Plan de déplacement inter-entreprise de Baluffet ; Une solution gagnant/gagnant

Daniel Luciani, PDG d'Icom et chef du projet de déplacement inter-entreprise

Sept entreprises* de la Zone d’Activité Baluffet se sont associées pour mettre en place un plan de déplacement inter-entreprise permettant aux salariés d’économiser leur carburant sur leur trajet domicile/travail et à leurs employeurs de limiter leur empreinte carbone. Daniel Luciani, PDG d’Icom et chef du projet revient sur les origines de cette initiative et sur ses bénéfices.

Le plan de déplacement inter-entreprise pour la Zone d’Activité Baluffet a été lancé en 2010, pouvez-vous en faire un premier bilan ?

En réalité, nous ne pouvons pas encore tirer de bilan car le travail effectué sur 2011 s’est essentiellement porté sur la mobilisation des acteurs et sur la formalisation du petit guide qui référence les différentes possibilités de déplacement. Toute l’année dernière, nous avons cherché à définir les besoins des salariés et à repérer et identifier les solutions. La géolocalisation qui sera effectuée via Tisséo, permettra de situer le domicile de tous les salariés de la zone d’activité et ainsi de définir les modes de déplacements les plus adaptés. Nous sommes donc dans cette phase-là pour l’instant et la base de données de localisation des domiciles n’est pas encore finalisée.

Il aura fallu un an donc pour définir les besoins et étudier des réponses, mais quels sont-ils ?

En ce qui concerne les besoins, nous avions déjà identifié un problème au niveau informatif puisque les gens ne savaient pas où trouver des lignes de bus, où passe la ligne de tram, où est l’offre déjà existante sur le territoire. Il fallait informer les salariés de ce qu’il était possible de faire en matière de co-voiturage, d’auto-partage… Ensuite, une fois cette information récoltée, il a fallu la diffuser. Nous allons, pour cela, éditer un «guide de la mobilité». Nous avons également recueillis les souhaits des employés qui nous demandent plus d’aménagements pour les vélos. En 2011, une reconnaissance d’itinéraires possibles pour le vélo a été effectuée – et présentée à la Communauté Urbaine – pour mettre en évidence les points noirs des pistes cyclables situées à proximité. Leur réponse a été claire : il n’y aura pas de station VélôToulouse supplémentaire aux abords de la Zone d’Activité car il n’y a pas suffisamment d’utilisateurs dans ce secteur. Nous avons donc demandé l’installation d’une vélo-station (garage sécurisé, atelier de réparation et location longue durée) à la gare de Lardenne, ce qui permettrait à ceux qui arrivent en TER de pouvoir récupérer leur vélo au garage et de faire la dernière liaison dessus.

Sept entreprises de la Zone Baluffet se sont regroupées sur ce projet. Quel intérêt en tirent-elles ?

Après avoir réalisé un bilan carbone chez Icom, nous souhaitions mettre quelque chose en place, mais nous ne pouvions rien faire seul. La solution était donc de se regrouper. Toutes les entreprises associées au projet n’ont pas réalisé de bilan carbone mais toutes, dans leur plan de développement durable, ont intégré la problématique du déplacement de leurs collaborateurs.

Ce projet leur permet également de réduire potentiellement le coût du déplacement des salariés qui commençaient à se plaindre du coût des trajets domicile/travail suite à l’augmentation du prix des carburants.

 

3% de voitures en moins par jour

Vous êtes en charge de ce projet mais en êtes-vous à l’origine ?

Tout à fait, parce que, pour Icom, mon entreprise, le déplacement de mes salariés était un réel problème. Mais pour mettre en place des solutions durables, je me suis vite rendu-compte qu’il fallait être plusieurs dans le projet. Nous avons donc sollicité les entreprises de la Zone, via le Comité de pilotage de développement durable qui a fait le tour des sociétés. Ces dernière ont répondu présentes.

Avez-vous une idée des bénéfices de ce projet ?

Pour l’instant, nous n’avons pas réalisé d’étude quant au gain en émission de CO². Par contre, nous avons remarqué que le projet agissait sur le stress des salariés. Nous ne pouvons le quantifier mais nous nous sommes rendus compte assez rapidement que le co-voiturage par exemple, créait une certaine convivialité entre les employés qui arrivaient ainsi plus détendus sur leur lieu de travail.

Dans une approche plus générale, nous savons que, tous plans de déplacements confondus, retire 3% de voiture du trafic par jour, ce qui permettrait de fluidifier la circulation sur l’ensemble de l’agglomération. Si nous parvenions à garder, voire augmenter la tendance de ces plans, à réduire de 3% les émissions de CO² chaque année, l’objectif de 20% de réduction de dioxyde de carbone (plan climat-énergie signé par la ville) pour 2020, serait atteint.

Mais, on pourrait penser que les salariés peuvent s’organiser eux-mêmes pour modifier leurs modes de transport s’ils en avaient envie. Que leur apportez-vous de plus finalement ?

Avec ce plan, les directions des entreprises donnent l’exemple et manifestent aux salariés leur priorité en matière de développement durable. Ensuite, elles donnent à leurs employés les moyens de s’organiser. De même, il faut sans cesse leur rappeler qu’il vaut mieux pour tout le monde trouver des alternatives à leur venue en voiture personnelle. Faciliter l’accès à l’information, aux organisations forcent la tendance attentiste de certaines personnes.

 

La mutualisation des idées

Ces mesures ne concernent pas que les trajets domicile/travail mais aussi les déplacements professionnels des salariés, comment se matérialise le plan à ce niveau ?

Il s’agit-là plutôt d’une démarche de prévention. Concrètement, nous n’avons pas encore trouvé de solutions pour les déplacements professionnels au cours de la journée. Par contre, nous, au sein d’Icom, nous utilisons des coursiers qui utilisent un mode de déplacement électrique. Dans la dynamique collective du plan de déplacement, chacun partage ses bonnes pratiques. C’est ce que nous avons fait pour les coursiers. C’est dans cette mutualisation des idées que le projet peut trouver sa réelle utilité. Mais je vois mal comment je pourrais envoyer un de mes employés chez un client en co-voiturage avec un salarié de l’Ecole Vétérinaire qui irait en ville pour faire une course. Ce n’est pas envisageable… Par contre, ce qui pourrait l’être, ce serait de posséder deux véhicules électriques à disposition des entreprises de la Zone Baluffet. Mais pour cela, il faudrait changer les mentalités, passer de la notion de propriété à celle du partage et de la location. Le monde des entreprises n’est pas encore prêt.

Ce plan doit participer à rendre la zone plus attractive, pensez-vous alors élargir la participation d’autres entreprises ?

Ce n’est pas encore à l’ordre du jour mais nous savons que d’autres entreprises sont concernées par ce plan. Nous devons d’abord bien nous structurer à sept avant de vouloir développer le projet, et ce n’est pas si simple. La prochaine étape étant de s’assurer que toutes les entreprises ont bien fait remplir les questionnaires de localisation à leurs salariés et, quand il faut coordonner sept sociétés qui ont un mode de fonctionnement différents, il s’agit d’un effort de tous les instants.

Propos recueillis par Séverine Sarrat

*Icom Communication, Lagarrigue, Etablissement Français du Sang, Oddos Buro/SO Group, Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse, Merial et Pôle Emploi.


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