Observer de l’immobilier: Une météo favorable pour la pierre ?

Un léger vent d’optimisme semble avoir soufflé sur l’immobilier au premier trimestre. En effet l’aire urbaine et la ville de Toulouse voient enfin leurs ventes augmenter. Eclaircie ou vraie reprise ?

 

Alors qu’il s’exprime sur les chiffres de l’immobilier, Patrick Saint-Agne, président de l’Observer de l’Immobilier Toulouse et de la Fédération des promoteurs immobiliers en Midi-Pyrénées, est presque contraint d’annoncer des chiffres optimistes : « il est clair que l’évolution du marché du neuf est favorable. » Pourtant le doute transparaît très clairement dans ses propos : « on parle de température réelle et de température ressentie, car au quotidien sur le terrain tout ne semble pas si rose. » Très prudent, il annonce par rapport au premier semestre 2012 une hausse des ventes de 19,4% dans l’aire urbaine (soit 1595 logements vendus contre 1336 en 2012), de 25,7% sur la communauté urbaine et jusqu’à 39,9% à Toulouse : « Si l’on se fie à ces chiffres, une projection en fin d’année permettrait de vendre plus de 5000 logements, ce qui correspond à une bonne année pour les promoteurs comme pour les entreprises du BTP… On n’a pas la sensation que ça va mieux, pourtant les chiffres sont meilleurs, on parle donc de frémissement. Après tout, on rejoint les statistiques du chômage», termine-t-il.

 

Les inquiétudes perdurent

 

Comment expliquer ces chiffres engageants ? D’un côté par la relative stabilité des prix, puisqu’à Toulouse le mètre carré vaut en moyenne 3419 €, soit -0,5% par rapport au trimestre dernier, de l’autre par un recentrage des accédants vers la communauté urbaine et principalement vers Toulouse, de même pour les investisseurs. Et le président de rappeler que l’aire urbaine de Toulouse bénéficie d’un « grand dynamisme économique. » Attention car la température ressentie est un peu moins clémente que les chiffres affichés : les promoteurs restent relativement préoccupés par l’augmentation du nombre d’appartements achevés non vendus, qui représentent 11,3% de l’offre commerciale sur l’aire urbaine de Toulouse : « les invendus sont essentiellement de grands logements : on a tous en stock nos 4 et 5 pièces, qui posent un réel problème de financement pour les familles.» En tout, ce sont 473 logements restants dans l’aire urbaine, dont 216 à Toulouse.

 

+78% de projets inachevés par rapport à 2012

 

L’allongement des délais de vente (12 mois en moyenne par opération) n’est pas non plus pour rassurer les professionnels. Quant au nombre de projets inachevés, il a de quoi effrayer, bondissant de 78% par rapport à 2012. Enfin pour modérer des chiffres décidemment surprenants, Patrick Saint-Agne insiste sur le fait que le 1er trimestre 2012, marqué par les élections présidentielles, a été marqué par une période d’attentisme en matière d’achat immobilier. Ces éléments en main, l’heure est à un constat quant à l’avenir du visage toulousain : « il y a une vraie appétence des promoteurs pour les Zac » et de préciser que Toulouse reste l’une des plus grandes superficies après Paris, « jusqu’ici on s’est comportés comme des riches, car on avait de l’espace, mais aujourd’hui on rentre dans une nouvelle aire. » Ouverture sur un sujet bien d’actualité qui n’est pas pour réconcilier les Toulousains du cru avec les promoteurs !

 

Aurélie Renne



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