry le Friant, l’Etat aura-t-il les moyens de mobiliser avec les collectivités locales concernées de telles sommes ? C’est là que le bât blesse, car le document ne propose ni solution ni plan de financement. « Va-t-on vers un mode de financement classique ? Une concession ? Un partenariat public/privé ? Ou tout autre type de fonctionnement qui reste à inventer ? Le mode de financement adapté à chaque opération est incontestablement ce qui manque cruellement à ce rapport. » Il souligne cependant que ces projets relèvent d’une véritable volonté politique : « ils passeront en priorité dans tous les cas. Mais, à ce jour tout reste à prévoir car si on a la quasi-certitude que la LGV ouvrira en 2030, les travaux peuvent commencer en 2017 comme en 2025, ce qui pour un entrepreneur est une incertitude difficile à vivre. Le manque de visibilité est ce qui nuit le plus à nos projets de développement ou d’organisation.» Enfin, attention à ne pas s’arrêter aux conclusions du rapport, car : « on peut regretter, que l’on évoque uniquement la ligne grande vitesse jusqu’à Toulouse. Considérer que la ville rose doit être le terminus de la LGV est une fausse idée. L’intérêt du maillage ferroviaire est de poursuivre vers Narbonne, puis Perpignan et l’Espagne d’un côté et de l’autre, Montpelier, Marseille et l’Italie. Il serait aberrant que la gare  Matabiau soit une impasse ferroviaire ! » A juste titre, et pour reprendre les questionnements inhérents à la requête mobilité 21, Thierry Le Friant indique que si l’on doit se réjouir de voir ces deux grands projets régionaux sur les rails, ils ne doivent pas aller contre la nécessité de maintenir un investissement et une politique d’entretien suffisamment dynamique du réseau existant. « Quand on voit l’état de saturation de la rocade en plein été, on se rend compte qu’il reste des progrès importants ! »

 

Aurélie Renne



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.