[Points de vue] Comment moderniser le droit du travail ?

 

pointS de vue

Plus d’un siècle après son apparition, le code du travail s’est quelque peu étoffé. De 300 grammes dans les années 70 il pèse aujourd’hui son kilo et demi. Malgré une simplification en 2007, il est aujourd’hui largement décrié et la commission Combrexelle vient de remettre au premier ministre un rapport qui devrait constituer une base pour refondre l’opus.

 

 

Thomas Fantini, gérant de la compagnie des Pergos et vice-président commerce de la CGPME (Confédération générale des PME)

Avons-nous aujourd’hui un droit du travail adapté au monde économique et social actuel ? Sommes-nous cohérents avec nos voisins européens pour favoriser le commerce extérieur ? Notre droit du travail est à mon goût bien trop complexe et contradictoire avec les exigences économiques et sociales actuelles. Nous sommes victimes d’une obésité règlementaire, d’un droit social trop complexe pour les entreprises et les salariés. La surcharge de textes, de tâches administratives, les nombreux contrats de travail, les conventions collectives de branches… Tout cela crée donc un blocage de l’emploi et du dialogue social dans l’entreprise. Il y a tellement de différences entre les entreprises du CAC 40 au TPE/PME qu’il est impossible d’avoir la même législation, les mêmes obligations. Dans un monde qui bouge très vite, un monde ultra compétitif, une mondialisation économique, il est primordial de gagner en flexibilité et en simplification administrative. La flexibilité, tout en maintenant une sécurité pour le salarié, mais aussi pour l’employeur. C’est ce que l’on appelle la flexisécurité ; un combat commun et positif pour l’emploi et la compétitivité de nos entreprises. C’est maintenant une priorité pour la pérennité de ces dernières. Revoir totalement le droit du travail, le simplifier tout en gardant certains fondamentaux. Il faut le rendre plus flexible tout en préservant la sécurité des salariés, mais aussi des employeurs. Il est important aussi de prendre en compte chaque secteur et leurs différences. C’est peut être par là que nous pouvons agir en premier pour l’emploi et la compétitivité. C’est aussi par-là que nous pouvons débloquer le dialogue participatif en entreprise entre salariés et employeurs.

 

Cédric Caubère, Secrétaire Général de l’Union Départementale Cgt 31

Alors que le Code du travail gonfle sous la pression incessante du Medef, qui y fait rajouter sans cesse des possibilités de licenciements et de moins disant social, nous observons que les consultants en tout genre se bousculent pour expliquer qu’il faudrait le réduire et le moderniser. Les mêmes ne signalent jamais que la taille du Code du commerce, pourtant impressionnante, serait un frein à cette activité. Mais surtout, s’il y avait un parallèle inébranlable entre la taille du Code du travail et les offres d’emplois, le niveau de chômage serait ultra plat en Espagne. Avec la révolution informationnelle, notre génération entre de plein pied dans le XXIème siècle. Cela nécessite de redéfinir la modernité. Dans une France, une Europe et un monde qui n’ont jamais créé autant de richesses, être moderne, c’est permettre à chacun d’avoir des conditions de vie et de travail épanouissantes. Du travail pour tous, des salaires qui permettent de satisfaire aux besoins sociaux, un environnement préservé, offrant des garanties de sécurité tout au long de la vie, voilà des objectifs résolument modernes et correspondants aux attentes des salariés. Pour les atteindre, la Cgt a des propositions argumentées : La semaine de 32h00, l’augmentation des salaires sur la base d’une revalorisation du SMIC à 1 700 €, l’interdiction des licenciements, renforcer les droits des salariés, le Nouveau Statut du Travail Salarié et la Sécurité Sociale Professionnelle, sont quelques-unes d’entre elles. Pour tout ça, pas besoin d’un Code du travail en quatre tomes, du courage suffit. Si Manuel Valls voulait sincèrement moderniser le Code du Travail, il en confierait la mission à la Cgt et non pas à un banquier d’affaires.



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