Projet Val Tolosa: Les délais seront tenus

Anciennement « Portes de Gascogne », le projet « Val Tolosa » ne semble plus pouvoir être freiné. Pourtant, il est l’un des plus controversés de la Région. José Bové, député européen Europe Ecologie Les Verts, était même venu sur le plateau de la Ménude, apporter son soutien aux opposants au projet. Pour Christophe Farbos, directeur du développement chez Unibail Rodamco, propriétaire et gestionnaire du futur Val Tolosa, il s’agit pourtant d’un projet s’inscrivant totalement dans le développement urbain de l’Ouest toulousain.

 

Christophe Farbos, pour rappel, pourriez-vous revenir sur le projet Val Tolosa et préciser quelles en sont les avancées ?

En matière d’aménagement du territoire, ce projet initié en 2001-2002, est inscrit de longue date comme un aboutissement de l’aménagement du plateau de la Ménude et accompagne la réalisation de la route RD924 qui relie le demi-échangeur de Léguevin à Plaisance-du-Touch en passant par La Salvetat. Indépendamment du projet de centre commercial, ce tracé va permettre le désenclavement de l’Ouest toulousain, lequel absorbe le développement démographique de la ville. C’est dans ce contexte que le projet Val Tolosa a pris forme avant de passer au crible des différentes demandes d’autorisation. La ZAC qui s’apprête à accueillir Val Tolosa est à ce jour définitive et purgée de tout recours. Mais, le centre commercial lui-même, après quatre enquêtes publiques favorables, l’acquisition de l’autorisation d’urbanisme commercial validée par le Conseil d’Etat en 2009, et l’obtention du permis de construire, a fait l’objet de recours intentés par des associations locales afin de retarder la réalisation du projet. Ces derniers sont toujours devant le tribunal administratif de Toulouse depuis 2010, car les opposants n’ont cessé d’alimenter la procédure en joignant de nouveaux mémoires, empêchant le tribunal de clôturer l’affaire.

Concernant les acquisitions foncières, avez-vous acté la totalité des surfaces ?

Nous avons pour l’instant des promesses de vente sur la totalité des emprises nécessaires à la réalisation du centre et, par ailleurs, nous sommes déjà propriétaires d’une partie de la surface.

 

Pourtant vous annoncez le début des travaux pour 2013…

Toutes les autorisations qui relèvent du Code de l’urbanisme ont été obtenues, mais les procédures qui relèvent du Code de l’environnement issues du Grenelle sont en cours. Nous avons toutefois obtenu un avis favorable de la Commission qui devrait faire l’objet d’un arrêté préfectoral avant l’été. Ainsi, si nous obtenons un arbitrage favorable du tribunal administratif à la rentrée, nous pourrions effectivement débuter les travaux de routes et de terrassement avant la fin de l’année et enchaîner ensuite sur un calendrier nous amenant à ouvrir ce beau projet en septembre 2016.

 

5 500 emplois indirectement ou directement liés à Val Tolosa

 

Concrètement, à quoi ressemblera le Val Tolosa ?

Il ne s’agit pas d’un centre commercial de plus sur l’agglomération toulousaine, mais d’un projet tout à fait exceptionnel. Certes, nous parlons de surfaces commerciales organisées autour de circulations publiques mais au-delà de cela, nous réalisons un parc de 8 hectares et un bassin intégrant un système de gestion des eaux pluviales, nous planterons 2 000 arbres tout en prenant en compte les diverses espèces présentent sur le plateau de la Ménude pour assurer la pérennité de leurs habitats et le maintien de la biodiversité. Tout cela nous permet d’atteindre un niveau de certification environnementale et de qualité architecturale élevé. Plus qu’un centre commercial, Val Tolosa sera un centre de loisirs et de services construit sur une surface de 60 000 m² qui prend corps sur une assiette foncière de l’ordre d’une trentaine d’hectares. Le centre commercial en lui-même sera bâti de plain-pied et accueillera environ 150 commerces organisés autour de plateaux alimentaires, de prêt-à-porter, de culture et loisirs et de restaurants eux-mêmes organisés autour d’un plan d’eau. Nous devrions lancer la phase de commercialisation dans le courant de l’année 2014, dès que nous aurons fixé une date d’ouverture.

 

En termes d’emplois, quelles sont les perspectives ouvertes par le futur centre Val Tolosa ?

Il s’agit d’un investissement de 350 millions d’euros qui bénéficiera principalement aux entreprises régionales. Pendant la phase de chantier, nous mobiliserons 3 500 emplois et, une fois ouvert, le centre génèrera 2 000 emplois pérennes et non délocalisables. De plus, nous avons signé un partenariat avec Pôle Emploi qui couvre la totalité de la phase de développement puis celle de l’exploitation.

 

Le développement économique de Plaisance-du-Touch

 

Aux vues des nombreux centres commerciaux déjà présents sur l’agglomération toulousaine, ce projet n’est-il pas risqué ?

Le développement, la création, la réalisation et la gestion de ce type d’établissements est notre métier de base, et, restant propriétaires de Val Tolosa, nous exploiterons ce centre sur du long terme. Ainsi, si nous nous engageons, c’est parce que nous croyons en ce projet. De plus, la première étude remonte aux années 2000, où d’ores et déjà, il existait une pertinence au développement d’un projet de cette nature puisque, dans l’intervalle, les concurrents ont dû réaliser des extensions de leurs propres outils. Pour finir, cela évitera à certains de mettre 50 minutes pour sortir du parking du centre commercial de Blagnac ou de chercher une place de stationnement pendant 1h30 à Portet-sur-Garonne. Ce projet est loin d’être utopique. Nous sommes confiants !

 

Installé sur la commune de Plaisance-du-Touch, le projet Val Tolosa va permettre un développement économique conséquent, mais de quel ordre ?

Je me garderai bien d’avancer un chiffre, même approximatif mais indéniablement, il y aura des retombées économiques importantes, notamment sous forme de taxes, telle la Cotisation Foncière des Entreprises. Le maire de Plaisance-du-Touch, Louis Escoula, tient ce projet à bout de bras depuis dix ans et ayant instauré une dynamique en son cœur de ville, il en récoltera les fruits. Et les retombées seront également d’ordre social.

 

Malgré votre vision idyllique du projet, les opposants restent mobilisés…

C’est dommage de confronter systématiquement urbanisme/architecture/aménagement du territoire et environnement. Nous parvenons à concilier les deux. Nos détracteurs ne doivent pas se tromper de sujet car, quoi qu’il arrive, le plateau de la Ménude devra être aménagé. Ils doivent alors décider s’ils se battent pour la biodiversité ou simplement contre ce projet-là.

 

Propos recueillis par Séverine Sarrat



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