Nouveau combat pour la librairie Privat

Après des mois d’incertitude, la librairie Privat a officiellement rouvert ses portes le 1er octobre dernier. Son repreneur Benoît Bougerol qui a présenté son projet de redressement à la CCIT, se donne «deux ans pour sortir la tête hors de l’eau».

 

Près de deux siècles après son implantation au cœur de la ville rose en 1839, Privat s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. En tout cas, à livrer un nouveau combat. Ex-propriété du groupe Chapitre, la célèbre enseigne de la rue des Arts est désormais une filiale de la Holding La Maison du Livre basée à Rodez. Pour son repreneur, Benoît Bougerol, 56 ans (voir encadré), il s’agit de redresser une entreprise qui «perdait 200 000 euros par an» a-t-il indiqué lors de la présentation de son projet à la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse. Mais aussi de la préservation d’un commerce de proximité «qui fait sens dans une ville.» A ses côtés, le président de la CCIT, Alain di Crescenzo acquiesce : «Une librairie telle que Privat est avant tout un lieu de vie. Quand un commerce de proximité ferme, toute la vie en est perturbée.» Et de se féliciter de «cette belle reprise», «alors que 26% des entrepreneurs de Midi-Pyrénées ont plus de 55 ans, Benoît Bougerol est en plein dans la problématique que nous avons à résoudre. La reprise d’entreprise est un acte courageux.»

 

«Les sauveurs seront les clients»

 

Parmi les chantiers à venir : le déménagement de la rue Gambetta, dédiée aux sciences et à la médecine. «Christian Thorel, (patron de la librairie Ombres Blanches, ndlr), reprend le pas de porte» indique B. Bougerol. En cours également : la création d’un site internet, puis «à partir de janvier-février, nous allons restructurer les 720 m2 du magasin. Ce sera fait pas à pas» ajoute le repreneur de Privat qui se donne «deux ans pour sortir la tête hors de l’eau.» Reste à convaincre les Toulousains eux-mêmes. Ces quinze derniers jours, Benoît Bougerol a investi 150 000 euros dans le fonds de roulement de l’établissement. «Les sauveurs seront les clients» dit-il, «Une librairie est toujours le reflet de ce qu’ils veulent. Il faut arriver à recréer cette alchimie.»

 

Claire Manaud

 

 

Qui est Benoît Bougerol ?

 

Après avoir été ingénieur en informatique, Benoît Bougerol succède à son père à la tête de la librairie toulousaine Siloë Jouanaud en 1992. Début 2002, il reprend la Maison du Livre de Rodez. Membre élu de la CCIT de l’Aveyron et de la CCIR Midi-Pyrénées, Benoît Bougerol est également membre du Conseil d’Administration du Centre National du Livre et trésorier du Syndicat de la Librairie Française SLF dont il a été le président de 2006 à 2011.



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