Perspectives urbaines : Les villes moyennes renforcent leur attractivité

Toulouse étouffe-t-elle les villes moyennes alentours ? Ces dernières s’insèrent-elles dans un processus de métropolisation ? Pour initier un début de réponse, l’Insee a mené une étude sur les perspectives urbaines mettant en évidence l’attractivité constante de la ville rose tout en faisant état de l’entrée des villes proches dans cette dynamique.

 

Avec une augmentation annuelle de ses habitants de 1.2%, Midi-Pyrénées voit sa population croître exponentiellement depuis quinze ans. Ce phénomène est également visible sur l’aire urbaine (zone d’influence en matière d’emploi) de Toulouse, sur laquelle 20 000 habitants supplémentaires s’installent chaque année, mais se distingue par une attractivité observée qui se situe au-delà des territoires limitrophes. A l’inverse, 10 500 personnes quittent le territoire, ce qui génère un excédent migratoire exceptionnellement positif de 6.2 pour 1 000 habitants. Toulouse devient ainsi l’aire urbaine la plus attractive de France, notamment vis-à-vis des régions n’étant pas situées dans le Grand Sud-Ouest. Depuis les années 1990, la zone d’attraction s’est élargie mais s’est aussi diversifiée. En effet, l’excédent migratoire de l’aire urbaine parisienne s’est quelque peu affaissé au profit des nouveaux arrivants en provenance du littoral méditerranéen, du Grand Ouest et d’Alsace. En revanche, le nombre d’habitants des villes moyennes situés aux alentours de Toulouse est moindre entre 2003 et 2008, l’excédent migratoire en question ayant été divisé par deux, passant à +850 personnes par an. Les villes moyennes proches ont donc tendance à conserver leurs habitants ; pour Claude Raynal, président de l’Aua/T, « l’amélioration de la qualité de vie et des services dans ces aires y est pour beaucoup ! Les gens ont désormais le choix et ne souhaitent plus forcément s’installer à Toulouse. »

 

La couronne périurbaine séduit

 

Ces villes moyennes gagnent, entre 2003 et 2008, en population et en attractivité, notamment Montauban et Saint-Gaudens dont le solde migratoire est plus élevé que celui de Toulouse. Sur cette période, ces aires urbaines séduisent ainsi 4 100 personnes par an. « Grâce aux politiques des villes et au travail de la Région Midi-Pyrénées, les aires moyennes charment de plus en plus de citoyens, tentés également par des coûts de loyers qui restent également plus bas », analyse Claude Raynal.

L’aire toulousaine attire donc toujours autant mais plus au détriment des villes périphériques. Le contraire serait même observé : les riverains quitteraient de plus en plus la ville rose pour la périphérie directe. Ainsi, les villes limitrophes comme Fonsorbes ou Castelnau d’Estretefonds ainsi que les villages alentours de la couronne périurbaine se développent pour gagner 4 800 habitants par an entre 2003 et 2008.

Les aires urbaines moyennes profitent donc de l’attractivité de la zone toulousaine tout en parvenant à garder la population sur son territoire. De même, les entreprises n’hésitent plus à s’installer en banlieue, drainant avec elles, leurs salariés et leur famille. Pour Claude Raynal, « ce phénomène est essentiellement dû aux politiques publiques menées. »

Séverine Sarrat



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