Quand la recherche publique bénéficie aux entreprises privées

Constituée en janvier 2012, Toulouse Tech Transfert est une Société d’Accélération de Transfert de Technologies (SATT). Son activité consiste à créer de la valeur à partir des résultats de la recherche publique, en établissant un lien entre les laboratoires et les entreprises. Un an et demi après la mise en route de cette SATT, son président, Pierre Dufesne dresse un bilan.

 

Le concept est innovant. Utiliser les résultats de la recherche publique au bénéfice du secteur privé, soit en créant une entreprise, soit en aidant le développement d’une déjà existante, tel est le pari de Toulouse Tech Transfert. Un pari qui peut s’avérer périlleux car la SATT « décharge l’entreprise de la phase en amont du projet, on permet de réduire les risques liés notamment aux contraintes juridiques et commerciales. On se charge également des ressources humaines et techniques ainsi que du suivi du projet », explique Pierre Dufresne, président de Toulouse Tech Transfert. En contrepartie, elle bénéficie d’un retour financier, par le biais d’une redevance sur le chiffre d’affaires, ou, pour les entreprises les plus importantes, en facturant le coût du développement. En tous les cas, « nous ne sommes rémunérés que s’il y a succès », précise Pierre Dufresne. Concrètement l’action de cette société comporte plusieurs étapes : la sensibilisation auprès des laboratoires, le traitement des résultats trouvés (recueillir les déclarations d’inventions, par exemple), la gestion de la propriété intellectuelle (par le brevet), investir sur une technique (sur la preuve d’un concept), puis l’exploitation commerciale. Cette dernière phase peut se traduire par du « licensing » auprès des grandes entreprises, la cession du concept auprès de PME ou TPE, ou par la création d’une start-up. En 2012, 49 projets ont été examinés et 2 millions d’euros engagés. Les domaines d’applications principalement concernés sont la santé, l’aéronautique et les technologies vertes. En 2013, 1,5 millions d’euros sont déjà engagés et la première création d’entreprise soutenue par la SATT est sur les rails.

« C’est l’interlocuteur le plus rapide que j’ai croisé »

Philippe Bedos, président de la société Syntivia, de recherche et de développement d’actifs pour la dermo-cosmétique, a fait appel à Toulouse Tech Transfert en juillet dernier. « C’est l’interlocuteur le plus rapide que j’ai croisé », témoigne-t-il. Ce dernier est intéressé par la recherche effectuée « sur des sujets thérapeutiques en oncologie », l’objectif étant « d’adapter cette technologie à un autre type de marché : la cosmétique. La recherche étudie les phénomènes de pigmentation et du vieillissement de la peau, ce qui nous permettra de mieux répondre aux exigences de nos clients qui sont des fournisseurs d’ingrédients auprès de l’industrie cosmétique ou des marques cosmétiques elles-mêmes. » Dans ce transfert de technologie, la SATT s’est engagée à soutenir le projet pendant un an et a notamment embauché une salariée à temps plein au bénéfice de la société. « Dans un an, on renégociera en fonction de nos avancées », précise le chef d’entreprise.

 

Coralie Bombail

Toulouse Tech Transfert en chiffres

Capital social : 1 million d’euros

Dotation (au titre des investissements d’avenir) : 7 millions d’euros

Investissement 2012 : 2 millions d’euros

Investissement début 2013 : 1,5 million d’euros



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.