Rachat de la librairie Privat: L’indépendance retrouvée

Les enseignes Chapitre seront décrochées de la devanture de la librairie Privat

C’est désormais officiel, la librairie Privat ne fait plus partie du Groupe Chapitre et vient de rouvrir ses portes aux bibliophiles toulousains sous sa nouvelle forme. Pour Benoît Bougerol, le nouveau propriétaire, il convient désormais de réorganiser totalement les lieux et de mettre en place une nouvelle stratégie commerciale.

 

Depuis vendredi dernier, la librairie centenaire de la rue des Arts, à Toulouse, accueille à nouveau le public après une fermeture de trois jours pour raisons logistiques. Et si les clients ne verront pas immédiatement la différence, elle est pourtant palpable en coulisses, puisque le magasin est, dorénavant indépendant. « Contrairement à ce qu’avait annoncé le groupe Chapitre, la librairie ne mettra pas la clé sous la porte », affirme Benoît Bougerol, le nouveau propriétaire des lieux. Le patron de la Maison du Livre de Rodez, ayant pris connaissance de la situation, a décidé de redonner vie à l’une des plus anciennes librairies toulousaines, vouée à disparaître : « Il faudra sortir la tête de l’eau et retrouver un équilibre économique pour pouvoir ensuite prévoir un réaménagement intérieur. » Ce sont là les priorités de Benoît Bougerol. Et si l’homme a été séduit par le potentiel de la librairie et le challenge annoncé, il savait également que l’opération serait périlleuse, « car l’établissement perdait 200 000 euros par an depuis trois ans », explique le repreneur. Ainsi, ce sont près de 600 000 euros de pertes que la librairie a accumulés. Pour le propriétaire, il s’agit essentiellement d’une question organisationnelle et d’une erreur stratégique : « en centralisant les achats de tous ses magasins, le groupe Chapitre pensait pouvoir négocier de meilleurs prix auprès des éditeurs, mais ce fut un échec. De plus, Privat Toulouse devait s’acquitter de frais logistiques (informatique, publicité…) auprès du groupe, ce qui a clairement pénalisé la comptabilité de la librairie. » L’objectif affiché est donc désormais de doubler le chiffre d’affaires de la boutique qui est aujourd’hui de 2.4 millions d’euros.

 

Privat a du potentiel

 

Pour ce faire, Benoît Bougerol va investir 150 000 euros au total, dont 60 000 euros seront alloués à la refonte du système informatique et environ 70 000 euros à la constitution d’un nouveau stock de produits. L’esprit et toute la stratégie commerciale seront essentiellement basés sur l’indépendance retrouvée de l’établissement : « la situation dans laquelle s’est trouvé Privat est due à l’intégration d’un groupe. Cela fait 25 ans qu’elle n’était plus indépendante et c’est bien cela qui lui a fait défaut ! Aujourd’hui, nous allons faire de cette dernière une force en remettant le métier de libraire au cœur de l’établissement. » Ainsi, plus que de la vente, les seize employés pourront retrouver leur casquette de conseillers, aiguiller le client sur leur propre coup de cœur et non plus sur les ouvrages imposés par une direction nationale, « et, la diversité sera assurée », poursuit Benoît Bougerol. Pourtant, la reprise de Privat n’a pas été aussi simple que prévu : « c’est vrai que j’aurais pu m’essouffler devant les obstacles dressés devant moi mais je suis intimement persuadé que cette librairie a un potentiel à développer », précise-t-il. Et malgré les complexités, le calendrier a été tenu. Le montage financier ayant été validé en juillet dernier, il était convenu d’une réouverture pour le mois d’octobre 2013, « promesse tenue ! Mais il s’agissait d’un véritable marathon ! Aujourd’hui, il existe forcément un risque mais cela en vaut réellement la peine ! » conclut-il.

Séverine Sarrat



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